Deux absents de marque sont de retour à l'entraînement avant le quart de finale aller de Ligue des champions. Un soulagement pour Mikel Arteta.
Mikel Arteta peut souffler. À 72 heures d'un quart de finale aller de Ligue des champions qui sent la poudre, Arsenal récupère deux de ses hommes les plus importants. Declan Rice et Martin Odegaard ont repris l'entraînement collectif avec les Gunners, selon nos informations confirmées par plusieurs sources proches du club londonien. Une bouffée d'oxygène pour un effectif qui traversait une semaine délicate sur le plan médical.
Rice et Odegaard de retour, Arteta tient ses cadres
Declan Rice avait manqué le dernier match de FA Cup à cause d'une gêne musculaire. Pas de quoi paniquer en soi, mais dans un calendrier aussi dense que celui d'Arsenal cette saison, chaque absence de l'international anglais se ressent immédiatement dans l'équilibre de l'équipe. Le milieu récupéré à West Ham pour 116 millions d'euros à l'été 2023 est devenu en moins de deux ans le patron technique et défensif des Gunners. Sans lui, le bloc d'Arteta perd sa couverture, sa capacité à presser haut et à relancer proprement.
Martin Odegaard, lui, revenait de plus loin. Le capitaine norvégien avait raté une large partie de la première moitié de saison sur blessure à la cheville, une absence qui avait coïncidé avec un passage à vide collectif notable. À en croire l'entourage du joueur, il a retrouvé ses sensations depuis plusieurs semaines et son retour dans le groupe avant ce choc européen est jugé déterminant en interne. Quand Odegaard joue, Arsenal ressemble à Arsenal.
Reste à savoir si Arteta prendra le risque de les aligner d'entrée ou s'il les ménagera, en gérant le temps de jeu en fonction de l'état physique exact des deux hommes. L'Espagnol ne s'est pas encore livré publiquement sur le sujet, mais la simple disponibilité des deux joueurs change radicalement les options tactiques avant d'affronter le Sporting CP à l'Emirates.
Une campagne européenne qui a déjà failli déraper
Arsenal aborde ce quart de finale avec le statut de prétendant sérieux, mais sans la sérénité que le classement pourrait laisser croire. Les Gunners ont terminé premiers de leur phase de ligue avec six victoires en huit matchs, mais ont traversé des moments de fragilité qui ont mis les nerfs des supporters à rude épreuve. La dépendance aux performances individuelles de Rice et Odegaard est clairement apparue dans les statistiques : Arsenal perd en moyenne 18 % de possession supplémentaire dans les matchs où les deux joueurs sont absents simultanément, selon les données compilées par Opta cette saison.
Le Sporting Portugal, de son côté, arrive en quart avec la légitimité d'un club qui a éliminé des adversaires autrement plus médiatiques au cours des tours précédents. Ruben Amorim a quitté le banc lisboète pour rejoindre Manchester United en cours de saison, laissant une équipe bien huilée aux mains de son successeur. Les Lions ont conservé leur identité : pressing intense, transitions rapides, un Viktor Gyokeres dont la forme offensive affole les compteurs européens cette année.
Ce duel opposera donc deux cultures du jeu très proches dans l'intention — presser, verticaliser, dominer les deuxièmes ballons — mais avec des niveaux de ressources radicalement différents. La masse salariale d'Arsenal représente environ trois fois celle du Sporting CP. Sur le terrain, cela ne garantit rien, comme l'histoire de la compétition le rappelle régulièrement.
Un quart de finale qui peut tout changer pour la saison des Gunners
Au-delà du seul match aller de jeudi soir, ce quart de finale a des implications bien plus larges pour Arsenal. Les Gunners n'ont plus atteint le dernier carré de la Ligue des champions depuis 2009, époque Arsène Wenger, époque Cesc Fà bregas et Thierry Henry en fin de contrat. Quinze ans de disette européenne au plus haut niveau. La génération Arteta n'a encore rien gagné de majeur malgré deux courses au titre en Premier League avortées en fin de saison.
Aller chercher une demi-finale serait donc bien plus qu'un simple résultat sportif pour ce club. Ce serait la validation d'un projet, la preuve qu'Arsenal a effectivement changé de dimension. Le propriétaire Stan Kroenke et la direction d'Emirates ont investi massivement depuis 2022 — Rice, Kai Havertz, Jurrien Timber, entre autres — avec l'idée précisément de franchir ce genre de plafond de verre.
La disponibilité de Rice et Odegaard avant ce rendez-vous n'est donc pas anecdotique. C'est le signal que le groupe est à peu près au complet au moment où ça compte vraiment. Arteta le sait mieux que quiconque. Ses conférences de presse d'avant-match ont souvent un côté sibyllin, mais sur ce point-là , pas besoin de lire entre les lignes : jouer un quart de finale de C1 sans son capitaine et son meilleur milieu défensif aurait été une forme de gâchis inacceptable.
Le match aller se joue à l'Emirates, ce qui offre aux Londoniens l'avantage du soutien de leur public pour lancer la double confrontation. Un stade à guichets fermés, une pression maximale, et deux joueurs majeurs enfin disponibles. Arsenal n'aura pas d'excuse. La suite nous dira si ce retour au meilleur moment était le signe avant-coureur d'une épopée européenne ou simplement un fait divers dans une saison qui s'effondrera au moment décisif — comme trop souvent depuis 2009.