La Fédération Française d'Athlétisme tire la sonnette d'alarme. Avec une baisse vertigineuse de 20% du nombre de licenciés, l'instance dirigeante du sport de piste et de champ en France se trouve face à un défi majeur : redonner envie aux jeunes générations de chausser les pointes. Une crise structurelle aggravée par la pandémie de Covid-19, qui impose désormais une refonte profonde de la stratégie de développement.
Un recul préoccupant des licences
Le chiffre est brutal et sans appel. La perte de un licencié sur cinq représente un signal d'alarme pour toute la discipline. Cette désaffection, loin d'être un phénomène isolé, reflète une tendance de fond qui touche l'athlétisme depuis plusieurs saisons. La concurrence des sports collectifs, le manque de visibilité médiatique en dehors des grandes échéances olympiques, et la fermeture prolongée des infrastructures sportives liée à la crise sanitaire ont conjugué leurs effets pour fragiliser les clubs de base, véritables poumons de la discipline.
Les mesures d'urgence du président Giraud
Face à cette situation critique, André Giraud, président de la fédération, a annoncé un plan d'action en plusieurs volets. Première décision structurelle : le report de l'ensemble des championnats d'hiver, à l'exception de l'Indoor Elite, afin de s'adapter aux contraintes sanitaires et de permettre aux clubs de préparer sereinement leur saison. Une mesure pragmatique qui vise également à laisser davantage de temps aux jeunes athlètes pour reprendre l'entraînement dans de bonnes conditions.
Mais la mesure phare annoncée par la fédération concerne le développement de l'athlétisme à l'école primaire. La FFA a été désignée fédération pilote pour expérimenter et structurer la pratique athlétique dès le plus jeune âge, directement au sein des établissements scolaires. Un projet ambitieux, adossé à des garanties de financement solides, qui pourrait transformer durablement le vivier de la discipline.
L'école primaire, nouveau terrain de recrutement
L'idée est simple mais potentiellement révolutionnaire pour l'athlétisme français : aller chercher les futurs champions là où ils se trouvent, c'est-à-dire dans les cours de récréation. En s'implantant dans le milieu scolaire, la fédération espère toucher des milliers d'enfants qui n'auraient jamais poussé la porte d'un club d'athlétisme. Ce programme devrait, selon André Giraud, améliorer significativement la trésorerie des clubs affiliés et créer un flux régulier de nouvelles licences.
Cette stratégie d'ancrage dans le tissu éducatif n'est pas nouvelle en France — d'autres fédérations l'ont expérimentée avec succès — mais elle prend ici une dimension particulière compte tenu de l'urgence de la situation. L'athlétisme, sport olympique par excellence, ne peut se permettre de perdre encore du terrain sur le plan national, à deux ans des Jeux Olympiques de Paris 2024. La mobilisation autour de cet événement historique pourrait d'ailleurs constituer le meilleur argument de recrutement pour une génération d'enfants en quête de héros sportifs. L'avenir de la discipline tricolore se jouera peut-être dans les gymnases des écoles primaires françaises.



