Le jeune attaquant de Benfica Gianluca Prestianni s'exprime pour la première fois sur l'incident avec Vinícius Jr en Ligue des Champions. Une révélation qui fait du bruit.
Vingt ans, quelques mois en Europe, et déjà une polémique internationale à gérer. Gianluca Prestianni n'a pas tremblé. L'attaquant argentin de Benfica Lisbonne a choisi de prendre la parole sur Telefe, chaîne argentine incontournable, pour raconter sa version de l'accrochage avec Vinícius Jr lors des huitièmes de finale de Ligue des Champions. Un épisode qui avait enflammé les réseaux sociaux et alimenté les débats bien au-delà du rectangle vert. Alors que beaucoup attendaient, le joueur a enfin mis des mots sur ce qui s'est passé.
Ce soir-là contre le Real Madrid, tout a dérapé en quelques secondes
Les huitièmes de finale de Ligue des Champions entre Benfica et le Real Madrid, c'est le genre de rendez-vous où les nerfs sont à vif dès le coup d'envoi. Sur le terrain, Prestianni et Vinícius Jr se sont croisés de trop près. Une altercation, des mots échangés, une tension palpable captée par les caméras du monde entier. Le Brésilien, habitué aux projecteurs et aux polémiques, a réagi avec son caractère bien connu. Le jeune Argentin, lui, n'a pas reculé.
Dans son interview, Prestianni a été direct : il a expliqué avoir été provoqué en premier, et avoir simplement répondu. Pas d'excuses, pas de langue de bois. À 20 ans, ce garçon formé à Vélez Sársfield avant de rejoindre Lisbonne pour environ 17 millions d'euros à l'été 2024 ne semble pas du genre à courber l'échine face aux stars. Il a décrit une scène de jeu ordinaire qui a dégénéré à cause d'une attitude qu'il juge excessive du côté de l'attaquant du Real Madrid. Le ton employé dans l'entretien est calme, posé, mais le fond est sans ambiguïté : Prestianni ne regrette rien.
Ce type de confrontation n'est pas rare en Ligue des Champions, surtout dans des affiches à élimination directe. Mais quand l'un des protagonistes s'appelle Vinícius Jr — acteur central du débat sur le racisme dans le football européen, chouchou du Bernabéu, candidat régulier au Ballon d'Or — la moindre étincelle devient incendie médiatique. Prestianni l'a appris à ses dépens, et visiblement tiré les leçons.
Un gamin de Buenos Aires propulsé dans la cour des grands bien trop vite ?
L'histoire de Gianluca Prestianni ressemble à celle de dizaines de talents argentins exportés en Europe avant même d'avoir vraiment soufflé les bougies de leur majorité. Formé à Vélez Sársfield, il avait fait parler de lui très tôt dans les catégories de jeunes, attirant l'attention de plusieurs clubs européens. Benfica, spécialiste du recrutement de jeunes pépites sud-américaines, a frappé le premier et fort.
Mais la transition n'est pas simple. Débarquer au Portugal à 19 ans, dans un club qui joue régulièrement les phases à élimination directe de la Ligue des Champions, c'est se confronter immédiatement à des joueurs dont l'expérience se compte en centaines de matchs au plus haut niveau. Prestianni a eu peu de temps pour s'adapter avant d'être plongé dans le grand bain. Et le grand bain, cette saison, c'était notamment les nuits européennes face au Real Madrid de Carlo Ancelotti.
Il faut dire que l'encadrement de Benfica a cru en lui suffisamment pour lui accorder du temps de jeu dans des rencontres décisives. Bruno Lage, le technicien portugais aux commandes du club lisboète, avait intégré le jeune Argentin dans ses plans sans ménagement particulier. Le signe d'une confiance réelle, mais aussi d'une exposition maximale aux critiques et aux incidents comme celui qui a opposé Prestianni à Vinícius Jr. Avec déjà plusieurs matchs de Ligue des Champions dans les jambes à seulement 20 ans, le tableau de bord est loin d'être catastrophique.
Après la tempête médiatique, Prestianni joue sa crédibilité sur la durée
Sortir du silence, c'est une chose. Gérer les conséquences sur le long terme, c'en est une autre. En choisissant de s'exprimer sur Telefe plutôt qu'en conférence de presse — devant une audience argentine, dans sa langue maternelle — Prestianni a envoyé un message clair : il parle là où il se sent en terrain connu, là où il peut contrôler sa parole. Stratégie ou simple besoin d'authenticité ? Probablement les deux.
L'incident avec Vinícius Jr n'aura pas de suite disciplinaire majeure, mais il reste dans les mémoires. Et dans le football de haut niveau, l'image se construit ou se détruit à une vitesse redoutable. Prestianni sait désormais qu'il évolue sous microscope permanent, que chaque geste sur un terrain partagé avec une star planétaire sera disséqué, amplifié, commenté à l'infini. Ce n'est pas une surprise pour un joueur de sa génération, digitalement conscient, mais c'est une réalité qui pèse.
Du côté de Benfica, on espère surtout que cet épisode n'a pas entamé la confiance du joueur ni perturbé sa progression. Car le club a misé sur un profil offensif capable de s'exprimer dans les grands rendez-vous. Si Prestianni prouve qu'il peut gérer la pression — sur le terrain comme en dehors — et que sa lecture du jeu continue de se développer sous la direction de Bruno Lage, l'investissement consenti à l'été 2024 pourrait très vite paraître dérisoire au regard de sa valeur marchande future.
La question qui plane désormais : Prestianni va-t-il transformer cette polémique en carburant ? L'Argentine a cette tradition de joueurs qui grandissent dans l'adversité, qui se nourrissent des doutes qu'on leur oppose. Le jeune attaquant a les ressources mentales pour répondre sur le terrain. Ce serait, finalement, la seule réponse qui compte vraiment à Vinícius Jr.