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Éliminée du Mondial, l'Italie moquée jusqu'en National 2

Par Rédaction SBM··5 min de lecture·Source: Footmercato

Le Créteil-Lusitanos de Xavier Niel a raillé la Squadra Azzurra sur les réseaux après son élimination en barrages. Du jamais vu.

Éliminée du Mondial, l'Italie moquée jusqu'en National 2

Même le National 2 français s'y met. Au lendemain de la nouvelle désillusion de la Squadra Azzurra, éliminée en finale des barrages de la Coupe du Monde 2026 par la Bosnie-Herzégovine, l'Italie a reçu des piques de là où elle ne l'attendait pas : du côté de Créteil, en Seine-et-Marne, depuis le compte officiel du club cofondé par le milliardaire Xavier Niel. Bienvenue dans l'ère du football-spectacle, version quatrième division française.

La punchline venue du Val-de-Marne

Le Créteil-Lusitanos n'a pas laissé passer l'occasion. Quelques heures après le coup de sifflet final qui a scellé le sort des Italiens, le club francilien — qui évolue en National 2, soit le quatrième échelon du football français — a publié un message sur les réseaux sociaux pour se moquer de l'élimination de la Nazionale. Le ton était acéré, le timing parfait. Pour un club qui n'a aucune prétention à jouer le moindre tour préliminaire d'une compétition UEFA, c'est un coup de communication remarquable.

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Derrière cette sortie, on reconnaît bien la patte d'une structure qui a tout misé sur une image moderne et décomplexée depuis l'arrivée dans son capital de Xavier Niel, fondateur d'Iliad et figure tutélaire de la tech française. Le patron de Free a investi dans le club cristolien avec une ambition affichée : faire de Créteil un laboratoire du football business à la française, en commençant par construire une identité forte sur les réseaux. Visiblement, la méthode fonctionne.

L'Italie, série noire et punching-ball continental

Ce qui rend la moquerie cinglante, c'est qu'elle tombe sur une plaie ouverte. L'Italie rate une deuxième Coupe du Monde consécutive — une première depuis 1958, avant même l'ère Buffon, avant même les années de gloire milanaises. En 2018, la Squadra Azzurra avait déjà sombré en barrages contre la Suède. Six ans plus tard, rebelote, cette fois face à une équipe de Bosnie-Herzégovine certes en progression, mais que personne n'imaginait éliminer la patrie de Buffon, de Pirlo et de Maldini.

La chute est vertigineuse. L'Italie avait remporté l'Euro 2020 — joué en 2021 — dans une liesse nationale, battant l'Angleterre en finale à Wembley aux tirs au but. Moins de cinq ans plus tard, la voilà absente d'un deuxième Mondial de suite, incapable de franchir la marche des barrages. Luciano Spalletti, sélectionneur depuis 2023, est sous pression maximale. À en croire plusieurs observateurs italiens, sa position pourrait devenir intenable si la Fédération italienne — la FIGC — ne lui renouvelle pas sa confiance dans les prochaines semaines.

Statistiquement, le désastre est total : l'Italie aura donc manqué deux des quatre prochaines Coupes du Monde sur une décennie, une anomalie structurelle pour une nation qui comptait quatre titres mondiaux à son palmarès. Ce n'est plus un accident, c'est une crise systémique que ni la victoire à l'Euro ni les discours fédéraux n'ont réussi à masquer.

Créteil, Xavier Niel et la nouvelle grammaire du foot français

Revenons à Créteil. L'anecdote pourrait sembler légère — un club amateur qui vanne une nation de football —, mais elle dit quelque chose de précis sur la transformation en cours dans le sport français. Depuis l'arrivée de profils comme Xavier Niel dans des clubs de divisions inférieures, le football amateur français joue une partition différente. On ne gère plus seulement un groupe de joueurs et un budget serré : on construit une marque, on pense en termes d'audience, on saisit chaque opportunité d'exister dans le débat public.

Créteil-Lusitanos n'est pas un cas isolé. Des clubs comme le Paris FC, Red Star ou encore Le Mans FC ont eux aussi tenté de repositionner leur image autour d'une identité culturelle forte. Mais peu ont osé le coup de communication aussi direct que celui de mercredi matin. Se moquer de l'Italie le lendemain de son élimination en barrages du Mondial, depuis une adresse en National 2, c'est une prise de risque calculée — et qui a manifestement payé en termes de visibilité.

Selon nos informations, le club cristolien travaille depuis plusieurs mois à densifier sa présence digitale, avec une ligne éditoriale assumée : irrévérence, humour, réactivité à l'actu. Un positionnement qui rappelle celui de certaines franchises NBA ou NFL américaines sur les réseaux, où la hiérarchie sportive n'a aucune incidence sur la capacité à générer du bruit médiatique.

Xavier Niel, lui, reste discret sur les opérations quotidiennes du club. Mais à en croire l'entourage du dossier, l'entrepreneur suit de près l'évolution de l'image du Créteil-Lusitanos et valide les grandes orientations de communication. Le coup de mercredi matin n'est sans doute pas sorti de nulle part.

La vraie question, maintenant, c'est de savoir si cette stratégie d'image peut se transformer en carburant sportif. Un club qui fait parler de lui sur les réseaux attire des partenaires, parfois des investisseurs, parfois des joueurs. Créteil reste en National 2, mais avec une notoriété qui dépasse largement son niveau de jeu. Pour Xavier Niel, habitué à disrupter des marchés établis, ce mélange des genres entre football amateur et marketing digital est peut-être l'avant-goût d'une ambition bien plus grande. L'Italie, elle, n'aura probablement pas retenu la leçon du club cristolien — mais elle aurait tort de ne pas la lire.

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