Le monde de l'athlétisme est en deuil. Lamine Diack, ancien président de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), s'est éteint dans la nuit du 3 décembre 2021 à Dakar, au Sénégal, à l'âge de 88 ans. Celui qui avait été l'une des figures les plus puissantes du sport mondial laisse derrière lui un héritage profondément marqué par les scandales de corruption qui ont entaché ses dernières années.
Une carrière au sommet du sport mondial
Né en 1933 à Dakar, Lamine Diack a consacré sa vie au sport. Athlète lui-même dans sa jeunesse, il avait notamment participé aux Jeux Olympiques de Rome en 1960 avant de s'orienter vers une carrière dirigeante. C'est à la tête de l'IAAF, qu'il a présidée de 1999 à 2015, qu'il a acquis sa renommée internationale. Pendant seize ans, il a exercé une influence considérable sur l'athlétisme mondial, supervisant notamment l'essor médiatique et commercial de la discipline à travers les grandes compétitions planétaires comme les Championnats du monde et les Jeux Olympiques.
La chute d'un dirigeant rattrapé par la justice
Mais la fin de son mandat à la tête de l'IAAF marque aussi le début d'une descente aux enfers judiciaire. En 2020, après plusieurs années d'enquête et un procès retentissant en France, Lamine Diack a été condamné à deux ans de prison ferme pour corruption. Il lui était notamment reproché d'avoir dissimulé des cas de dopage impliquant des athlètes russes en échange de financements illicites. Une affaire qui a profondément ébranlé la crédibilité de l'athlétisme international et mis en lumière les dérives d'une gouvernance sportive opaque.
Placé sous contrôle judiciaire en France depuis son inculpation, il avait été autorisé à rentrer au Sénégal en mai 2021, après la levée de son interdiction de quitter le territoire français. C'est dans son pays natal, entouré des siens, qu'il a passé ses derniers mois. Plusieurs procédures judiciaires restaient encore en cours contre lui au moment de son décès, témoignant de l'ampleur des affaires dans lesquelles il était impliqué.
Un héritage ambigu pour l'athlétisme africain
Au-delà des scandales, Lamine Diack reste une figure incontournable de l'histoire sportive africaine. Au Sénégal, il était perçu par beaucoup comme un symbole de la montée en puissance du continent sur la scène sportive internationale. Il avait notamment œuvré pour une meilleure représentation des nations africaines au sein des instances dirigeantes du sport mondial. Son décès suscite des réactions contrastées : hommages de ceux qui ont connu le dirigeant visionnaire, et rappels sévères des dommages causés à l'intégrité de l'athlétisme de la part de ses détracteurs.
La disparition de Lamine Diack referme un chapitre douloureux pour l'athlétisme mondial. Elle intervient dans un contexte où World Athletics, l'ex-IAAF, s'efforce toujours de restaurer sa crédibilité après des années de scandales. Une page se tourne, mais les questions soulevées par son règne continueront, elles, d'alimenter le débat sur la gouvernance du sport de haut niveau.



