Relégable, Tottenham affronte Sunderland dimanche. Mathys Tel, en grande difficulté, est au cœur du plan de sauvetage de Roberto De Zerbi.
Relégable. Le mot fait mal, surtout quand on parle de Tottenham Hotspur, l'un des clubs les plus emblématiques de Premier League. Et pourtant, c'est bien la réalité brutale qui s'impose aux Spurs en ce moment. Le déplacement à Sunderland, ce dimanche, prend une dimension que personne au nord de Londres n'aurait imaginée en début de saison. Au milieu du chaos, un nom revient avec insistance dans les causeries tactiques de Roberto De Zerbi : celui de Mathys Tel. Le jeune Français, arrivé en prêt du Bayern Munich avec des étoiles plein les yeux, traverse lui aussi une saison noire. Mais parfois, les crises se règlent ensemble.
Quand une saison vire au cauchemar pour Tel comme pour les Spurs
Mathys Tel avait tout pour briller en Premier League. À 19 ans, un profil de feu, une vitesse de décrochement qui affole les défenses, une capacité à surgir dans les petits espaces. Le Bayern Munich l'avait libéré pour lui permettre de trouver du temps de jeu. Tottenham semblait l'écrin idéal. Six mois plus tard, le bilan est amer. Des apparitions trop courtes, des prestations inconstantes, une équipe qui coule autour de lui. Difficile de s'épanouir dans une formation qui enchaîne les défaites et qui a changé d'entraîneur en cours de route comme on change de chemise.
Roberto De Zerbi, lui, a hérité d'un chantier. L'ancien technicien de Brighton and Hove Albion et de l'Olympique de Marseille débarque avec sa philosophie offensive bien rodée, ce jeu de positionnement intense, ces appels en profondeur permanents, cette exigence de verticalité. Un système qui, sur le papier, colle parfaitement au profil de Tel. De Zerbi a la réputation de sublimer les joueurs offensifs rapides — il l'a prouvé avec Kaoru Mitoma à Brighton, il veut désormais le prouver avec le Franco-Allemand à Londres.
La réalité statistique est cruelle. Tottenham pointe à une position que le club n'a plus connue depuis des décennies. En 28 journées de Premier League, les Spurs ont encaissé plus de 50 buts, un chiffre qui résume à lui seul l'ampleur du désastre défensif. Mathys Tel, de son côté, peine à peser offensivement avec moins de 5 contributions directes toutes compétitions confondues depuis son arrivée en janvier. Des chiffres qui font mal, mais qui ne disent pas tout sur ce que le joueur peut encore apporter.
- Tottenham est dans la zone de relégation à moins de 10 journées de la fin de saison
- Plus de 50 buts encaissés en Premier League cette saison pour les Spurs
- Mathys Tel a été titularisé à moins de 5 reprises depuis son prêt en janvier
- Roberto De Zerbi n'a disposé que de quelques semaines pour implanter ses principes de jeu
Sunderland comme électrochoc, De Zerbi comme dernière chance
Le Stadium of Light ce dimanche, ce n'est pas n'importe quel match. Sunderland, promu et ambitieux, joue sa propre survie dans l'élite. L'atmosphère sera bouillante, le contexte oppressant. Exactement le genre de rendez-vous qui fait ou défait les carrières. Pour Mathys Tel, c'est une bifurcation. Soit il saisit la main tendue par De Zerbi, soit il rentre au Bayern Munich à l'été comme un prêt raté, un pari non tenu.
Ce qui rend la situation fascinante, c'est que De Zerbi croit en lui. Selon plusieurs sources proches du vestiaire londonien, l'entraîneur italien aurait eu des échanges francs avec Tel, lui expliquant précisément ce qu'il attend de lui dans son système. Pas un simple numéro neuf, pas un ailier sacrifié défensivement. Un électron libre capable de combiner, de prendre la profondeur, de percuter entre les lignes. Un rôle taillé sur mesure, à condition d'y mettre l'intensité physique et mentale que réclame la survie en Premier League.
De Zerbi a déjà accompli des miracles avec peu. À Brighton, il avait transformé une équipe modeste en machine à jouer, capable de tenir tête aux plus grands d'Europe en Ligue Europa. À Marseille, malgré une saison agitée, il avait insufflé un projet de jeu cohérent. Sa capacité à redonner confiance à des joueurs en perte de vitesse est documentée. Leandro Trossard, Solly March, des noms que personne ne connaissait vraiment avant qu'il ne passe par là. Tel pourrait s'inscrire dans cette lignée.
Reste la question du collectif. Parce que Mathys Tel ne peut pas sauver Tottenham seul. Derrière lui, il faut que James Maddison retrouve son niveau d'influence, que la défense arrête de fuir à chaque ballon long, que le bloc-équipe retrouve une cohérence que les multiples changements de staff ont totalement détruite. De Zerbi a besoin de temps — et c'est précisément ce qui lui manque le plus.
Dix journées. C'est tout ce qu'il reste pour changer le destin d'un club centenaire. La marge est infime, la pression maximale. Mais dans ce contexte d'urgence absolue, certains joueurs se révèlent. D'autres s'effacent. Mathys Tel, lui, a l'occasion rare de devenir le visage d'une remontada ou le symbole d'un naufrage. À Sunderland ce dimanche, le choix se pose déjà.
Si Tottenham s'en sort — et c'est encore possible mathématiquement — l'été prochain posera une question autrement plus délicate au Bayern Munich : que fait-on de Mathys Tel ? Un joueur qui aura peut-être sauvé les Spurs de la relégation aura considérablement renforcé sa valeur marchande. Et Roberto De Zerbi, lui, sera en position de force pour réclamer son transfert définitif. Ou pour alimenter une guerre des offres que tout le football européen regardera avec appétit.