Joachim Löw a formellement démenti les rumeurs l'envoyant sur le banc de la sélection ghanéenne. L'ex-sélectionneur allemand reste sans poste depuis l'Euro 2021.
Trois ans et demi sans banc, sans vestiaire, sans conférence de presse d'avant-match. Joachim Löw vit une retraite dorée que personne n'avait vraiment anticipée pour lui, et le Ghana vient d'en faire les frais à sa manière. La Fédération ghanéenne de football nourrissait l'espoir — ou du moins la presse locale s'en était chargée — de voir l'Allemand au pedigree XXL débarquer sur les rives du lac Volta pour redresser les Black Stars. Raté. Löw a démenti, clairement et sans ambiguïté, toute discussion avancée avec la sélection ouest-africaine. Une désillusion de plus dans ce feuilleton qui dure depuis l'été 2021.
Le Ghana se prend un mur en pleine course
Le timing était pourtant séduisant sur le papier. Le Ghana traverse une période de turbulences techniques depuis l'élimination au premier tour de la Coupe du monde 2022 au Qatar, et la Fédération cherche à reconstruire une identité de jeu solide avant la prochaine CAN. Attirer un nom de la trempe de Löw aurait constitué un signal fort, une façon de montrer que le projet est sérieux et financé. Sauf que Löw n'a visiblement pas été convaincu — ou n'a tout simplement pas été contacté de manière formelle, selon ses propres mots.
Dans une déclaration rapportée par plusieurs médias allemands, l'ancien sélectionneur du Mannschaft a balayé les rumeurs d'un revers de main. Pas de négociations, pas de contact officiel, pas de projet en cours. Le message est limpide. Du côté ghanéen, on garde le silence, ce qui en dit souvent plus long qu'un démenti officiel. Le poste de sélectionneur reste donc vacant, et la Fédération va devoir trouver une autre solution, moins glamour peut-être, mais plus concrète.
Ce genre de scénario — une rumeur qui enfle, un grand nom qui dément — s'est répété suffisamment souvent autour de Löw pour qu'on commence à y voir un schéma. L'homme est libre, il est connu, son nom circule. Mais le passage à l'acte, lui, ne vient jamais.
Cinq ans de rumeurs, zéro signature
Rappelons les faits. Joachim Löw a quitté la sélection allemande à l'été 2021, après quinze ans sur le banc et un bilan historique : un titre de champion du monde en 2014 au Brésil, une Coupe des Confédérations en 2017, et un total de 196 matchs dirigés en compétition officielle. Un règne. Mais l'Euro 2020 — disputé en 2021 pour cause de pandémie — s'est terminé en huitièmes de finale face à l'Angleterre, et la rupture avec la DFB avait de toute façon été actée bien avant le coup de sifflet final.
Depuis ce départ, son nom a été associé à peu près à tout ce qui bouge dans le football mondial. Des clubs de Premier League, des projets en Arabie Saoudite quand la pétrodollar fever a commencé à faire des ravages sur le marché des entraîneurs, des sélections nationales en quête de légitimité. Le Paris Saint-Germain, dans ses heures de recherche frénétique d'un coach, aurait même effleuré la piste selon certaines sources françaises. Rien de tout cela ne s'est concrétisé.
À 64 ans, Löw affiche une sérénité qui peut sembler déconcertante pour un homme qui a passé l'essentiel de sa carrière à gérer des groupes de joueurs sous pression permanente. Il voyage, il observe, il réfléchit. Certains anciens grands sélectionneurs finissent ainsi — Aimé Jacquet a lui aussi pris une longue distance avec les bancs après 1998 avant de revenir dans des fonctions différentes. Mais Löw n'a pour l'instant esquissé aucun retour officiel, ni même signalé un intérêt particulier pour une direction technique.
Ce qu'on sait, c'est que le marché des entraîneurs de haut niveau s'est considérablement réduit pour lui avec le temps. Les clubs qui cherchent un profil de son standing ont aujourd'hui l'embarras du choix entre des techniciens plus jeunes, plus connectés aux tendances tactiques récentes — le pressing haut, le jeu positionnel à l'espagnole ou le chaos organisé façon Klopp. Löw, lui, reste associé à une époque, celle du 4-2-3-1 allemand qui dominait l'Europe au tournant des années 2010.
Que reste-t-il comme scénarios crédibles pour Löw
La question mérite d'être posée franchement. À quel poste Joachim Löw pourrait-il encore légitimement prétendre ? La réponse honnête est : probablement une grande sélection nationale, et seulement ça. Les clubs, avec leurs calendriers serrés, leurs présidents volatils et leurs exigences de résultats à court terme, ne semblent plus être dans son registre. Une sélection offre le rythme qu'il connaît, les cycles longs, le temps de construire.
Quelques postes pourraient théoriquement lui convenir. La Turquie cherche régulièrement à se repositionner sur la scène européenne. Certaines fédérations du Golfe, dotées de moyens importants et d'ambitions croissantes, pourraient lui proposer un projet structurant à horizon 2026. Et puis il y a toujours l'hypothèse, régulièrement balayée puis ressuscitée, d'un retour en Bundesliga dans un rôle de directeur sportif ou de conseiller de haut niveau — une trajectoire qu'ont empruntée d'autres anciens techniciens allemands.
Mais Löw semble imperméable à l'urgence. Pas de déclaration d'intention, pas de signaux envoyés au marché. Comme s'il attendait quelque chose qui ne s'est pas encore présenté, ou comme s'il avait simplement décidé que le football à ce niveau n'était plus une nécessité vitale pour lui. Le Ghana vient de l'apprendre à ses dépens. D'autres s'y brûleront sans doute encore avant que l'histoire se termine — ou qu'elle recommence vraiment.
Une chose est certaine : tant que Löw ne prendra pas la parole pour fermer définitivement la porte à un retour, son nom continuera d'orner les unes des médias sportifs à chaque poste vacant un peu prestigieux. C'est peut-être là sa dernière victoire tactique — rester désirable sans jamais avoir à prouver quoi que ce soit.