Gleison Bremer devient le rêve offensif de Tottenham. Roberto De Zerbi fait pression sur la Juventus pour s'offrir le défenseur brésilien convoité.
Gleison Bremer n'a pas demandé à être au cœur d'une guerre commerciale européenne, mais voilà où en est rendu le mercato hivernal. Le défenseur central brésilien de la Juventus, celui qui devait être le rocher inébranlable de la défense turinoise pour les années à venir, fait l'objet d'une chasse aux enchères. Et pas n'importe laquelle : c'est Tottenham qui force la porte, avec Roberto De Zerbi en tant que chef d'orchestre de cette opération ambitieuse.
De Zerbi ne lâche pas prise
L'entraîneur des Spurs connaît la musique du marché italien. Il sait comment fonctionnent les clubs de Serie A, il a lu leurs défenses, analysé leurs points faibles. Et il a jeté son dévolu sur celui qui représente peut-être la meilleure opportunité défensive d'Europe en ce moment : Bremer. Ses mouvements positionnels, sa puissance aérienne, son démarrage explosif ont séduit les observateurs de White Hart Lane. À 27 ans, le Brésilien est dans sa prime, et c'est exactement ce qu'il faut à une équipe anglaise qui compte sur lui pour stabiliser un secteur défensif pris d'assaut chaque samedi.
Ce qui intrigue vraiment, c'est l'insistance. Tottenham ne met pas simplement une option sur la table et attend la réponse. Non, selon Tuttosport, le club londonien revient à la charge, pose des questions, fait circuler les informations auprès des intermédiaires. C'est la marque d'une détermination réelle, pas une simple sondage de marché comme il en existe des milliers chaque hiver. De Zerbi a dû voir quelque chose dans les matchs de Bremer qui l'a convaincu : l'homme capable de transformer la défense des Spurs en forteresse.
La Juve face au dilemme du prestige
Côté Juventus, c'est un dilemme éternel. Vendre ou conserver ? Bremer a coûté environ 50 millions d'euros lors de son arrivée en 2022, en provenance de Torino. Depuis, le bilan est mitigé. Il a eu ses grands soirs, brillant en Ligue des champions, solide en campagne nationale. Mais il n'a jamais vraiment porté la Juventus sur ses épaules comme un défenseur titulaire de ce calibre devrait le faire. Les chiffres parlent : une moyenne de 6,8 en évaluation cette saison selon les critiques spécialisées, des erreurs qui coûtent, une concentration parfois défaillante dans les moments cruciaux.
Accepter une offre de Tottenham signifierait reconnaître que le projet Bremer à Turin n'a pas fonctionné comme prévu. Mais cela signifierait aussi générer des liquidités substantielles dans un moment où la Juventus doit se reconfigurer. Federico Giuntoli et son staff vont devoir peser le pour et le contre : un défenseur central de qualité reconnaissable qui n'a jamais explosé au niveau attendu face à une agitation du vestiaire et une possible amélioration financière.
Le contexte turinois n'aide pas. Danilo vieillit, le recrutement défensif a pataugé ces trois dernières années. Vendredi Gleison Bremer à Tottenham, c'est accepter de refondre la charnière centrale. C'est aussi envoyer un signal : la Juve reconnaît ses erreurs d'appréciation. Pas sûr que la direction turinoise soit prête à avaler cette pilule publiquement.
L'argent anglais, argument irrésistible
Voilà pourtant où le bât blesse. Tottenham dispose de ressources financières que la Juventus, malgré son prestige, ne peut pas égaler en ce moment. Les Spurs ont remplacé leur directeur sportif, investi massivement cet été, et regardent maintenant l'hiver comme une fenêtre d'opportunité. Si le club londonien propose un salaire progressif et des bonus liés aux performances, difficile pour Bremer de ne pas être tenté. Même pour un joueur qui a signé un contrat pluri-annuel à Turin.
Le mercato, c'est aussi ça : des rêves qui deviennent négociables quand les chiffres alignés deviennent suffisamment attractifs. Bremer gagne correctement à la Juve, c'est vrai. Mais à Tottenham, dans une ligue où les contrats explosent les limites du raisonnable, il pourrait voir sa rémunération multipliée. À 27 ans, c'est l'ultime fenêtre pour maximiser ses gains avant la descente progressive vers la quarantaine.
La question n'est donc plus vraiment : Bremer va-t-il partir ? Mais plutôt : à quel prix et à quelles conditions ? Giuntoli va devoir bouger vite. Laisser traîner ce dossier, c'est risquer de voir le joueur développer des envies d'ailleurs. Et une fissure dans le groupe, c'est ce qu'on ne peut pas se permettre en milieu de saison quand on rêve encore de remonter au classement.
De Zerbi joue son coup avec intelligence. Tottenham mise sur l'instabilité turinoise pour forcer la porte. Cette bataille pour Bremer, ce n'est que le début. Les prochaines semaines vont être décisives. Et quelque part, le Brésilien regarde tout ça en souriant : il ne l'a pas cherchée, mais cette petite guerre commerciale, elle l'arrange plutôt bien.