Battus à domicile par Bournemouth, les Gunners replongent dans leurs vieux démons au pire moment, avant un déplacement périlleux à Manchester City.
Le spectre de 2023 est de retour à l'Emirates. Battu à domicile par Bournemouth ce samedi, Arsenal n'a pas seulement concédé trois points — le club a surtout ravivé une blessure que ses supporters croyaient en voie de cicatrisation. Celle d'une équipe capable du meilleur en octobre et du pire en mai. Sauf que là, on n'est même pas en mai. Et dans sept jours, ce sont les Citizens de Pep Guardiola qui attendent les hommes de Mikel Arteta à l'Etihad Stadium.
Une défaite qui ne trompe personne sur l'état réel des Gunners
Logique. C'est le mot qui revient dans l'entourage du club selon nos informations. La défaite contre Bournemouth n'a pas été le fruit d'un mauvais jour ou d'une erreur individuelle isolée. Elle a reflété les limites structurelles d'une équipe qui tourne en rond depuis plusieurs semaines. Arsenal n'a pas cadré un seul tir en première période, face à une équipe de l'Afcb qui n'avait pourtant rien d'une machine de guerre offensive. C'est là que le bât blesse.
Andoni Iraola a mis ses joueurs dans les meilleures dispositions pour étouffer la créativité arsenalienne, et ça a fonctionné. Martin Ødegaard, censé être le chef d'orchestre, a disparu des radars. Bukayo Saka a slalomé dans le vide. Gabriel Martinelli a livré l'une de ses prestations les plus ternes de la saison. Trois joueurs censés faire la différence au plus haut niveau, trois fantômes pendant 90 minutes dans leur propre maison.
À en croire l'entourage de certains joueurs, le vestiaire est sous pression. Pas d'explosion, pas de crise ouverte — mais une tension sourde, celle des équipes qui sentent qu'une opportunité leur file entre les doigts. Arsenal pointe aujourd'hui à plusieurs unités du leader, dans une Premier League qui ne pardonne pas les séries négatives.
Le syndrome du deuxième — une malédiction qui colle à la peau depuis 2023
Rappelons les faits. La saison 2022-2023 avait vu Arsenal mener la Premier League pendant des mois avant de s'effondrer sur le dernier tronçon, laissant Manchester City glaner un titre que les Gunners avaient presque tenu dans leurs mains. Huit points d'avance dilapidés en quelques semaines. Traumatisant. La saison suivante, rebelote — deuxièmes, encore. Toujours derrière City, toujours à se demander si ce groupe a les épaules pour aller au bout.
Mikel Arteta avait juré que ses joueurs avaient tiré les leçons de ces désillusions répétées. Il avait renforcé le groupe, ajusté le système, insisté sur la robustesse mentale. Les premières semaines de cette saison semblaient lui donner raison. Mais les vieilles habitudes ont la vie dure. Quand le calendrier se tend, quand les matchs se gagnent sur des détails et sur du caractère, Arsenal retrouve ses vieux réflexes — et pas les bons.
Le paradoxe, c'est que sur le papier, ce groupe est plus complet qu'il y a deux ans. L'effectif compte des éléments capables de peser sur n'importe quelle rencontre en Europe. Mais les stats ne mentent pas : en déplacement contre les équipes du top 6 cette saison, les Gunners n'ont gagné qu'une seule fois. Un ratio qui questionne leur capacité à franchir le palier psychologique des grands rendez-vous.
Manchester City dans une semaine, ou l'heure de vérité qui ne souffre aucune excuse
L'agenda est cruel. Pas de match de transition pour se remettre en confiance, pas d'adversaire abordable pour relancer la machine. Direction l'Etihad. Manchester City, même dans une version légèrement moins dominatrice que ses années dorées, reste l'épreuve de vérité absolue en Premier League. Et Pep Guardiola, qui a l'habitude de préparer ses rencontres avec une précision chirurgicale, aura regardé les images de ce samedi avec un sourire en coin.
Selon nos informations, Arteta devrait procéder à plusieurs ajustements tactiques avant ce déplacement. Le technicien espagnol sait qu'il ne peut pas se permettre de subir à l'Etihad ce qu'il a subi à domicile contre Bournemouth. La question du pressing, de l'intensité dans les duels, de la verticalité en transition — tout sera revu. Mais les problèmes d'Arsenal ne sont pas seulement tactiques. Ils sont dans les têtes.
Thomas Partey ou son remplaçant devront hausser le niveau au milieu. Declan Rice, souvent le meilleur des siens dans ces grands matches, devra porter l'équipe au-delà de ses seules responsabilités défensives. Et William Saliba, l'un des défenseurs les plus constants du championnat, devra montrer que la charnière peut tenir face à la puissance de feu mancunienne. Ce sont eux, les leaders, qui diront si Arsenal a vraiment changé ou si la deuxième place est définitivement son plafond de verre.
Une chose est certaine : si les Gunners s'inclinent à l'Etihad dans une semaine, le débat sur leur capacité à aller chercher un titre de champion d'Angleterre sera clos pour cette saison. L'Emirates Stadium et ses supporters méritent mieux que des regrets en fin de saison. Mais les regrets, pour l'instant, ont déjà commencé à s'accumuler. Arsenal a jusqu'au coup d'envoi à Manchester pour prouver que cette défaite contre Bournemouth était une anomalie, et non le visage véritable d'une équipe qui, une fois de plus, se regarde vivre plutôt qu'agir.