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Le Bayern humilie le Real au Bernabéu et l'Allemagne s'emballe

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après le succès 2-1 du Bayern Munich au Santiago Bernabéu, la presse allemande exulte et raille le Real Madrid. L'euphorie est totale, peut-être un peu trop tôt.

Le Bayern humilie le Real au Bernabéu et l'Allemagne s'emballe

Il y a des victoires qui se savourent avec retenue, et d'autres que l'on crie depuis les toits. Le Bayern Munich a battu le Real Madrid 2-1 au Santiago Bernabéu, et l'Allemagne, elle, a choisi les toits. La presse outre-Rhin ne s'est pas contentée de célébrer — elle a humilié, moqué, savouré chaque miette de cette nuit madrilène comme si la Coupe d'Europe était déjà dans la vitrine de l'Allianz Arena. On connaît ce scénario. On connaît aussi sa suite habituelle.

Une nuit au Bernabéu qui réveille les vieux démons allemands de la supériorité

Le Bernabéu, temple du football européen, s'est transformé en scène de théâtre pour une Allemagne qui attendait sa revanche depuis longtemps. Les tabloïds et les grands journaux ont rivalisé de superlatifs. Bild a sorti ses plus grosses polices de caractères, la Süddeutsche Zeitung a analysé avec satisfaction chaque erreur du Real, et les plateaux télévisés ont bruissé d'experts qui voyaient déjà le Bayern en demi-finales, sinon en finale. L'euphorie collective, c'est beau. C'est aussi légèrement dangereux.

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Pourtant, la victoire mérite d'être reconnue pour ce qu'elle est : une performance solide, construite, d'une équipe du Bayern Munich qui retrouve enfin une cohérence européenne sous les ordres de Vincent Kompany. L'ancien défenseur de Manchester City, passé par Burnley sans vraiment convaincre, a apporté à Munich quelque chose que ses prédécesseurs immédiats avaient perdu — une lecture défensive rigoureuse et une capacité à rendre l'équipe difficile à manœuvrer. Battre le Real Madrid 2-1 à l'extérieur, ce n'est pas un accident. C'est le fruit d'un plan précis.

Mais rappelons-nous 2018. Le Bayern s'était imposé à Madrid en demi-finale aller, avait cru tenir le bon bout, et Karim Benzema ainsi que Marcelo avaient transformé le match retour en cauchemar bavarois. L'histoire des confrontations entre ces deux clubs est jalonnée de retournements spectaculaires. Le Real Madrid, club le plus titré de la compétition avec 15 Ligues des champions, a une fâcheuse tendance à ressusciter quand on l'enterre. C'est presque une tradition institutionnelle.

Sur le plan tactique, le Bayern a su exploiter les espaces laissés par un Real Madrid qui semblait moins mordant qu'à son habitude. Harry Kane, souvent critiqué pour ses performances en Ligue des champions depuis son arrivée à Munich, a répondu avec une efficacité clinique. Le buteur anglais, meilleur réalisateur de la Bundesliga cette saison avec plus de 25 buts au compteur, a prouvé que ses nerfs tiennent aussi sous les lumières européennes. L'équipe de Kompany s'appuie sur une solidité défensive nouvelle — seulement 6 buts encaissés en phase de groupes cette saison — et une transition offensive redoutable.

  • Score au Bernabéu : 2-1 pour le Bayern Munich
  • 15 Ligues des champions remportées par le Real Madrid, record absolu
  • 6 buts encaissés par le Bayern en phase de groupes de C1 cette saison
  • Plus de 25 buts en Bundesliga pour Harry Kane en 2024-2025

Quand la presse allemande oublie que le Real Madrid ne meurt jamais vraiment

L'emballement médiatique allemand est compréhensible. Le Bayern Munich traverse une période de reconstruction identitaire depuis le départ de Robert Lewandowski, les tensions internes de l'ère Nagelsmann, et une série de désillusions européennes qui avaient commencé à ternir le mythe d'un club habitué à dominer. Voir leur équipe gagner au Bernabéu — là où même les meilleurs se cassent les dents — a quelque chose de cathartique.

Sauf que cette joie, légitime dans son intensité, occulte une réalité simple : il reste un match retour à l'Allianz Arena. Et le Real Madrid, entraîné par Carlo Ancelotti, n'est jamais aussi dangereux que lorsqu'il est dos au mur. L'Italien, triple vainqueur de la compétition en tant que coach, a vu son équipe traverser des situations bien plus désespérées. En 2022, Manchester City semblait éliminé. En 2023, Chelsea avait l'avantage. Le Real est revenu à chaque fois. Pas par miracle — par expérience, par caractère, par une capacité à produire le bon geste au bon moment que peu d'équipes possèdent.

La question n'est donc pas de savoir si le Bayern a bien joué. Il a bien joué, indéniablement. La question est de savoir si l'Allemagne va payer le prix de son excès de confiance, comme elle l'a déjà fait. La Schadenfreude — ce mot allemand intraduisible qui désigne la joie ressentie face au malheur des autres — fonctionne dans les deux sens. Se moquer du Real Madrid le mercredi soir peut très bien se retourner contre vous le mercredi suivant.

Vinicius Junior, discret lors du match aller, est exactement le type de joueur capable de changer une qualification à lui seul. Rodrygo, Jude Bellingham, la machine madrilène reste intacte malgré un résultat défavorable. Et Ancelotti, quoi qu'on dise sur ses conférences de presse placides et son sourire impassible, prépare déjà le match retour avec la méthode d'un horloger suisse qui sait exactement quelle vis revisser.

Alors oui, l'Allemagne peut s'enflammer. Le Bayern Munich mérite ses éloges et son optimisme retrouvé. Kompany construit quelque chose de solide, Kane répond aux attentes, et la Bundesliga envoie un signal fort au reste de l'Europe. Mais entre la victoire au Bernabéu et la qualification, il y a encore quatre-vingt-dix minutes — peut-être plus — qui s'écriront à Munich. Et le Real Madrid, lui, ne lit pas la presse allemande.

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