Battu 2-1 à domicile par le Bayern, le Real Madrid devra s'imposer à l'Allianz Arena. Alvaro Arbeloa a lâché une sortie remarquée sur le match retour.
« On a les armes pour aller gagner là-bas. » Alvaro Arbeloa ne tremble pas. L'ancien latéral droit du Real Madrid, aujourd'hui figure incontournable du club dans ses fonctions de formateur et d'ambassadeur, a pris la parole après la défaite des siens face au Bayern Munich à Santiago Bernabéu. 2-1. Un résultat qui fait mal, mais qui n'a pas mis à terre l'état d'esprit de la Maison Blanche. Le quart de finale retour de la Ligue des Champions se jouera mercredi prochain à l'Allianz Arena, et pour Arbeloa, la qualification est loin d'être enterrée.
Que vaut vraiment ce Real Madrid après cette défaite à domicile ?
Perdre au Bernabéu en quart aller, c'est une gifle. Le Real Madrid n'avait plus encaissé une défaite à domicile en Ligue des Champions depuis plusieurs saisons, et voir le Bayern Munich repartir avec les trois points dans leurs valises change radicalement la physionomie de la double confrontation. Les hommes de Carlo Ancelotti — ou de son successeur selon les versions — devront produire un exploit en déplacement, dans un stade qui a muselé bien des prétendants européens ces dernières années.
Pourtant, Arbeloa a refusé de jouer les pleureuses. Dans ses déclarations, l'ancien international espagnol a rappelé que le Real Madrid a l'habitude de se qualifier dans les moments impossibles. Ce club a une relation particulière avec les soirées européennes sous pression. On se souvient des retours fracassants contre le Paris Saint-Germain, la Juventus Turin ou Manchester City. Le mythe remontada est presque une culture interne au club madrilène.
Sur le plan sportif, la défaite 2-1 laisse tout de même une bouée de sauvetage : un but à l'extérieur suffit à remettre les deux équipes à égalité, et le Real n'a besoin que d'une victoire d'un but d'écart pour valider son billet. Mais face à un Bayern qui tourne à plein régime, produire ce résultat à Munich relève du défi titanesque.
Qu'est-ce qu'Arbeloa a dit exactement, et pourquoi ça compte ?
La sortie d'Alvaro Arbeloa n'est pas anodine. Quand un homme aussi lié au club prend la parole publiquement pour galvaniser, c'est un signal envoyé autant aux joueurs qu'aux supporters. Il a insisté sur la mentalité du vestiaire madrilène, affirmant que ce groupe avait la capacité de renverser la tendance à l'Allianz Arena. Pas de catastrophisme, pas d'excuses. Un message offensif.
Ce qui frappe dans ses mots, c'est la confiance affichée dans les individualités. Le Real Madrid peut compter sur Kylian Mbappé, arrivé cet été avec une pression XXL sur les épaules, et sur Vinícius Júnior, capable de faire basculer un match sur un éclair. Dans un stade où l'espace existe, la vitesse et la technique des attaquants madrilènes peuvent faire des ravages. Arbeloa le sait. Il mise clairement sur cette capacité à punir le Bayern en transition.
L'ancien défenseur a également évoqué la force collective du groupe, soulignant que les récentes performances en championnat montraient un Real Madrid solide, pas une équipe en crise. Et statistiquement, le club de la capitale espagnole reste l'un des meilleurs en Ligue des Champions quand il dispute un match retour en déplacement avec une qualification à aller chercher : en dix tentatives de ce type sur les quinze dernières années, les Merengues ont réussi à se qualifier sept fois. Un ratio qui force le respect.
Le Bayern Munich peut-il vraiment gérer un Bernabéu version retour à Munich ?
Formuler la question autrement, c'est se demander si l'Allianz Arena sera suffisant pour éteindre le feu madrilène. Thomas Tuchel et ses joueurs ont réussi quelque chose de rare en s'imposant au Bernabéu. Mais administrer un avantage d'un but face au Real Madrid pendant 90 minutes à domicile, c'est un exercice qui a déjà brisé des certitudes bien plus solides.
Le Bayern Munich version 2024-2025 impressionne. Harry Kane, enfin libéré après une première saison d'adaptation, tourne à un rythme de buteur affolant en Bundesliga comme en Europe. Jamal Musiala, lui, a franchi un cap supplémentaire dans la créativité et l'efficacité. Les Bavarois ont inscrit au moins deux buts dans sept de leurs huit matchs de Ligue des Champions cette saison — une machine offensive que le Real Madrid devra contenir tout en attaquant.
Mais Arbeloa a raison sur un point fondamental : le foot ne se joue pas sur le papier. Et le Real Madrid, quand il est au pied du mur, développe une forme d'ADN compétitif que peu de clubs au monde possèdent. L'équipe qui a éliminé le Manchester City de Pep Guardiola au terme d'un retournement de situation spectaculaire en quart de finale 2022 n'est pas une équipe ordinaire. Ces joueurs-là ont la mémoire des grands soirs.
Reste à savoir si Carlo Ancelotti parviendra à trouver le bon plan tactique. Le technicien italien a souvent montré qu'il savait adapter son dispositif pour faire souffrir les meilleures défenses d'Europe. Contre le Bayern, le pressing haut et la vitesse de transition semblent être les clés. Mbappé, Vinícius, Rodrygo Goes — un trio capable de glacer n'importe quelle arrière-garde en quelques secondes.
Mercredi soir à l'Allianz Arena, le Real Madrid jouera donc une qualification qui ressemble à une mission presque impossible sur le papier. Mais dans ce club, « presque impossible » a souvent été le point de départ des nuits les plus mémorables. Arbeloa a allumé la mèche. Reste à savoir si les joueurs transformeront ces mots en légende. La Ligue des Champions a décidément toujours autant de choses à nous raconter.