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Mircea Lucescu victime de deux crises cardiaques à 80 ans

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

La légende du football européen Mircea Lucescu a été hospitalisée d'urgence après deux crises cardiaques. Son état inquiète le monde du foot.

Mircea Lucescu victime de deux crises cardiaques à 80 ans

Deux crises cardiaques en quelques jours. À 80 ans, Mircea Lucescu se bat contre bien plus redoutable qu'un bloc défensif adverse. Le technicien roumain, l'un des entraîneurs les plus titrés et les plus respectés de l'histoire du football européen, a été hospitalisé d'urgence après s'être évanoui lors d'un événement public. Ce qui devait n'être qu'un malaise passager s'est révélé bien plus grave : deux crises cardiaques successives ont plongé son entourage dans l'inquiétude la plus totale.

Une carrière XXL, un cœur mis à rude épreuve

Rares sont les entraîneurs qui peuvent se vanter d'avoir marqué autant de clubs, autant de championnats, autant de générations. Mircea Lucescu a tout connu. Le froid de Donetsk, la ferveur des derbys d'Istanbul, les soirées de Coupe UEFA sous les projecteurs milanais. Pendant plus de cinq décennies sur les bancs de touche, il a enchaîné les défis comme d'autres enchaînent les saisons banales.

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Sa longévité est presque indécente. À un âge où la plupart de ses contemporains ont raccroché depuis longtemps, Lucescu continuait de coacher à haut niveau. Il avait pris en charge la sélection nationale de Roumanie en 2021, à 76 ans, avant de s'engager avec le Dynamo Kiev — un choix qui avait fait polémique en Ukraine, pays en guerre, lui qui était si profondément lié au Shakhtar Donetsk, club rival. Ce paradoxe-là, il l'avait assumé, avec l'autorité tranquille de celui qui a vu trop de choses pour se laisser intimider par les critiques.

Ses quinze années au Shakhtar Donetsk restent sans doute son chef-d'œuvre. Il a transformé un club ukrainien en puissance européenne capable de se qualifier régulièrement en Ligue des Champions et de remporter la Coupe UEFA en 2009 face au Werder Brême. Un titre continental qui avait propulsé Donetsk sur la carte du football mondial. Avec Galatasaray et Besiktas, il avait aussi laissé une empreinte profonde en Turquie, pays qu'il connaît par cœur et où il est encore vénéré.

Un évanouissement, puis le choc du diagnostic

Tout a basculé lors d'un événement public en Roumanie. Lucescu s'est effondré, inconscient. Les secours sont intervenus rapidement, mais le tableau clinique établi par les médecins était alarmant : deux crises cardiaques, pas une. Son hospitalisation a immédiatement déclenché une vague d'inquiétude dans le monde du football, de Bucarest à Istanbul en passant par Kiev et Donetsk.

À 80 ans, le corps ne pardonne pas toujours. Pourtant, ceux qui connaissent Lucescu savent que l'homme a une résistance mentale et physique hors norme. Il a vécu sous la pression permanente pendant des décennies, géré des vestiaires multilingues, traversé des crises politiques, coaché dans un pays en guerre. Rien ne semblait pouvoir l'abattre. Jusqu'à ce que le cœur, lui, décide de parler.

Les premières nouvelles en provenance de Roumanie évoquent un état stable mais surveillé. Aucun pronostic vital n'a été officiellement engagé par les équipes médicales, mais la gravité du double épisode cardiaque impose une prudence absolue. L'homme qui avait dirigé plus de 1 500 matches sur les bancs européens est aujourd'hui allongé dans un lit d'hôpital, loin des terrains qui ont rythmé toute son existence.

Quand le football perd ses monuments vivants

La nouvelle a provoqué une émotion sincère bien au-delà des frontières roumaines. Sur les réseaux sociaux, des joueurs qu'il a formés ou dirigés ont exprimé leur soutien. Des présidents de clubs, des fédérations, des entraîneurs adversaires qui l'ont affronté sur les pelouses d'Europe ont pris la parole. Parce que Mircea Lucescu n'est pas un entraîneur comme les autres. Il est l'un des derniers représentants d'une école du football qui disparaît peu à peu — celle des techniciens qui ont traversé toutes les époques, du football artisanal aux données analytiques, sans jamais perdre leur identité.

En Roumanie, il est bien plus qu'un entraîneur. Il est une icône nationale. Sa carrière de joueur avec la sélection roumaine dans les années 60 et 70, puis sa transformation en entraîneur bâtisseur d'empire, font de lui un patrimoine vivant du sport d'Europe de l'Est. Le fait qu'il ait accepté, à son âge, de revenir coacher son pays natal, puis de rejoindre Kiev dans des conditions de guerre, dit tout de sa passion intacte pour le football.

Pendant quarante ans de carrière sur les bancs, il aura remporté des titres dans au moins quatre pays différents, formé des joueurs qui sont devenus internationaux, et influencé une génération entière d'entraîneurs d'Europe de l'Est qui se réclament de sa méthode. Lucescu a aussi marqué durablement la Turquie, où ses passages à Galatasaray et Besiktas lui ont valu une popularité qui ne s'est jamais démentie.

Reste maintenant la question que personne n'ose vraiment poser : verra-t-on encore un jour Mircea Lucescu debout sur un banc de touche ? Après deux crises cardiaques à 80 ans, la réponse appartient d'abord aux médecins, ensuite à lui. Mais si l'on connaît un tant soit peu le personnage — son caractère trempé, son refus obstiné de la retraite, cette flamme qui ne s'est jamais vraiment éteinte —, il serait imprudent de parier contre lui. Le football attend, suspendu. Et le monde entier lui souhaite de s'en sortir.

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