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Inzaghi claque la porte de la Nazionale en pleine tempête

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après la troisième élimination italienne consécutive en barrages de Coupe du Monde, Simone Inzaghi a refusé de prendre en main la Nazionale. Une décision qui plonge le football italien dans l'inconnu.

Inzaghi claque la porte de la Nazionale en pleine tempête

Trois fois. Trois fois de suite, l'Italie a échoué à se qualifier pour une Coupe du Monde. Et cette fois, c'est la Bosnie-Herzégovine qui a infligé l'humiliation, mardi soir, dans des barrages que personne n'imaginait pouvoir se transformer en tombeau. Face à ce naufrage historique, la Fédération italienne a logiquement cherché un sauveur, un nom capable de redonner du souffle à une Nazionale qui tousse depuis des années. Simone Inzaghi était en tête de liste. Sa réponse a été nette, immédiate, sans ambiguïté : non.

Quand le meilleur entraîneur italien du moment refuse de relever le pays

Il faut comprendre ce que représente ce refus pour mesurer l'ampleur du malaise. Simone Inzaghi n'est pas n'importe qui en ce moment. À la tête de l'Inter Milan, il a construit l'une des équipes les plus cohérentes d'Europe, portant le club jusqu'en finale de la Ligue des Champions en 2023 et consolidant une domination intérieure qui force le respect. Son football est lisible, intense, collectif. Exactement ce dont l'Italie aurait besoin pour sortir du chaos.

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Mais Inzaghi a dit non. Et ce refus en dit long sur l'état réel du poste de sélectionneur de l'Italie. Reprendre la Nazionale aujourd'hui, c'est hériter d'un chantier colossal, d'une pression médiatique asphyxiante et d'un calendrier immédiat qui n'offre aucune compétition majeure pour rebâtir quoi que ce soit. Qui voudrait sauter dans ce bateau quand il prend l'eau de toutes parts ? Inzaghi, lui, préfère rester à bord d'un vaisseau qui gagne.

Le technicien de Piacenza n'est pas le premier à esquiver. Roberto De Zerbi, lui aussi approché ces derniers mois dans diverses spéculations, a préféré rebâtir quelque chose de neuf à Marseille. Vincenzo Italiano, Claudio Ranieri à titre symbolique… les noms circulent, mais les grandes ambitions personnelles restent à quai dès que le dossier FIGC s'ouvre sur la table.

Ce que révèle ce refus, c'est aussi une fissure profonde dans le modèle italien. Pendant des décennies, diriger la Squadra Azzurra représentait le sommet absolu. Giovanni Trapattoni, Marcello Lippi, Antonio Conte y ont tous laissé une empreinte. Aujourd'hui, le poste fait peur. Les meilleurs entraîneurs italiens calculent. Et leur calcul ne penche pas en faveur de Rome.

Une crise structurelle que deux ans de réformes ne suffiront pas à effacer

Derrière le feuilleton des candidatures refusées, il y a une réalité que la Fédération italienne ne peut plus dissimuler. Trois absences consécutives en Coupe du Monde — 2018, 2022 et désormais 2026 — constituent une anomalie statistique qui dépasse largement le domaine de la malchance. L'Italie est la quatrième nation la plus titrée de l'histoire du Mondial, avec quatre étoiles sur le maillot. Elle n'a pas participé aux trois dernières éditions. C'est une fracture civilisationnelle pour un pays où le football structure l'identité nationale.

Les chiffres du football de formation sont éloquents. L'Italie a longtemps été un vivier d'excellence, mais depuis une quinzaine d'années, la proportion de joueurs italiens évoluant en Serie A ne cesse de reculer. En 2024, moins de 35 % des minutes jouées en championnat l'ont été par des joueurs italiens. Un record négatif. La conséquence directe ? Une Nazionale qui manque de profondeur, qui fait tourner les mêmes visages depuis trop longtemps, qui souffre dès qu'une blessure frappe un cadre.

L'Euro 2020 — gagné sur le fil en finale contre l'Angleterre à Wembley — avait offert un répit trompeur. Roberto Mancini avait réussi à créer une alchimie autour de Lorenzo Pellegrini, de Federico Chiesa et d'un Gianluigi Donnarumma souverain dans les buts. Mais ce groupe n'avait pas les reins assez solides pour franchir les qualifications mondiales. Et depuis le départ précipité de Mancini pour l'Arabie Saoudite, la sélection tourne à vide.

  • 3 qualifications mondiales manquées consécutives par l'Italie (2018, 2022, 2026)
  • Moins de 35 % de minutes jouées par des Italiens en Serie A en 2024
  • Finale de la Ligue des Champions 2023 pour Simone Inzaghi avec l'Inter Milan
  • 4 titres mondiaux au palmarès de la Nazionale, dernier en 2006

Luciano Spalletti, l'actuel sélectionneur, porte une lourde responsabilité dans cet échec. Après un Euro 2024 raté dès les huitièmes de finale contre la Suisse — une Suisse qui n'avait pourtant rien d'une terreur continentale — il n'a pas réussi à resserrer les rangs. La défaite en barrages contre la Bosnie-Herzégovine sonne comme un verdict. La question n'est plus de savoir si Spalletti va partir, mais dans quelles conditions il sera remplacé, et surtout par qui.

Parce que si Simone Inzaghi refuse, si les grands noms se défilent, la FIGC va devoir opérer un choix courageux ou, au contraire, se résoudre à nommer un technicien de transition. Une solution par défaut, quand ce qu'il faudrait, c'est un projet sur dix ans. Réformer la formation, imposer des quotas sur les jeunes joueurs italiens en Serie A, repenser la structure des centres de formation : voilà le vrai chantier. Un match de barrages perdu, ça se surmonte. Une génération entière sacrifiée, ça laisse des cicatrices bien plus profondes.

La Coupe du Monde 2026 se jouera aux États-Unis, au Mexique et au Canada. L'Italie la regardera une nouvelle fois depuis son canapé. Et pendant ce temps, Simone Inzaghi sera peut-être en train de préparer un huitième de finale de Ligue des Champions avec l'Inter. On ne peut pas vraiment lui en vouloir. Mais pour la Federazione, la vraie question qui se pose maintenant n'est pas de trouver un entraîneur disponible. C'est de comprendre pourquoi les meilleurs n'en veulent plus.

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