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Vendée Globe – Charlie Dalin et Louis Burton, le duo inséparable

L’incertitude plane toujours sur cette 9ème édition du Vendée Globe à 2 700 miles de l’arrivée aux Sables d’Olonne. Après 72 jours de course en mer, Charlie Dalin mène la flotte à plus de 15 noeuds de moyenne dans des alizés de Nord-Est avec juste derrière lui, l’infatigable Louis Burton naviguant à plus de 17 noeuds de moyenne.

Qui remportera cette mythique édition du Vendée Globe 2020 après plus de 25 000 milles parcourus ? C’est la question que tous les passionnés se posent depuis plusieurs semaines et si l’arrivée n’est plus très loin, aucun d’entre eux n’a pour l’heure la réponse.

D’un côté, Charlie Dalin (Apivia) cumule 178 pointages en tête de la course depuis le départ du 8 novembre, de l’autre Louis Burton (Buren Vallée 2) en compte deux. Si ils sont inséparables en tête de course depuis quelques jours entretenant parfaitement le suspense quant à la victoire finale, l’approche des Açores pourrait donner naissance à leur premier désaccord. Ils ont chacun opté pour une stratégie bien différente. Le premier serre le vent afin d’accrocher la dépression prévue dans quatre jours au plus proche des Açores, quand le deuxième a fait le choix de tenter l’extérieur en tirant sur la barre pour dépasser les 17 nœuds. En ayant laissé derrière eux l’imprévisible « Pot au noir », c’est dans un vent assez stable qu’ils vont effectuer, pendant au moins trois jours, la suite de cette remontée de l’Atlantique.

Trouver la position idéale pour aborder la dorsale

Si le décalage Est-Ouest atteint tout de même près de 200 milles, il devrait encore augmenter dans les prochaines heures. Apivia reste handicapé par son foil bâbord dont la cale basse a été remplacée par Charlie Dalin. Dans l’incapacité de sortir le foil, le skipper ne semble pas pouvoir profiter de la puissance suffisante et fait donc le choix de serrer le vent pour avoir moins de distance à parcourir.

Concernant Bureau Vallée 2, monocoque Imoca vainqueur du dernier Vendée Globe aux mains d’Armel Le Cléac’h il y a 4 ans jour pour jour, il dispose de petits foils. Avec un bateau légèrement dégradé, faire le choix d’allonger la foulée permet de naviguer en pointe dans le but de pouvoir aborder les hautes pressions à venir sans obliquer à droite.

Derrière, Thomas Ruyant (LinkedOut) et Boris Herrmann (SeaExplorer-Yacht Club de Monaco) doivent faire face au même dilemme. Si le 3ème est dans une configuration quasi similaire à celle du leader, l’allemand a fait le choix d’une stratégie intermédiaire. Quant aux suivants, ils sont désormais nombreux à être sortis du « Pot au noir » ce mardi à midi, mis à part Benjamin Dutreux (OMIA-Water Family) toujours en difficulté sous des masses nuageuses, se débattant avec des algues sargasses qui bloquent son hydrogénérateur.

« Le jour va se lever d’ici quatre heures environ (9h00 heure française), mais le gros problème, c’est en fait les sargasses. Ces algues sont très présentes et comme j’ai des problèmes de moteur, je m’appuie sur mon hydrogénérateur depuis des semaines et là, il ne supporte pas ces algues. Il faut que je sorte de ce coin-là ! » confiait Dutreux.

Un « Pot au noir » non loin de l’Equateur

Maxime Sorel (V and B-Mayenne) a franchi la mythique ligne de démarcation entre les hémisphères la nuit dernière, après 71 jours 08 heures 37 minutes. Si son allure était convenable il s’est très rapidement subit un ralentissement à l’approche du « Pot au noir » qui semble proche de l’Équateur. Depuis que Louis Burton s’en est débarrassé, la zone de convergence inter-tropicale semble avoir bien évolué et Sorel peut compter sur les trajectoires de ses prédécesseurs pour choisir la plus optimale. Il ne sera pas le seule à s’appuyer sur les précédents passages puisque Armel Tripon (L’Occitane en Provence) devrait être le prochain à atteindre l’hémisphère Nord, dans les prochaines heures.

Clarisse Crémer (Banque Populaire X) rejoindra l’Equateur dans plus de 24 heures accompagnée de Romain Attanasio (Pure-Best Western). Quant à Isabelle Joschke (MACSF), naviguant hors course suite à son abandon, elle continue de progresser à vitesse réduite vers Salvador de Bahia dans une mer apaisé avec des alizés d’Est.

A plus de 2 200 milles du leader, on retrouve Jérémie Beyou (Charal) qui est parvenu à faire le break face à Arnaud Boissières (La Mie Câline-Artisans Artipôle) et Alan Roura (La Fabrique), toujours pénalisé par sa quille dans l’axe.

Concernant les passages au cap Horn, Clément Giraud (Compagnie du Lit-Jiliti) est heureux cap-hornier depuis dimanche et malgré la distance qui le sépare de la tête de la course, il n’a pas perdu son sourire. « Il y a pas mal de courants dans le coin ! Et puis j’ai vu mon premier bateau depuis Rio de Janeiro ! Un gros bateau de pêche que j’ai contacté en anglais par radio VHF… C’était sur une sorte de marche où les fonds passent de 800 mètres à 200 mètres ! Le plateau continental est assez étendu par ici : d’un coup, la mer s’est calmée. » racontait le skipper.

Pour Sam Davies (Initiatives Cœur), Alexia Barrier (TSE-4myplanet) et Ari Huusela (STARK), le week-end prochain signera la fin d’une longue bataille avec les mers du Sud. Les trois solitaires franchiront le Cap Horn dans un flux de secteur Ouest relativement modéré.

Les incertitudes et la bataille acharnée continuent pour les neuf skippers qui forment le groupe de tête. 

Si à l’arrière, le plaisir de manœuvrer seul à travers les océans fait le bonheur skippers, la tête de la course menée par le duo inséparable, Dalin-Burton, reste focalisée sur les fichiers météos. La route réserve encore quelques surprises à l’ensemble des protagonistes avant leur arrivée tant attendue aux Sables d’Olonne.

 

Hermine LEFEBVRE

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