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Voile/Vendée Globe – Escoffier secouru par Jean Le Cam, le récit

Après avoir passé 11h à attendre sur son radeau de survie, Kevin Escoffier a été récupéré sain et sauf par Jean Le Cam cette nuit sur le Vendée Globe. Le récit d’un sauvetage difficile.

Il est 2h18 (heure française) quand Jean-Jacques Laurent, Président de PRB, informe le team PRB du sauvetage de Kevin Escoffier par Jean Le Cam.

Il a assisté minute après minute avec Jacques Caraës, le directeur de course, et l’ensemble de l’équipe de direction de course à toutes les opérations de sauvetage déployées pour retrouver le skipper.

« Il est à bord avec Jean ! On vient de le voir ».

C’est avec ces quelques mots rapides qu’un immense soulagement est apparu dans la nuit pour l’ensemble du team, la famille de Kevin et tous les acteurs du Vendée Globe en mer mais aussi à terre.

C’est à 14h46 que Kevin Escoffier avait déclenché l’alerte annonçant avoir de l’eau dans son bateau. Tout avait alors été mis en œuvre pour retrouver le Malouin réfugié dans son radeau de survie. Les secours s’étaient rapidement mis en place et à la demande de la direction de course, Jean Le Cam, concurrent le plus proche, avait été dérouté. Arrivée à 17h sur la zone il lui était cependant impossible de s’approcher à cause d’un problème de moteur. 3 autres concurrents avaient alors été déroutés par la direction pour porter secours au skipper en détresse.

Essayant tant bien que mal de réparer son moteur, Jean Le Cam avait perdu tout contact visuel avec son compatriote. Les espoirs reposaient donc sur Boris Herrmann et Sébastien Simon respectivement attendus sur la zone à 21h45 et 23h.

Mais à 1h15, la direction de course décide de renvoyer Jean Le Cam à une position enregistrée par la balise de détresse et correspondant à une simulation de dérive de Météo France. Il n’a cependant trouvé personne et a donc repris sa route au sud.

C’est finalement après 45 minutes, debout sur le pont de son bateau, que le skipper aperçoit un signal lumineux : “A ce moment là tu passes du désespoir au truc de dingue !”. La direction le voit alors disparaitre de son écran mais elle l’entend parler : « On ne voyait plus personne » indique Jacques Caraës. Soulagement, Jean réapparaît, à 2h06, avec Kevin à ses cotés en combinaison de survie.

« Ils sont apparus quelques secondes en forme tous les deux avant que la vidéo ne coupe. Il va bien. Tout le monde va bien. Ils se remettent ! » explique le directeur de course.

Lors d’un échange vidéo vers 5h du matin, Kevin Escoffier est revenu sur l’incident qu’il vient de vivre : « Vous voyez les films sur naufrages ? Là c’était pareil, en pire ». 

Le Cam et PRB l’histoire se répète

Dans son échange avec la direction de course et son team PRB, Escoffier raconte : « Quand je me suis retrouvé à bord avec Jean, je lui ai dit : “Je te nique ta course, tu faisais une super course”. Il m’a répondu : “Ce n’est pas grave. La dernière fois, c’est moi qui avais mis à plat la course de Vincent”. »

C’est en effet en janvier 2009, sur le Vendée Globe, qu’après avoir chaviré, Jean Le Cam avait été secouru au large du Cap Horn par Vincent Riou. Ce dernier portait alors les couleurs de PRB.

12ans après, Jean Le Cam est passé de sauvé à sauveteur.

Aucun regret mais des incompréhensions

« C’est surréaliste ce qui s’est passé. Le bateau s’est replié sur lui-même dans une vague à 27 nœuds. J’ai entendu un crac mais honnêtement, il n’y avait pas besoin du bruit pour comprendre. J’ai regardé l’étrave, elle était à 90°. En quelques secondes, il y avait de l’eau partout. »

Escoffier s’est alors retrouvé avec l’arrière de son bateau sous l’eau et l’étrave qui pointait vers le ciel. 2 minutes seulement se sont écoulées entre le moment où le skipper réglait ses voiles sur le pont et où il a enfilé sa TPS (combinaison de survie).

« Je n’ai rien eu le temps de faire. J’ai juste pu envoyer un message à mon équipe “Je coule. Ce n’est pas une blague. MAYDAY”. » raconte le skipper.

Il avait notamment renforcé son bateau avec 200kg de carbone pour ce Vendée Globe.

« Pour l’instant, je n’ai aucune idée pour la suite. On va voir avec la direction de course. Là, j’ai bien dormi deux heures, me suis reposé, j’ai mangé. J’ai fait tout ce que j’ai pu pour le bateau. Je l’avais renforcé, j’ai tout fait, je n’ai pas de regret par rapport à ce que j’ai fait ».

Hermine LEFEBVRE

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