Nous suivre sur

Cyclisme

Portrait d’un grand dirigeant : Vincent Lavenu

Vincent Lavenu, né le 12 janvier 1956 à Briançon dans les Hautes-Alpes est un ancien coureur cycliste professionnel de 1983 à 1991. Depuis 1992, il est directeur sportif et maintenant manager de l’équipe AG2R La Mondiale, anciennement appelée Casino et AG2R Prévoyance.

Du point de vue sportif, autrement dit de sa carrière en tant que coureur professionnel, il a participé à une seule reprise au Tour de France ayant terminé à la 65ème place.  Modeste coureur, passé professionnel à 27 ans, il a été équipier modèle tout en s’illustrant notamment sur la Route du Sud en s’imposant sur une étape.

Vincent Lavenu en 1986 à la Miko – Carlos / Crédit memoire-du-cyclisme

Une de ces plus grandes réussites est depuis 1992 en se créant son parcours sportif au sein de la même structure. L’équipe AG2R a changé de nom avec les partenaires Chazal, puis Petit Casino, Casino ou encore AG2R Prévoyance. Elle se nomme aujourd’hui AG2R La Mondiale et rayonne dans la catégorie World Tour, la crème de la crème, avec Romain Bardet dans le rôle “d’égérie”.

Quand il parle de sa fonction, Vincent Lavenu se décrit comme un « entrepreneur . Notre monde, c’est le sport de haut niveau, bien sûr. Mais avant tout cela, il y a la gestion d’une entreprise, des hommes et des finances » a-t-il déclaré sur le site de sa formation en 2011. Diplômé d’un BEP en comptabilité, il se trouve ainsi à la tête d’une PME de 70 salariés basée à La Motte-Servolex, à côté de Chambéry, et dotée d’un budget de 15 millions d’euros à ce jour.

« La première mission d’un manager d’équipe cycliste est de gérer correctement son entreprise en veillant à son bon fonctionnement. Il doit gérer à la fois l’aspect sportif avec les coureurs, mais il doit également faire en sorte que le travail fourni par l’encadrement soit le meilleur possible. Un manager doit faire son maximum pour optimiser le travail de ses troupes (sic) et mener ainsi à bien la mission fixée par son partenaire, à savoir gagner des courses et véhiculer les valeurs de l’entreprise, poursuivait-il.

Dans la course, le manager ou le directeur sportif doit faire en sorte d’exploiter au mieux les forces en présence en établissant des stratégies. La sincérité dans le management est selon moi une qualité indispensable pour être un bon directeur sportif. Il faut savoir rester maître de ses émotions mais ne pas les occulter pour autant. Par ailleurs, évoluer dans le monde cycliste génère de la fatigue, des angoisses, du stress etc…Le directeur sportif est là pour guider les coureurs et l’encadrement malgré toutes ces difficultés ».

Pour l’instant, son plus grand regret est de ne pas avoir réussi à gagner le Tour de France avec sa formation. En 2014, Jean-Christophe Péraud a terminé deuxième, imité par Romain Bardet en 2016. « Il ne faut pas le cacher, gagner un Tour de France, c’est ce vers quoi on tend tous, reconnaissait Vincent Lavenu sur le quotidien La-Croix. On sait très bien qu’il y a une attente incroyable. Je ne sais pas quand, mais un Français va y arriver. Cette année, l’an prochain, dans trois ans ou dans cinq ans. »

 

Le rapport de Vincent Lavenu avec ses coureurs

 

Lavenu ne peut retenir son émotion lors du Tour de France 2014 de Jean-Christophe Péraud / Crédit AG2R La Mondiale

 

« De bons rapports j’espère (rires) ! Il y a toujours de la part des coureurs une sorte de crainte vis-à-vis du manager. Il est normal qu’ils respectent leur dirigeant mais je ne suis pas là pour entretenir cette crainte et j’essaie d’instaurer avec eux une relation basée sur l’écoute et le respect. D’autre part, le cyclisme est un sport dans lequel l’affectif joue un rôle important et cela est certainement lié à sa difficulté. Cet aspect « affectif » doit être conservé car il aide à ce que la mayonnaise prenne (sic) et à ce que les résultats suivent. En résumé, je dirais que les rapports manager/coureurs naviguent entre fermeté, respect et affection. Tout cela est nécessaire à la réussite sportive, résumait Vincent Lavenu sur le site de sa formation en 2011.

Ma fierté, c’est d’avoir réussi à maintenir une équipe de haut niveau pendant tout ce temps dans un univers très concurrentiel et d’avoir fédéré des partenaires dans la durée, ce n’est pas évident dans notre monde, reprenait Vincent Lavenu. On existe depuis longtemps parce qu’on a su créer des liens forts, qui sont sportifs et économiques ».

Et son secret à lui pour durer ? « La passion, tout simplement, répond Vincent Lavenu. C’est un métier très chronophage, extrêmement prenant. Mais je vis dans le milieu que j’aime. Chaque matin quand je me lève, je n’ai pas l’impression de travailler, même si je suis très fatigué le soir quand je me couche. Mon directeur sportif Julien Jurdie le répète souvent aux coureurs : “Vous faites le plus beau métier du monde, soyez-en conscients”. Moi, j’en suis conscient tous les jours », expliquait le natif de Briançon toujours sur La-Croix.

Nous pouvons conclure en disant que Vincent Lavenu vit de sa passion pour le cyclisme et le fait transmettre de la meilleure façon à ses coureurs. Il se doit également de rester légitime pour prendre lui-même les décisions les plus appropriées pour l’équipe, mais aussi pour performer au plus haut niveau.

Théo Carlu

A lire aussi :

Une récolte record pour Miguel Angel Lopez

A découvrir

Plus d'infos dans la rubrique Cyclisme