Lundi 3 décembre 2018 restera gravé dans les annales du football mondial. La grande salle du Grand Palais à Paris a vibré au rythme d'une soirée historique, celle de la remise du Ballon d'Or organisée par le magazine L'Équipe. Au-delà des trophées masculins habituels, c'est une page nouvelle qui s'est tournée ce soir-là avec la création de la première édition du Ballon d'Or féminin, symbole fort de l'évolution du football et des mentalités au sein du sport mondial.
Ada Hegerberg, une pionnière couronnée
C'est la Norvégienne Ada Hegerberg, attaquante de l'Olympique Lyonnais, qui a eu l'honneur d'inscrire son nom en lettres d'or dans l'histoire de ce trophée centenaire. Meilleure buteuse de la Ligue des Champions féminine à de nombreuses reprises, Hegerberg incarne à elle seule l'excellence du football féminin moderne. Son sacre est également une fierté immense pour le championnat de Ligue 1 féminine française, qui confirme son statut de référence européenne. À seulement 23 ans, la joueuse norvégienne s'impose comme la reine incontestée du football mondial, portée par des performances aussi régulières que spectaculaires sous le maillot lyonnais.
Une cérémonie ternie par une polémique inattendue
Pourtant, ce moment historique a failli être éclipsé par un incident aussi regrettable que révélateur. Sur scène, le DJ et animateur français Martin Solveig, chargé de remettre l'atmosphère festive à la soirée, a commis une maladresse incompréhensible en demandant à Ada Hegerberg de faire un twerk devant le parterre de personnalités du monde du football. Une blague déplacée qui a immédiatement suscité l'indignation des observateurs et des acteurs du milieu sportif, hommes et femmes confondus. Si Martin Solveig a rapidement présenté ses excuses, affirmant que sa question n'était qu'une plaisanterie sans arrière-pensée, le mal était fait. Sur les réseaux sociaux, la polémique a enflé en quelques heures, rappelant que les combats pour l'égalité dans le sport et le respect des athlètes féminines sont loin d'être gagnés.
Le football féminin, enfin sous les projecteurs
Au-delà de la polémique, cette soirée aura surtout mis en lumière l'importance croissante du football féminin sur la scène internationale. La France, pays hôte de la prochaine Coupe du Monde féminine 2019, se devait d'envoyer un signal fort en célébrant ses meilleures ambassadrices. La création de ce Ballon d'Or féminin répond à une attente légitime et constitue une avancée symbolique majeure pour toutes les joueuses professionnelles qui évoluent dans l'ombre de leurs homologues masculins. Ada Hegerberg, malgré les incidents de la soirée, a choisi la dignité et l'élégance, refusant de laisser une maladresse ternir un sacre qu'elle a amplement mérité sur le terrain. Son trophée appartient désormais à toutes celles qui, chaque jour, se battent pour hisser le football féminin à la hauteur qu'il mérite.



