Après le 5-0 infligé par Lens, le SCO d'Angers a arraché un nul 0-0 face à l'OL. Alexandre Dujeux salue la réaction de ses joueurs.
Un point. Rien qu'un point, mais il a la valeur d'un symbole. Après la correction reçue à Bollaert le 15 mars dernier — cinq buts encaissés, zéro réponse — le SCO Angers est revenu sur le terrain du Raymond-Kopa avec une seule idée en tête : ne plus jamais subir comme ça. Le 0-0 arraché face à l'Olympique Lyonnais ce dimanche n'est pas le résultat le plus spectaculaire de la journée, mais pour Alexandre Dujeux, il sonne comme une victoire morale. Et dans les vestiaires angevins, on ne s'en cache pas.
Dujeux, l'homme qui a réparé les dégâts de la trêve
Cinq buts encaissés en un seul match, c'est une blessure qui ne se referme pas en deux semaines de trêve internationale. Elle se voit dans les têtes, dans les postures à l'entraînement, dans les regards échangés pendant les causeries. Alexandre Dujeux le sait mieux que quiconque. À en croire l'entourage du staff angevin, le technicien a mis les points sur les i dès la reprise : Lens était derrière eux, Lyon serait devant eux, et la seule question qui vaille, c'est de savoir comment on répond.
La réponse, elle est venue sous forme de bloc. Angers a souffert, tenu, repoussé. Face à un OL qui restait sur une dynamique positive en championnat, les Angevins ont aligné leur quatrième clean sheet en Ligue 1 cette saison — un chiffre qui témoigne d'une solidité défensive réelle quand le collectif tourne. Ce n'est pas un hasard. C'est le fruit d'une organisation que Dujeux a martelée pendant toute la semaine de préparation. Après le match, le coach angevin n'a pas masqué sa satisfaction. « On a répondu présents, et c'est ça qui compte », a-t-il glissé en zone mixte, selon nos informations.
Ce nul a aussi une vertu arithmétique. Dans la course au maintien, chaque point arraché à domicile face à un club huppé comme Lyon prend une dimension particulière. Les matches contre le bas de tableau restent cruciaux, mais tenir tête aux gros — même sans marquer — envoie un message à tout le classement.
Lyon neutralisé, mais pas dépassé — l'équilibre précaire d'un 0-0 qui raconte beaucoup
Du côté lyonnais, on repart avec un sentiment mitigé. L'OL n'a pas démérité, mais il n'a pas non plus réussi à percer une défense angevine qui a livré, collectivement, l'un de ses meilleurs matchs de la saison. Alexandre Lacazette et ses coéquipiers ont eu le ballon, ont construit, mais se sont heurtés à un mur organisé avec méthode. Les occasions lyonnaises ont manqué de tranchant dans la surface, et le gardien angevin a tenu sa cage sans avoir à sortir un arrêt décisif — ce qui, paradoxalement, illustre à quel point le bloc bas du SCO a fonctionné.
Pour Pierre Sage, l'entraîneur rhodanien, ce point pris à l'extérieur n'est pas un drame, mais il ralentit une marche en avant que l'OL cherche à transformer en habitude. Lyon reste dans le ventre mou d'un classement de Ligue 1 où rien n'est encore joué pour personne, ni dans le haut, ni dans le bas. Le Raymond-Kopa, atmosphère compressée, public à cran après Lens, n'était pas une visite de santé. Sage le savait. Son équipe n'a pas su en faire les frais.
Ce match aura aussi mis en lumière un facteur souvent sous-estimé dans le football français : la valeur du collectif face au talent individuel. L'OL dispose d'un effectif plus clinquant sur le papier, mais Angers, en reniant tout individualisme, a su rendre la partie insoluble. Onze contre onze qui courent pour onze. Vieux principe, toujours efficace.
Angers ne joue plus pour survivre — il joue pour exister
Voilà peut-être le vrai tournant de ce 0-0. Pas le résultat brut, mais ce qu'il révèle sur l'état d'esprit d'une équipe qui aurait pu s'effondrer après Lens. Cinq buts encaissés, c'est le genre de score qui fracture des vestiaires, qui divise, qui fait naître les doutes et les critiques internes. Ça n'a pas été le cas à Angers, selon nos informations. La semaine de trêve a servi à reconstruire, à ressouder, à rappeler pourquoi tout le monde est là.
Alexandre Dujeux incarne ce projet avec une constance que ses joueurs semblent avoir intégrée. À 36 ans, le coach angevin n'est pas un homme de grandes déclarations. Il est un homme de travail, de quotidien, de détails. Et ce dimanche, les détails ont fait la différence. Angers n'a pas pris le jeu à la gorge, mais il ne l'a jamais lâché non plus. Il y a une nuance, et elle est essentielle.
La Ligue 1 reprend ses droits avec une intensité croissante à mesure qu'approche la fin de saison. Angers, avec ce point glané face à l'OL, envoie un signal clair : le SCO n'est pas une équipe qui se couche. Il faudra venir les chercher, les bousculer, et encore — rien n'est garanti. Pour le calendrier à venir, les Angevins auront besoin de reproduire ce niveau d'engagement, de discipline, de sacrifice collectif. Si Dujeux parvient à maintenir cette cohésion dans les semaines décisives, le maintien ne sera pas une question — ce sera une certitude. Mais dans un championnat où rien ne se donne, tout reste à jouer.