Bukayo Saka et Jurriën Timber sont forfaits pour le huitième de finale retour de Ligue des Champions contre le Sporting CP. Arsenal doit absolument réagir après son élimination en FA Cup.
Trois jours après avoir encaissé l'humiliation de la FA Cup, Arsenal n'a pas le luxe de broyer du noir. Mardi soir à l'Emirates Stadium, les Gunners retrouvent la scène européenne pour un huitième de finale retour de Ligue des Champions face au Sporting CP. Sauf que Mikel Arteta devra composer sans deux de ses hommes les plus précieux : Bukayo Saka et Jurriën Timber sont forfaits. Un double coup dur qui tombe au pire des moments.
Saka et Timber sur le flanc, Arteta contraint de réinventer son onze
Bukayo Saka, c'est le poumon droit d'Arsenal. Sa capacité à éliminer sur l'aile, à combiner, à peser sur les défenses adverses en fait l'un des éléments les plus irremplaçables de l'effectif londonien. Son absence prive Arteta d'un joueur qui a pesé sur 23 rencontres cette saison entre buts et passes décisives toutes compétitions confondues. Pas anodin, à ce stade de la compétition.
À ses côtés dans la liste des absents, Jurriën Timber. Le défenseur néerlandais, arrivé de l'Ajax Amsterdam à l'été 2023 et qui a mis si longtemps à se remettre de sa grave blessure au genou, s'est imposé cette saison comme un titulaire indiscutable dans le couloir droit défensif. Sa polyvalence, sa capacité à presser haut et à couvrir les espaces dans le dos font de lui bien plus qu'un remplaçant de luxe. Sans lui, la gestion de la largeur droite devient un casse-tête tactique réel pour le technicien espagnol.
L'entraîneur des Gunners devra donc remodeler son système, trouver des alternatives crédibles, sans déséquilibrer un bloc qui doit absolument défendre sérieusement à domicile. Parce que l'enjeu est immense.
Un aller difficile à Lisbonne, une élimination en FA Cup dans les pattes
Retour en arrière. Le match aller disputé à Lisbonne a laissé Arsenal dans une position inconfortable. Le résultat ne leur laisse pas de marge d'erreur à domicile, dans un duel contre un Sporting CP qui n'a pas fait le voyage à l'Emirates pour faire de la figuration. Le club portugais, entraîné par Rúben Amorim avant son départ fracassant pour Manchester United en cours de saison, a su développer une identité forte et un collectif bien huilé qui continue de fonctionner sous son successeur.
Et Arsenal arrive dans ce rendez-vous avec une plaie fraîche. Leur élimination en FA Cup, concédée quelques jours plus tôt, a laissé des traces. Psychologiquement, les Gunners doivent puiser dans leurs ressources mentales pour ne pas traîner le poids de cette défaite jusqu'au coup d'envoi mardi soir. En Premier League, le titre s'éloigne également, avec Manchester City et Liverpool qui maintiennent la pression. La Ligue des Champions devient alors peut-être le dernier grand défi de la saison pour Arteta et ses hommes.
C'est dans ce contexte chargé, tendu, que l'Emirates devra vibrer. Mikel Arteta en a fait une forteresse cette saison, mais les absences s'accumulent et la fatigue, physique comme mentale, commence à se lire sur les organismes.
Une qualification en quarts ou la fin d'une saison européenne prometteuse
L'enjeu est limpide. Passer en quarts de finale de Ligue des Champions serait un signal fort envoyé à toute l'Europe. Arsenal n'a plus atteint ce stade de la compétition depuis des années, et ce retour au premier plan continental était attendu avec une impatience mêlée de fébrilité côté nord de Londres.
Sans Saka pour déstabiliser la défense adverse et sans Timber pour sécuriser le couloir droit, Arteta va devoir faire preuve d'inventivité. Leandro Trossard pourrait hériter d'un rôle élargi sur l'aile. Gabriel Martinelli devra hausser son niveau d'intensité. Et des profils comme Emile Smith Rowe ou Fabio Vieira, s'ils sont disponibles et appelés, pourraient grappiller du temps de jeu dans un système forcément retouché.
En face, le Sporting CP dispose d'arguments sérieux. Viktor Gyökeres, le buteur suédois aux statistiques affolantes — plus de 30 buts toutes compétitions confondues cette saison — sera l'homme à surveiller de près. Si la défense centrale d'Arsenal, emmenée par William Saliba et Gabriel Magalhães, devra montrer sa solidité légendaire, les latéraux devront eux aussi être impeccables pour ne pas lui offrir d'espaces dans la profondeur. Une seule distraction, et le Sporting peut faire très mal.
Le scénario idéal pour Arsenal ? Marquer tôt, rassurer le stade, et s'appuyer sur l'atmosphère de l'Emirates pour faire la différence. Le club londonien a les ressources humaines et tactiques pour passer ce tour, mais mardi soir, chaque détail comptera double. Les absences sont réelles, les cicatrices récentes, et la marge d'erreur nulle.
Reste à voir si Arteta saura, une nouvelle fois, transformer la contrainte en force. Les grands entraîneurs se révèlent toujours dans les nuits où tout semble se liguer contre eux. Cette saison pourrait bien basculer sur 90 minutes à l'Emirates.