Quatre jours après avoir maîtrisé le Sporting en C1, Arsenal s'est incliné en Premier League face à Bournemouth. Rice et Zubimendi ont sombré.
Quatre jours. C'est le temps qu'il a fallu aux Gunners pour passer du statut de prétendant sérieux à la Ligue des Champions à celui d'équipe qui s'effondre sur sa propre pelouse face à Bournemouth. Samedi, les hommes de Mikel Arteta ont rendu une copie catastrophique en Premier League, et deux noms reviennent en boucle dans les couloirs de l'Emirates Stadium pour expliquer le naufrage : Declan Rice et Martin Zubimendi.
Pourquoi l'entrejeu d'Arsenal a-t-il complètement dysfonctionné contre Bournemouth ?
Le milieu de terrain, c'est le cœur battant d'Arsenal depuis deux saisons. C'est là que tout se construit, que le pressing se déclenche, que les transitions s'organisent. Ce samedi, ce cœur a lâché.
Declan Rice, international anglais recruté 116 millions d'euros à l'été 2023, a livré l'une de ses pires prestations depuis son arrivée dans le nord de Londres. Trop lent dans ses transmissions, absent dans les duels, il s'est fait dépasser physiquement par un Bournemouth pourtant réputé pour son jeu direct plutôt que sa maîtrise technique. À en croire l'entourage du joueur, une légère gêne musculaire aurait pu peser sur ses sensations, mais rien n'a filtré officiellement du côté d'Arsenal avant la rencontre.
Martin Zubimendi, lui, a confirmé les inquiétudes de ceux qui doutaient de son adaptation au rythme de la Premier League. L'Espagnol, arrivé cet été en provenance de la Real Sociedad, a semblé perdu dans l'intensité du match. Ses contrôles trop appuyés, ses pertes de balle dans les zones dangereuses ont offert plusieurs contres à des Cherries qui n'en demandaient pas autant. Trois pertes de balle directement convertibles en danger pour son équipe, selon nos informations — un bilan indigent pour un joueur censé structurer le jeu londonien.
Le duo censé incarner la solidité du milieu d'Arsenal a, ce jour-là, incarné l'exact inverse. Et Mikel Arteta n'avait visiblement pas de solution sur son banc pour renverser la tendance.
Est-ce que Mikel Arteta a pris les bonnes décisions tactiques face aux Cherries ?
La question mérite d'être posée franchement. Arteta a maintenu son système habituel, ce 4-3-3 qui a fait la force des Gunners ces dernières années. Sauf qu'en face, Andoni Iraola — l'entraîneur basque de Bournemouth, passé par Rayo Vallecano et Bilbao avant de s'installer dans le top 10 de Premier League — avait préparé quelque chose de précis. Ses milieux ont saturé l'espace central, privant Rice et Zubimendi de leurs zones de confort habituelles.
Arteta a attendu. Trop longtemps selon certains observateurs présents à l'Emirates. Les changements sont arrivés tardivement, quand le match était déjà plié psychologiquement. Arsenal n'a cadré que deux frappes en première période — un chiffre qui traduit mieux que n'importe quel discours l'impuissance offensive des Londoniens.
Ce qui frappe aussi, c'est l'absence de réaction collective. Bukayo Saka, d'ordinaire capable de faire basculer une rencontre à lui seul, est resté muet. Gabriel Martinelli a tenté quelques accélérations sans trouver le bon dernier geste. Et devant, Kai Havertz s'est retrouvé isolé, coupé du jeu par le pressing haut de Bournemouth. Selon nos informations, l'ambiance dans le vestiaire après le match était particulièrement lourde — Arteta a pris la parole longuement, insistant sur les erreurs individuelles accumulées.
Le technicien espagnol devra répondre à une vraie question lors de sa prochaine conférence de presse : est-ce que Zubimendi est vraiment prêt à enchaîner les matchs à ce niveau d'intensité, ou faut-il le ménager pour lui laisser le temps de s'adapter ?
Ce revers remet-il vraiment Arsenal en danger dans la course au titre ?
Pas encore. Mais la tendance inquiète. Arsenal restait sur un élan positif en Ligue des Champions, avec une victoire maîtrisée face au Sporting CP qui avait redonné de la confiance à tout un groupe. Ce revers en championnat rappelle une vérité cruelle : la régularité, c'est le vrai marqueur des équipes championnes.
Manchester City, Liverpool, Chelsea — tous les rivaux directs des Gunners observent ce faux pas avec attention. À en croire l'entourage du club, personne ne tire la sonnette d'alarme en interne, mais tout le monde sait que ce type de contre-performance face à une équipe de milieu de tableau ne peut pas se répéter si Arsenal veut rester dans la course au titre en mai.
Les chiffres ne mentent pas : chaque fois qu'Arsenal a enchaîné deux défaites en Premier League lors des deux dernières saisons, les Gunners ont mis plus de six matchs à retrouver leur meilleur niveau. Un cycle que le club ne peut pas se permettre sur une saison aussi dense, avec la C1 qui reprendra ses droits dans quelques semaines.
La hiérarchie du milieu de terrain devra aussi être repensée. Thomas Partey, dont le contrat expire en juin, reste une option en cas de coup dur. Mais à 31 ans et avec un historique de blessures, miser sur lui comme roue de secours serait un pari risqué. Arteta le sait.
Arsenal reçoit Crystal Palace la semaine prochaine avant un déplacement européen qui s'annonce délicat. Les deux prochaines semaines diront beaucoup sur la capacité des Gunners à rebondir — et sur la vraie valeur de cette version 2024-2025 de l'équipe. Pour Rice comme pour Zubimendi, c'est une occasion de répondre sur le terrain. Parce qu'en Premier League, les contre-performances de ce calibre ne restent jamais longtemps sans réponse.