Défaite 0-2 face à l'Atlético en quart de Ligue des Champions, le Barça est dos au mur. Hansi Flick monte au créneau pour protéger Lamine Yamal.
Le Camp Nou a vécu une soirée cauchemardesque. Battu 0-2 par l'Atlético de Madrid dans son propre stade lors du quart de finale aller de la Ligue des Champions, le FC Barcelone se retrouve dans une situation qu'il n'avait pas anticipée. Dos au mur avant le match retour à Madrid, les Catalans doivent maintenant renverser une montagne pour se qualifier. Et au lendemain de cette débâcle, un homme a tenu à prendre la parole pour éteindre les critiques naissantes visant sa pépite : Hansi Flick.
Flick ne lâche pas son prodige, quoi qu'il arrive
L'entraîneur allemand du Barça l'a dit clairement, sans détour. Lamine Yamal n'est pas à blâmer pour ce revers humiliant. À seulement 17 ans, le prodige catalan est souvent désigné comme le sauveur ou le bouc émissaire selon les résultats — deux rôles que Flick refuse catégoriquement de lui faire endosser après une défaite aussi lourde de conséquences.
Ce soutien n'est pas anodin. Depuis le début de la saison, Yamal est le joueur le plus scruté du championnat espagnol, peut-être même d'Europe. Ses 14 buts et passes décisives toutes compétitions confondues font de lui une référence absolue à son âge, un talent générationnel que le Barça s'est appliqué à protéger des projecteurs les plus brûlants. Flick, lui, n'a jamais cédé à la tentation de le mettre sous pression excessive. Même ce mercredi soir, alors que le vestiaire barcelonais pansait ses plaies, l'Allemand a choisi la même ligne : Yamal est intouchable dans sa relation avec son staff, peu importe ce que disent les résultats.
C'est là toute la philosophie de Flick. Le technicien qui avait emmené le Bayern Munich au triplé historique en 2020 connaît le prix d'une confiance accordée sans condition à ses joueurs clés. Et il ne va pas changer de méthode sous la pression d'une soirée noire en C1.
Une défaite qui pose de vraies questions sur le Barça européen
Le problème, c'est que la réalité des chiffres est implacable. Zéro but marqué à domicile contre l'Atlético. Deux buts encaissés. Un bilan offensif catastrophique pour une équipe qui tourne à plus de 2,5 buts par match en Liga cette saison. L'écart entre les performances domestiques et européennes du Barça commence à interroger sérieusement.
Face à Diego Simeone et sa défense de fer — une des rares équipes d'Europe à concéder moins d'un but par match en Ligue des Champions cette saison —, les Blaugrana ont semblé dépassés tactiquement. Le pressing haut que Flick affectionne s'est retourné contre les siens, offrant des espaces létaux aux contre-attaques madrilènes. Robert Lewandowski, isolé, n'a jamais pesé. Pedri a disparu en seconde période. Et Yamal, pourtant le plus remuant des Catalans, n'a pas réussi à créer le surnombre espéré sur son côté droit.
C'est précisément pour ça que Flick a tenu à désamorcer la polémique avant qu'elle n'enfle. Dans ce genre de soirée, la presse cherche un responsable. Le plus jeune, le plus visible, le plus attendu est toujours la cible la plus facile. L'entraîneur barcelonais l'a compris et a coupé court.
Reste que le Barça a maintenant une équation impossible à résoudre au Metropolitano : gagner, et pas qu'un peu. Avec un seul but d'avance, le Barça serait éliminé si l'Atlético marque. Il faut donc au minimum deux buts d'écart en faveur des Catalans à Madrid pour se qualifier sans passer par les prolongations. Une mission que le Barça n'a accomplie en déplacement contre l'Atlético que deux fois lors des dix dernières confrontations directes.
Le Metropolitano comme seul horizon, la pression comme seul carburant
Ce retournement de situation brutal change tout à l'économie de la saison barcelonaise. En Liga, le Barça reste dans la course au titre, collé au Real Madrid dans un championnat haletant. Perdre en quart de finale de la Ligue des Champions serait un camouflet pour un club qui s'est reconstruit sportivement et financièrement autour de l'ambition européenne retrouvée.
Pour Flick, la gestion de l'après-match est aussi importante que la préparation du retour. Montrer que le collectif tient, que Lamine Yamal reste le joueur libéré et confiant qu'il est depuis le début de saison, que la défaite ne fracture pas le groupe — c'est là le vrai chantier des prochains jours. Et l'Allemand l'a bien compris en prenant la parole publiquement pour couper les spéculations.
Car l'enjeu dépasse le simple quart de finale. Yamal représente l'avenir du projet catalan pour les dix prochaines années au minimum. Sa valeur marchande a explosé pour atteindre des sommets rarement vus pour un joueur de son âge — certaines estimations le placent déjà au-dessus des 250 millions d'euros. Le Barça ne peut pas se permettre que son joueur le plus précieux parte au retour de Ligue des Champions avec des doutes plein la tête.
Flick joue donc sur plusieurs tableaux à la fois : manager du présent, gardien de l'avenir. La conférence de presse d'après-match était un signal autant qu'une défense. Un message envoyé au vestiaire, aux supporters et aux médias espagnols qui, eux, ne seront pas aussi tendres si le Barça venait à plier au Metropolitano.
Ce Barça version Flick a montré des choses enthousiasmantes depuis le début de saison. Mais les grandes équipes se révèlent dans les matches qu'elles ne peuvent pas se permettre de perdre. Le retour à Madrid sera le vrai test de maturité — pour le collectif, pour l'entraîneur, et pour un Lamine Yamal qui aura l'occasion idéale de transformer la polémique éteinte par son coach en chef-d'œuvre personnel.