Hasan Salihamidžić révèle les tractations secrètes du Bayern pour Mbappé et Haaland. Des approches qui n'ont jamais abouti mais qui montrent l'ambition démesurée des Bavarois.
Le Bayern Munich aurait pu être le théâtre d'une révolution offensive. Hasan Salihamidžić, ancien directeur sportif du géant bavarois, vient de soulever le voile sur des négociations restées confidentielles. Mbappé, Haaland, des noms qui résonnent comme des what-if historiques. Des échecs cinglants aussi pour le club qui dominait l'Allemagne mais peinait à rivaliser au plus haut niveau européen.
Quand le Bayern visait les deux plus grosses pointures du mercato
Salihamidžić ne mâche pas ses mots dans son entretien accordé à Sport1. Le successeur de Matthias Sammer au poste de directeur sportif a confirmé que le Bayern n'a pas hésité à frapper à la porte de Kylian Mbappé. À l'époque où le Français était considéré comme l'une des plus grandes promesses mondiales, avant son transfert au Paris Saint-Germain en 2017, les Bavarois ont sondé le terrain. Insuffisant pour convaincre la pépite monégasque de délaisser la Ligue 1 pour la Bundesliga.
Erling Haaland, lui, incarnait une autre quête : celle du 9 moderne, capable de transformer chaque occasion en or. Le buteur norvégien représentait exactement ce que le Bayern cherchait après les départs de Robert Lewandowski et les pépins physiques de ses autres attaquants. Une piste qui s'est volatilisée, submergée par la concurrence féroce de Manchester City et du Paris Saint-Germain. Deux signatures manquées qui auraient redessiné la hiérarchie continentale.
Ces révélations tombent à point nommé. Le Bayern, qui a investi plus de 100 millions d'euros lors des trois derniers mercatos, continue de lutter pour retrouver sa suprématie européenne. Salihamidžić, qui a dirigé les destinées sportives du club de 2012 à 2022, savait pertinemment que l'avenir du football passait par l'accaparement des plus grands talents précoces.
Les ratés d'une politique de recrutement trop ambitieuse
Le constat s'impose : le Bayern a trop souvent visé trop haut sans ajuster sa stratégie aux réalités du marché. Alors que PSG et Manchester City sortaient le chéquier sans compter, Munich misait sur sa réputation, son prestige et sa capacité à convaincre. Une approche qui s'avérait de moins en moins efficace face à des caisses gonflées par la géopolitique du pétrole et du gaz.
Les années 2015-2020 ont marqué un tournant. Le Bayern dominait la Bundesliga avec une aisance déconcertante — huit titres en neuf ans — mais échouait régulièrement en Ligue des champions. Cette dissonance révélait une faille : la difficulté à compenser l'absence de grandi nomi dans l'effectif par une cohésion tactique seule. Lewandowski, déjà, incarnait presque à lui seul l'équilibre offensif du projet. Sa prolongation était vitale, mais elle ne suffisait pas.
Salihamidžić aurait voulu transformer cette équipe sans lui. Pari perdu. Les tentatives pour rapatrier David Alaba ont fonctionné, mais elles se sont aussi accompagnées de ratés retentissants. Le départ du directeur sportif en 2022 symbolisait l'épuisement d'une vision. Les Bavarois ont appris, tardivement, qu'on ne construit pas un empire européen en croyant que la marque suffit.
Ce que le Bayern aurait pu être avec Mbappé et Haaland
Imaginez l'histoire. Mbappé et Haaland sous le maillot bleu ciel et blanc. Deux phénomènes à leur apogée, complètes offensifs d'une rare dimension. La Bavière aurait tranché la Ligue des champions entre 2018 et 2023 comme du beurre chaud. Au lieu de cela, City a gobé Haaland, le PSG a construit un projet autour de Mbappé, et Munich a continué à tourner ses matchs de Bundesliga avec maestria mais sans récréer l'aura des années Robbery-Lewandowski.
Ce que révèle Salihamidžić, c'est surtout l'existence d'une stratégie ambitieuse qui s'est heurtée aux lois implacables du marché moderne. Ni riche comme les pétromonarchies, ni capable de promettre le projet le plus séduisant, le Bayern a dû se contenter de son excellence sportive organisationnelle. Pas suffisant face à de rivaux prêts à incarner le futur.
Les Bavarois continuent pourtant. Avec des hommes comme Serge Gnabry, Leroy Sané et une jeunesse à peine écrite, le club travaille à sa résurrection. Mais ces aveux de Salihamidžić sonnent comme un hymne aux chemins non pris, à ces transferts qui auraient basculé le football européen. Le Bayern savait où était son avenir. Il n'a pas su le saisir.