Nous suivre sur

Football

#BilanLiga – Que faut-il retenir ?

Alors que les saisons s’achèvent dans toute l’Europe, c’est désormais l’heure du bilan. Que faut-il retenir de l’autre côté des Pyrénées ?

 

Le Bilan Comptable

 

Au terme des 38 journées de championnat, le Real Madrid a été sacré champion d’Espagne après 2 années consécutives de succès catalan. Le FC Barcelone se contente de la place de dauphin alors que l’Atletico Madrid prend la troisième place du podium. Le FC Séville, quatrième, est le dernier club qualifié pour la Ligue des Champions. Le sous-marin jaune, récemment repris par Unaï Emery, participera à l’Europa League tout comme la Real Sociedad et peut-être Grenade, si le promu passe à travers les balles lors des phases qualificatives de la compétition.

 

En bas du classement, Leganes, Majorque et l’Espanyol Barcelone sont les grands perdants de la saison et sont donc relégués en seconde division. Leader de LaLiga2, Huesca fera son retour dans l’élite. L’emblématique club espagnol de Cadix fera lui aussi son retour en Liga après 14 ans d’absence. Les barrages d’accessions dans l’élite ont été reportés après plusieurs cas positifs relatés au sein du club du Real Saragosse. Les 3 autres clubs candidats à la montée sont Elche, Almeria ainsi que Gerone.

 

Les Dynamiques Respectives

 

L’ensemble de la planète football semble être du même avis sur la qualité de la saison 2019/2020 du côté de l’Espagne. Une saison jugée décevante par rapport à celles des années précédentes.

 

Real Madrid – Le retour de Zinedine Zidane à la tête des Merengue est un franc succès avec un énième trophée ajouté au palmarès du Real Madrid. Néanmoins, cette seule lecture de la saison serait une bien courte analyse de la situation. En effet, les Madrilènes ont vécu une première partie de saison désastreuse avec en point d’orgue la cuisante défaite au Parc des Princes, 3-0. Les récentes recrues ont mis du temps à s’intégrer au groupe et ont pesé dans les mauvaises performances du Real Madrid. Symbole de ce démarrage en côte ? Le duo belge Eden Hazard – Thibaut Courtois.

En effet, la nouvelle star du Real Madrid, sensée combler le départ de Cristiano Ronaldo, n’a pas convaincu. Arrivé en méforme, l’international belge a vécu une saison plus que compliquée enchaînant les blessures et les contre-performances. Le bilan de la saison est encore plus désastreux pour Luka Jovic débarqué de l’Eintracht Francfort pour 60 millions d’euros. Le Serbe arrivé du côté de la Casablanca pour concurrencer Karim Benzema n’a fait qu’illusion durant toute la saison. Un départ au Milan AC est même déjà évoqué. Pour Thibaut Courtois le bilan est plus contrasté. Véritable boulet en première partie d’exercice, le portier madrilène est aujourd’hui redevenu le top player qu’il a toujours été. Il a notamment contribué au renouveau du Real dès la reprise du championnat. Les prestations du latéral français, Ferland Mendy sont également excellentes après une période d’acclimatation éprouvante.

Malgré de minces espoirs en début d’année, Zinedine Zidane a pu compter sur ses tauliers Sergio Ramos – Casemiro – Karim Benzema pour relever la tête et maintenir le cap. Cependant, il ne faut pas oublier les prestations décevantes du club en début de saison en Liga et en Ligue des Champions. Pour cette dernière, il faudrait un exploit des Madrilènes pour se qualifier pour le prochain tour de la compétition après la défaite concédée contre Pep Guardiola. Enfin, ce succès en championnat est à prendre avec des pincettes et est en grande partie dû au naufrage barcelonais.

Zinedine Zidane et ses joueurs restent donc sous pression malgré ce nouvel ajout dans la vitrine du Santiago-Bernabéu.

 

FC Barcelone – Le bilan est beaucoup plus négatif chez le club catalan où la priorité ne semble plus être le football mais les prochaines élections pour la présidence. En effet, le manque de direction sportive a mené le Barça dans l’impasse. Le club se retrouve aujourd’hui avec des poids morts difficiles à re-expédier. Ces derniers proviennent des derniers mercatos ratés et font tâche dans les finances du club. C’est notamment le cas de Philippe Coutinho qui est de retour en Catalogne après un prêt au Bayern Munich.

Mais ce n’est pas tout. Malgré le changement d’entraîneur (Ernesto Valverde -> Quique Setién), les problèmes persistent et semblent être beaucoup plus en profondeur. Avec un effectif vieillissant (Arturo Vidal (33 ans), Ivan Rakitic (32 ans), Jordi Alba (31 ans), Gerard Piqué (33 ans), Luis Suarez (33 ans), Lionel Messi (33 ans), Sergio Busquets (32 ans), Miralem Pjanic (30 ans)…) et des joueurs au niveau insuffisant (Samuel Umtiti, Junior Firpo, Martin Braithwaite…), un grand bouleversement semble être la seule solution pour réamorcer une nouvelle dynamique en Catalogne. Un bouleversement qui pourrait intervenir lors des prochaines élections prévues en 2021 et l’arrivée d’une nouvelle direction.

Malgré cet échec en Liga, le FC Barcelone est toujours en course en Ligue des Champions et affrontera Naples le 8 août prochain. Une compétition prioritaire pour Lionel Messi et ses coéquipiers qui viendrait sauver un Barça au bord du précipice.

 

Atletico Madrid – Afin de pallier au départ de sa star, Antoine Griezmann, l’Atletico Madrid a fait fort en investissant massivement sur le marché des transferts. En effet, lors du dernier mercato estival, les Colchoneros ont dépensé la modique somme de 253 millions d’euros (Mario Hermoso (25 M€), Kieran Trippier (22 M€), Renan Lodi (20 M€), Joao Félix (126 M€), Felipe (20 M€), Marcos Llorente (40 M€)). Avec ce renouveau dans l’effectif, Diego Simeone a tenté de se renouveler et de se détacher de son style de jeu caractéristique mais sans succès. Ce changement forcé n’a pas été une réussite pour le club qui a fait preuve d’une grande irrégularité pendant une bonne partie de la saison. L’année 2020 et le retour du système classique connu de tous, ont permis à l’Atletico Madrid de renouer avec le succès.

En effet, cette nouvelle dynamique a aujourd’hui engendré de superbes résultats (élimination de Liverpool en Ligue des Champions). L’Atletico est de retour et fait de nouveau peur à toute l’Europe.

 

FC Séville – Le retour de Monchi en Andalousie a permis au club de retrouver sa dimension européenne. Le directeur sportif espagnol a effectué un ménage indispensable dans l’effectif sévillan et la renouvelé de belles manières. Les recrues débarquées de tous les horizons (Lucas Ocampos, Diego Carlos, Jules Kounde, Fernando, Nemanja Gudelj…), accompagnées d’un Jesus Navas flamboyant, ont réalisé une superbe saison et sont aujourd’hui convoités par plusieurs grandes écuries européennes. C’est le cas notamment de l’ancien nantais Diego Carlos courtisé par Manchester City.

Le travail de Julen Lopetegui a porté ses fruits et le FC Séville redevient un grand d’Espagne. A égalité de points avec l’Atletico Madrid, le podium n’était pas loin pour Monchi et sa bande. Au vue de la saison écoulée, le podium pourrait être un objectif symbole d’ambition retrouvée pour la saison prochaine.

 

Grenade – Promu en début de saison, les hommes de Diego Martinez Penas ont bluffé toute l’Espagne en réalisant une fantastique campagne. Régulier durant l’ensemble de l’exercice, Grenade a réussi à accrocher une superbe septième place permettant au club de participer aux phases qualificatives de la Ligue Europa. Après 2 ans passés en deuxième division, un tel résultat est inespéré.

 

Getafe – Éclatant depuis la saison dernière, Getafe devient un club ambitieux en Liga. Avec un jeu basé sur les transitions rapides, les hommes de José Bordalas brillent. Le duo offensif Jorge Molina – Jaime Mata, véritable dévoreur d’espaces, fait des étincelles. Le jeu proposé par le technicien espagnol est cohérent et colle parfaitement à son effectif. Mais ce n’est pas tout, le terrain n’est pas le seul point fort du club madrilène qui est efficace sur le marché des transferts. La récente acquisition définitive pour 10 millions d’euros de Marc Cucurella en est la preuve.

Sur ces excellentes bases, Getafe poursuit sa saison avec l’arrivée des échéances européennes. Après avoir fait tomber l’Ajax Amsterdam, le club croisera, le 5 août prochain, le chemin de l’Inter Milan en 8ème de finale d’Europa League.

 

Du côté des déceptions, plusieurs clubs sortent du lot comme Valence, le Betis ou encore l’Espanyol Barcelone. Malgré une campagne européenne réussie, le premier nommé a fait preuve de beaucoup trop d’irrégularités dans ses performances cette saison pour espérer titiller le haut du tableau. Le Betis, en perdant son entraîneur (Quique Setién maintenant au FC Barcelone), a perdu son identité de jeu et ses repaires. Le départ de Lo Celso pèse également dans les prestations du club qui n’est auteur, cette saison, que de simples fulgurances à l’image d’un Nabil Fékir en demi-teinte. Quant au dernier cité, peu aurait pu prédire un tel dénouement en début de saison au vue du dernière exercice (7ème en Liga 18/19). Le second club de Barcelone finit lanterne rouge du championnat et jouera donc la saison prochaine en seconde division.

 

Tout en haut de l’affiche il y a encore peu de temps, la Liga perd du terrain sur ses concurrents après plusieurs saisons décevantes tant au niveau national qu’international. Néanmoins, dresser un bilan aussi négatif aussi rapidement serait précipité, 5 clubs espagnols sont encore en course au sein des différentes compétitions européennes et un bon résultat d’une ou de plusieurs de ces formations changerait significativement la donne.

 

Raphaël Marcant

A lire aussi :

Liga – La Barça présente un maillot noir

A découvrir

Plus d'infos dans la rubrique Football