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Football

Neymar cherche sa place dans le Brésil de la Coupe du Monde 2026

Par Thomas Durand··6 min de lecture·Source: Footmercato

Absent des convocations d'Ancelotti, Neymar se réinvente à Santos pour espérer un dernier tour de piste au Mondial 2026. Un pari loin d'être gagné.

Neymar cherche sa place dans le Brésil de la Coupe du Monde 2026

34 ans en février prochain, un genou qui a failli tout emporter, et toujours cette obsession qui ne le quitte pas depuis l'enfance à Mogi das Cruzes : soulever la Coupe du Monde avec le Scratch. Neymar Jr. n'a pas raccroché les crampons, loin de là. Mais entre le joueur flamboyant qui déchirait les défenses en 2014 devant son public et l'attaquant qui gratte aujourd'hui des minutes à Santos, il y a un fossé que même le talent le plus débordant de sa génération peine à combler. La question n'est plus de savoir s'il en a encore envie. La question, c'est de savoir si Carlo Ancelotti va lui faire confiance pour l'aventure américaine de 2026.

Qu'est-ce que Neymar fait encore à Santos, et pourquoi ça change tout ?

Le retour au Brésil, en janvier 2025, ressemblait à une évidence sentimentale autant qu'à un calcul stratégique. Santos, le club de sa formation, celui où il a tout appris avant Barcelone et le PSG. Un choix du cœur, mais aussi un choix de survie sportive. Après le calvaire saoudien à Al-Hilal — moins de 200 minutes jouées en deux saisons plombées par une rupture des ligaments croisés —, il fallait retrouver un terrain qui pardonne, une ville qui aime, un vestiaire qui ne juge pas.

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À Santos, Neymar ne refait pas le monde. Il reconstruit. Physiquement d'abord : les staffs médicaux brésiliens ont travaillé à le remettre dans une condition acceptable, pas encore optimale. Sur le terrain, les éclairs sont encore là — quelques dribbles déroutants, une vision du jeu intacte — mais la régularité, elle, manque cruellement. Le joueur qui pouvait enchaîner 60 matchs en une saison est aujourd'hui géré comme une pièce de collection qu'on ne sort du coffre qu'avec des pincettes.

Mais voilà ce qui change tout dans l'équation Coupe du Monde : à Santos, il joue. Il accumule du temps de jeu, du rythme, des sensations. Et dans la hiérarchie de Carlo Ancelotti, qui ne sélectionne pas ce qu'il ne voit pas, exister sur un terrain est une condition minimale mais absolument non négociable.

Carlo Ancelotti va-t-il vraiment lui redonner sa chance en sélection ?

Depuis que le technicien italien a pris les rênes de la Seleção en janvier 2025, Neymar n'a pas été convoqué une seule fois. Le message est clair sans être définitif. Ancelotti ne ferme pas les portes — il est trop expérimenté pour ça —, mais il ne les rouvre pas non plus sur un coup de nostalgie. L'homme qui a géré Ronaldo, Kaká, Benzema et Mbappé au Real Madrid sait faire la différence entre un grand joueur et un grand joueur disponible.

Le Brésil compte aujourd'hui des options offensives sérieuses : Vinicius Junior, Rodrygo, Raphinha, Endrick qui pointe le bout de son immense talent. La concurrence n'a jamais été aussi féroce dans ce secteur de jeu, et le sélectionneur n'a aucune raison sentimentale d'intégrer un joueur fragile dans un groupe dont la cohésion sera capitale. Sur les 23 à 26 joueurs d'un effectif de Coupe du Monde, chaque place compte double.

Pourtant, il serait naïf d'enterrer Neymar trop vite. Le Brésil a un besoin criant de créativité entre les lignes, de ce joueur capable de casser un bloc organisé avec une inspiration pure. Vinicius Junior est dévastateur en un contre un, Rodrygo intelligent, mais personne dans cette équipe ne lit le jeu comme Neymar quand il est à 100%. C'est précisément ce rôle — celui du meneur de jeu décisif en fin de match, entrant en cours de partie pour déstabiliser un adversaire épuisé — que l'entourage du joueur lui dessine pour l'été 2026. Un rôle de super-joker, de bombe qu'on lâche au bon moment.

Quelle est vraiment la probabilité qu'il soit au Mondial 2026 ?

Soyons honnêtes : à ce stade, c'est plus un espoir qu'une certitude. Il reste environ 14 mois avant le coup d'envoi du tournoi aux États-Unis, au Canada et au Mexique. 14 mois pendant lesquels Neymar doit rester sur pied — et c'est déjà une performance en soi — tout en convaincant Ancelotti qu'il mérite une place dans la liste finale. Deux conditions. Les deux difficiles.

La blessure au ligament croisé antérieur du genou droit, subie en octobre 2023 sous le maillot de la Seleção lors d'un match de qualification contre l'Uruguay, a laissé des traces profondes. Pas seulement physiques. Mentalement, Neymar a traversé des mois difficiles, des doutes publics sur son envie de continuer, des rumeurs de retraite anticipée. Qu'il soit revenu compétitif à Santos est en soi une forme de victoire.

Les chiffres racontent l'étendue du défi. Depuis cette nuit d'octobre 2023, Neymar n'a disputé que quelques apparitions éparses, loin des standards qui définissaient sa carrière — lui qui avait inscrit 79 buts en 124 sélections avec le Brésil, deuxième meilleur buteur de l'histoire de la Seleção derrière Pelé. Un héritage immense. Une pression à la hauteur.

Ancelotti, lui, ne raisonne pas en termes de légende. Il raisonne en termes de groupe. Et un joueur qui rate des matchs, qui nécessite une gestion particulière, qui peut exploser à tout moment, représente un risque que peu de sélectionneurs acceptent d'intégrer dans une équipe qui vise le titre. Le Brésil n'a plus remporté la Coupe du Monde depuis 2002. La pression est maximale. Dans ce contexte, la tendresse pour les icônes a ses limites.

Reste une inconnue majeure : la saison à venir avec Santos. Si Neymar enchaîne 30 matchs, retrouve son niveau, marque des buts décisifs au Brasileirão ou en Copa Libertadores, le débat sera relancé de force. Ancelotti devra regarder les chiffres en face. Et dans ce scénario-là, difficile d'imaginer le Brésil se présenter au Mondial sans son joueur le plus titré de l'ère moderne, même en sortant du banc.

La Coupe du Monde 2026 pourrait être son dernier acte. Son ultime chance de corriger le scénario douloureux de 2014, quand le Brésil avait été humilié 7-1 par l'Allemagne en demi-finale, lui sur civière. Une blessure, une larme, une image gravée. Neymar n'a jamais oublié. Et c'est peut-être précisément ce qui, contre toute logique sportive, pourrait finir par le ramener dans le groupe. Parce que certaines histoires méritent une conclusion digne. Carlo Ancelotti, lui, décidera si l'histoire vaut le risque.

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