Édouard Mendy conteste la version officielle du scandale post-finale CAN 2025. Le gardien sénégalais affirme que tous les joueurs n'avaient pas quitté le terrain.
« Tout le monde n'était pas parti. » Ces quelques mots d'Édouard Mendy suffisent à relancer une polémique qui couve depuis des mois. Depuis la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc, soldée par un but solitaire et une victoire 1-0 pour les Lions de la Teranga, le football africain vit dans la tourmente. Et le gardien sénégalais, aujourd'hui l'une des voix les plus écoutées du vestiaire, choisit ce moment pour contredire une partie du récit officiel. Pas anodin.
Mendy contre la version établie, le nœud du scandale
Revenons aux faits. Après le coup de sifflet final de cette finale historique, une confusion s'installe sur la pelouse. Selon les premières informations relayées après le match, des joueurs marocains auraient quitté le terrain avant la fin des hostilités — un geste qui aurait déclenché, selon certaines sources, une séquence chaotique ayant conduit à l'officialisation contestée du titre sénégalais. La Confédération africaine de football (CAF) s'est retrouvée au cœur d'une tempête administrative et sportive dont les répliques se font encore sentir.
Sauf que Mendy, lui, n'est pas d'accord avec ce tableau. Selon nos informations, le portier formé à Marseille et passé par Chelsea a affirmé publiquement que la réalité sur le terrain était plus nuancée. Tous les joueurs n'avaient pas abandonné la pelouse au moment des faits incriminés. Une déclaration qui remet directement en cause le fondement même des accusations portées contre le Maroc — et qui complique singulièrement la tâche de la CAF dans sa tentative de clore ce dossier.
À en croire l'entourage du joueur, Mendy n'a pas pris cette parole à la légère. Le gardien sait ce qu'il risque en s'exprimant dans un contexte aussi électrique. Mais il estime visiblement qu'il doit à ses coéquipiers — et à la vérité — de ne pas laisser une version approximative s'installer comme récit définitif. Ce type de prise de position, venant d'un titulaire du poste clé dans une finale de CAN, pèse d'un poids considérable dans les discussions en cours.
Le timing est lui aussi éloquent. Plusieurs mois après la finale, alors que les recours et contre-recours s'accumulent, la sortie de Mendy intervient à un moment où la CAF peine à imposer sa lecture des événements. Trois instances sportives différentes auraient été saisies selon nos informations, et aucun verdict définitif n'est encore tombé. Le football africain reste suspendu à une décision qui, selon l'issue, pourrait réécrire l'histoire de cette compétition.
- 1-0 : score de la finale CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc
- Depuis mars 2025 : le scandale post-finale agite les instances du football africain
- 3 instances sportives potentiellement saisies dans ce dossier selon nos sources
- 1 titre toujours officiellement attribué au Sénégal, mais contesté
Quel avenir pour un titre que personne ne valide vraiment
La question qui se pose désormais est simple, mais vertigineuse. Que vaut un sacre continental quand son principal rival conteste les conditions de la défaite, quand un joueur de l'équipe victorieuse lui-même remet en cause la version des faits, et quand les instances dirigeantes semblent incapables d'apporter une réponse tranchée ? Le Sénégal se retrouve dans une position inconfortable : champion, certes, mais champion sous cloche.
Du côté marocain, la fédération n'a jamais vraiment digéré l'épilogue de cette finale. La Fédération Royale Marocaine de Football a multiplié les démarches pour que la lumière soit faite sur les circonstances exactes du coup de sifflet final et des minutes qui ont suivi. Les Marocains estiment, eux, que le contexte chaotique de l'après-match aurait dû conduire à une décision différente — au minimum à une enquête sérieuse avant toute remise de trophée officielle.
La CAF, de son côté, se retrouve prise en étau. Annuler ou suspendre un titre de CAN serait sans précédent dans l'histoire de la compétition. Laisser la situation en l'état, avec des déclarations contradictoires qui s'accumulent et des instances saisies partout, c'est prendre le risque de laisser la crédibilité du football africain s'éroder un peu plus. Pas une mince affaire pour Patrice Motsepe, le président de la CAF, qui avait promis de professionnaliser et moderniser la gouvernance du football continental.
Sur le plan sportif pur, cette affaire illustre une fragilité structurelle que les observateurs dénoncent depuis longtemps : l'absence de protocoles clairs et vérifiables pour gérer les situations de fin de match à haut risque émotionnel. Dans un contexte de finale, où les tensions sont à leur maximum, l'improvisation coûte cher. Elle coûte ici bien plus qu'un match : elle coûte la légitimité d'un titre.
Reste une inconnue de taille. Si la prise de parole d'Édouard Mendy est confirmée et documentée, elle pourrait constituer un élément à charge dans les procédures en cours — non pas contre son propre camp, mais contre la version trop simplifiée d'un incident que personne, visiblement, ne comprend tout à fait de la même manière. Un gardien de but, par définition, voit tout le terrain. Et ce qu'il dit avoir vu ce soir-là mérite au minimum d'être entendu.
La CAN 2025 devait marquer un tournant pour le football africain, avec une compétition élargie et des ambitions de rayonnement mondial. Elle risque surtout de laisser une cicatrice durable — celle d'un titre dont personne n'est vraiment sûr de la légitimité. La prochaine échéance judiciaire ou disciplinaire sera déterminante. Et cette fois, les mots d'Édouard Mendy seront dans le dossier.