L'entraîneur de l'OM Habib Beye a réagi avec force à la décision de la CAF d'attribuer le titre de la CAN au Maroc au détriment du Sénégal.
Trois jours après le séisme sportif provoqué par le jury d'appel de la CAF, Habib Beye a pris la parole. Vendredi, en conférence de presse, le coach de l'Olympique de Marseille n'a pas mâché ses mots. L'ancien international sénégalais a choisi de répondre avec une ironie mordante avant de laisser place à une colère froide et maîtrisée.
Une décision que Beye juge «inadaptée»
«Je pense pas qu'ils puissent retrouver notre trophée», a d'abord lâché Beye, sourire en coin. Une pique directe adressée aux instances continentales, qui ont décidé d'attribuer le titre de la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert, privant ainsi le Sénégal d'une consécration acquise sur le terrain. Le ton était posé, mais le message, lui, était sans équivoque.
L'entraîneur marseillais a ensuite haussé le registre. Il a qualifié la décision de «inadaptée», estimant qu'elle portait atteinte à l'intégrité sportive de la compétition. Pour Beye, une telle sentence ne peut pas résumer des semaines d'effort, de sacrifice et de victoires chèrement acquises par les Lions de la Teranga. Un verdict administratif ne saurait effacer ce que le Sénégal a accompli sur les pelouses africaines.
Le Sénégal victime d'un règlement implacable
La CAF a tranché sur la base d'un règlement strict, invoquant une irrégularité commise lors du parcours sénégalais. Le jury d'appel a confirmé la sanction initiale, transférant le titre au Maroc, finaliste malheureux de la compétition. Une décision rare dans l'histoire du football africain, qui suscite une vive controverse bien au-delà des frontières du continent.
Beye, lui, refuse de simplement tourner la page. Ancien défenseur chevronné, il connaît mieux que quiconque ce que représente la CAN pour un joueur africain. Il a tenu à exprimer sa solidarité avec les internationaux sénégalais, tout en appelant les instances à réfléchir aux conséquences humaines et symboliques de leurs décisions. «Le sport ne peut pas se résumer à des articles de règlement», a-t-il insisté.
Un débat qui dépasse le cadre du football
La prise de position de Beye illustre un malaise plus profond. Cette affaire relance le débat sur la gouvernance du football africain et la place accordée à l'éthique sportive face aux impératifs réglementaires. La question n'est plus seulement celle d'un titre. Elle touche à la crédibilité des institutions et à la confiance des acteurs du football continental.
En choisissant de parler, Habib Beye a donné une voix à tous ceux qui estiment que la justice sportive doit primer sur la lettre froide d'un règlement. Son statut de coach d'un grand club européen amplifie le retentissement de ses propos. Le débat est loin d'être clos, et la CAF devra tôt ou tard répondre de ses choix devant l'opinion publique africaine et internationale.