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Football

Italie éliminée du Mondial 2026 : Domenech sort du silence

Par Rédaction SBM··5 min de lecture·Source: Footmercato

Troisième Coupe du monde consécutive manquée pour la Squadra Azzurra. L'ancien sélectionneur français Raymond Domenech réagit avec un mélange de stupéfaction et d'ironie grinçante.

Italie éliminée du Mondial 2026 : Domenech sort du silence

« Je comprends ce qu'ils ont vécu en 2010. » Raymond Domenech n'a pas résisté. Lui, l'homme qui avait subi en France le feu nourri de toute une nation après la débâcle sud-africaine, lui dont le nom reste associé au fiasco de Knysna comme une marque au fer rouge, a pris la parole. Et cette fois, ce n'est pas lui qu'on crucifie — c'est l'Italie. La Squadra Azzurra vient de rater une troisième Coupe du monde consécutive, éliminée en barrages par la Bosnie-Herzégovine. Trois fois de suite. Un record d'humiliation pour une nation qui a remporté quatre étoiles mondiales.

La Bosnie comme bourreau, l'Italie comme victime consentante

Que s'est-il passé ? La Bosnie, nation de football sans palmarès continental majeur, a fait ce que la Suède avait fait en 2018 et ce que la Macédoine du Nord avait accompli en 2022 : éteindre la lumière. L'Italie, championne d'Europe en 2021 — il y a à peine quatre ans —, continue de s'effondrer dès qu'il s'agit de franchir le seuil des qualifications mondiales. Trois barrages perdus en huit ans, c'est une statistique qui aurait semblé relever de la science-fiction au pays de Maldini, de Buffon, de Totti.

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Le match face à la Bosnie a révélé une nouvelle fois les failles structurelles d'une équipe qui peine à se renouveler. Le sélectionneur Luciano Spalletti, arrivé après l'échec macédonien avec la mission explicite de reconstruire, s'est retrouvé piégé dans le même engrenage que ses prédécesseurs. Trop de respect pour les anciens, pas assez de rupture avec une culture de résultat qui paralyse dès que la pression monte. L'Italie a eu le ballon, elle a construit, elle a buté. Et la Bosnie a fait ce que font les outsiders: elle a mordu au bon moment.

Ce n'est pas qu'une question de talent — l'Italie en a encore, Sandro Tonali l'a prouvé en Premier League, Davide Frattesi monte en puissance à l'Inter Milan. C'est une question de système, de culture de qualification, d'un football fédéral qui continue de produire des joueurs formidables pour les clubs européens et des résultats médiocres en sélection.

Domenech, la revanche silencieuse d'un homme qui sait ce que c'est

Raymond Domenech avait dirigé l'équipe de France lors d'un Mondial 2006 mémorable — finale contre l'Italie, précisément, perdue aux tirs au but. Puis 2010, et la catastrophe. Il a connu les deux faces du destin. La gloire entrevue, la honte absolue. Ce vécu particulier lui confère une légitimité singulière pour commenter le naufrage azzurro.

Sa réaction, qualifiée de « surprenante » par plusieurs médias, mêle une forme d'empathie sincère et une ironie que seuls ceux qui ont brûlé dans les mêmes flammes peuvent se permettre. Il n'enfonce pas, il observe. Il rappelle qu'en 2006, la France avait battu l'Italie en finale avant que les Bleus ne s'effondrent eux-mêmes quatre ans plus tard. Le football a cette cruauté cyclique : les bourreaux deviennent victimes, les victimes oublient vite qu'elles ont été bourreaux.

Ce que dit Domenech résonne au-delà de l'anecdote. Il pointe quelque chose que les analystes tactiques évitent souvent : la pression institutionnelle et médiatique sur certaines fédérations crée des dynamiques paralysantes. L'Italie subit depuis 2018 une pression de reconstruction permanente, une succession de « nouveaux cycles » annoncés qui n'aboutissent jamais. La Fédération italienne (FIGC) a changé de sélectionneur trois fois en sept ans. C'est trop peu pour construire, trop souvent pour maintenir une direction claire.

Un coup de tonnerre pour le football européen à dix-huit mois du Mondial

Les conséquences de cette élimination dépassent le simple symbole. Avec les Pays-Bas qualifiés, l'Angleterre, l'Espagne, la France et l'Allemagne, le Mondial 2026 se dessine déjà comme une compétition où l'Italie sera absente pour la troisième fois de l'histoire de l'épreuve — et pour la troisième fois consécutive. C'est un séisme pour les diffuseurs, pour les sponsors, pour la Serie A qui perd une vitrine mondiale considérable. Sky Italia, beIN Sports, DAZN — tous avaient intégré une présence italienne dans leurs projections commerciales. La désillusion est aussi économique.

Du côté de la FIGC, la question de Spalletti se pose immédiatement. Garder un entraîneur après trois campagnes de qualifications ratées successives est politiquement intenable, même si lui n'en a dirigé qu'une. Il hérite d'un passif qui n'est pas entièrement le sien, mais c'est lui qui était aux commandes. Le football n'est pas un tribunal équitable.

Pour les joueurs italiens sous contrat dans les grands clubs européens — Jorginho a raccroché, mais Federico Chiesa, Gianluca Scamacca, Nicolo Barella sont en pleine force de l'âge —, c'est une génération qui risque de ne jamais disputer de Coupe du monde dans la fleur de sa carrière. Barella a 27 ans aujourd'hui. En 2030, il en aura 31. Le temps passe vite, même quand on joue pour l'Inter Milan.

Raymond Domenech, lui, a terminé ses interventions publiques sur cette affaire avec une phrase qui restera : pour lui, l'Italie paie le prix d'un football qui a cru trop longtemps que la tradition suffisait. Le talent ne suffit pas. La méthode, le courage de choisir, la capacité à rompre avec les habitudes — c'est là que se jouent désormais les qualifications mondiales. La Bosnie ne joue pas mieux que l'Italie. Elle joue avec moins de peur. Et dans un match de barrage, la peur est souvent plus décisive que la technique.

Le Mondial 2026 — co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique — accueillera 48 équipes pour la première fois de son histoire. Un format élargi qui aurait dû, en théorie, faciliter la qualification des grandes nations. L'Italie n'a pas profité de cette fenêtre. Elle regarde désormais le tirage au sort depuis son canapé. Pendant ce temps, Domenech sourit — pas par méchanceté, mais parce qu'il sait mieux que quiconque ce que ce moment-là a de dévastateur et d'irréversible. Et que seule une reconstruction profonde, douloureuse, sans complaisance, peut éviter que 2030 ne ressemble à 2026.

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