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Football

Coupe du Monde 2026 : l'extrême droite italienne veut la tête de la FIGC

Par Rédaction SBM··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après l'élimination en barrage contre la Bosnie, un parti d'extrême droite réclame la dissolution de la fédération italienne de football. La politique s'invite brutalement dans la crise des Azzurri.

Coupe du Monde 2026 : l'extrême droite italienne veut la tête de la FIGC

Quand la Nazionale échoue, l'Italie ne pleure pas — elle cherche des coupables. Quelques heures à peine après la gifle reçue face à la Bosnie-Herzégovine en barrage de qualification pour la Coupe du Monde 2026, un parti d'extrême droite a transformé l'humiliation sportive en munitions politiques, exigeant ni plus ni moins que la dissolution de la Federazione Italiana Giuoco Calcio. Ce n'est pas la première fois que le football italien sert de défouloir aux ambitions populistes, mais la brutalité et la rapidité de la réaction donnent le vertige. Le pays de Riva, de Maldini et de Buffon se retrouve une nouvelle fois à contempler un avenir sans Mondial — et certains entendent bien profiter du désastre.

Deux absences en huit ans : quand l'humiliation devient une arme politique

Pour comprendre l'ampleur de la secousse, il faut replacer ce fiasco dans son contexte historique. L'Italie rate sa deuxième Coupe du Monde consécutive, après le traumatisme de 2018 face à la Suède, déjà en barrage, déjà avec une défaite impossible à digérer. Deux absences en huit ans pour un pays qui a soulevé le trophée quatre fois, dont en 2006 à Berlin face à la France de Zinédine Zidane. La chute est vertigineuse, et le parallèle avec les années 1990 — époque de grande crise du football italien frappé par les scandales et les défaillances structurelles — commence à hanter les esprits.

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La défaite contre la Bosnie-Herzégovine ne ressemble pas à un accident. Elle ressemble à un symptôme. Un pays dont les centres de formation peinent à produire des joueurs capables de peser au plus haut niveau, dont la Serie A a perdu en attractivité internationale au profit de la Premier League, de la Liga et même de la Bundesliga. Le vivier s'est tari progressivement, et le sélectionneur Luciano Spalletti, pourtant artisan du Scudetto de Naples en 2023, se retrouve emporté par une vague qu'aucun technicien seul ne peut arrêter.

C'est dans ce terreau de frustration nationale que le parti d'extrême droite a semé sa demande de dissolution de la FIGC. La mécanique est rodée : une institution échoue, on demande sa tête pour montrer qu'on agit, qu'on entend la colère populaire. Sauf que la fédération n'est pas seule responsable. Le problème du football italien est structurel — il touche aux clubs, aux académies, aux investissements dans la formation — et aucun décret politique ne le réglera en une nuit d'après-match.

La FIGC sous pression : une institution fragilisée face à une tempête prévisible

Gabriele Gravina, président de la FIGC depuis 2018, se retrouve dans la position la plus inconfortable du sport italien. Réélu en 2021 sur la vague de l'Euro remporté à Wembley face à l'Angleterre, il avait alors semblé incarner un renouveau. Trois ans plus tard, la même institution prépare sa deuxième absence consécutive en Coupe du Monde — une statistique qui aurait paru délirante au moment des célébrations de Wembley.

La demande de dissolution n'est juridiquement pas simple à mettre en œuvre. En Italie, les fédérations sportives sont des organismes de droit privé sous tutelle du Comité olympique national italien, le CONI. Leur dissolution ne peut être prononcée par un simple coup de pression politique — il faudrait une procédure longue, un vote, des mécanismes institutionnels complexes. Ce que le parti d'extrême droite réclame relève davantage du signal politique que de la proposition technique sérieuse. Mais le signal, lui, est reçu cinq sur cinq dans les couloirs de la via Allegri, siège de la fédération à Rome.

Les chiffres illustrent l'ampleur du problème structurel mieux que n'importe quelle tribune politique. Sur les 23 joueurs convoqués pour ces barrages, moins de la moitié évoluent dans des clubs de Serie A qui figurent régulièrement en Ligue des Champions. La génération dorée qui a triomphé à l'Euro 2020 — Giorgio Chiellini, Leonardo Bonucci, Marco Verratti — a laissé un vide que le football transalpin n'a pas su combler. Le taux de joueurs italiens dans les équipes de Serie A est tombé sous les 35%, un plancher historique qui dit tout sur l'état de la formation locale.

  • 2e élimination consécutive de l'Italie en phase de qualification à une Coupe du Monde (après 2018)
  • Moins de 35% de joueurs italiens titulaires en Serie A en moyenne cette saison
  • 4 titres mondiaux au compteur de la Nazionale — dernier en 2006
  • 1 seule victoire en compétition officielle sur les 6 derniers matches à élimination directe disputés par l'Italie

La classe politique italienne, toutes tendances confondues, a fait du football un baromètre de l'identité nationale depuis des décennies. Silvio Berlusconi avait construit une partie de sa carrière politique sur le succès de l'AC Milan. Les victoires de la Nazionale ont souvent servi de ciment national dans un pays profondément fragmenté. L'inverse est donc vrai : les défaites ouvrent des fractures, et ceux qui surfent sur le ressentiment populaire savent exactement quel bouton appuyer.

Ce qui se joue désormais dépasse le simple avenir de Gravina ou celui de Spalletti. L'Italie doit décider si elle veut réformer son football en profondeur — investissements massifs dans les académies, quota de jeunes italiens dans les équipes professionnelles, refonte du calendrier pour laisser souffler un vivier épuisé — ou si elle préfère continuer à produire des crises institutionnelles qui masquent sans les résoudre des problèmes structurels vieux de vingt ans. La dissolution d'une fédération ne forme pas de nouveaux Leonardo Bonucci. Et une nouvelle fédération, créée sous pression politique, ne garantit aucune qualification pour le Mondial 2030. La vraie question n'est pas qui dirige la FIGC — elle est de savoir si l'Italie du football est encore capable de se regarder honnêtement dans un miroir.

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