Le Sénégal présente sa CAN au Stade de France face au Pérou, ignorant la décision de la CAF qui attribue le titre au Maroc.
Le paradoxe est saisissant. Ce samedi, au Stade de France, les Lions de la Teranga vont lever leur trophée de la Coupe d'Afrique des Nations devant leurs supporters, dans une ambiance de fête nationale. Pourtant, la situation juridique autour de ce titre reste profondément troubles. Le match amical face au Pérou, prévu à 17 heures, servira de toile de fond à une célébration que beaucoup jugent prématurée.
Une décision de la CAF ignorée par Dakar
Le dossier est explosif. La Confédération Africaine de Football a officiellement attribué la victoire au Maroc sur tapis vert, à la suite d'une procédure administrative dont les détails restent disputés. Une décision lourde de conséquences, qui aurait dû, en théorie, priver le Sénégal de tout droit à la célébration officielle du titre.
Mais Dakar ne l'entend pas de cette oreille. Les autorités sénégalaises et la fédération nationale refusent catégoriquement de reconnaître cette sentence. Pour eux, le trophée est sénégalais, point final. Cette posture souveraine, aussi compréhensible soit-elle sur le plan émotionnel, place le football africain dans une situation inédite et délicate.
Le TAS, arbitre d'un conflit sans précédent
L'affaire est désormais entre les mains du Tribunal Arbitral du Sport, instance suprême de règlement des litiges dans le monde sportif. Le TAS devra trancher une question simple en apparence, mais complexe dans ses implications : qui est légitimement champion d'Afrique 2025 ?
Le Maroc, de son côté, revendique ce titre avec la même fermeté. Les Lions de l'Atlas s'appuient sur la décision officielle de la CAF pour affirmer leur légitimité. Deux nations, un seul trophée. Le bras de fer promet d'être long et les répercussions sur la crédibilité des institutions du football africain pourraient être considérables.
En attendant le verdict du TAS, le Sénégal avance. La fédération sénégalaise maintient son calendrier de festivités, organise des cérémonies, mobilise ses supporters. Une stratégie du fait accompli qui met la pression sur les arbitres sportifs internationaux.
Vers une crise institutionnelle pour le football africain
Au-delà du cas sénégalais, c'est toute la gouvernance du football africain qui se trouve fragilisée. Permettre à une fédération de célébrer un titre contesté crée un précédent dangereux. La crédibilité de la CAF, déjà souvent mise en question, est directement en jeu dans cette affaire.
Le verdict du TAS sera décisif. Il devra non seulement désigner un champion légitime, mais aussi restaurer un cadre juridique clair pour l'ensemble des compétitions africaines. En attendant, le Sénégal sourit, brandit son trophée, et fait comme si tout allait bien.