À deux mois et demi du Mondial, le football peine encore à s'imposer face aux sports traditionnels américains. Reportage au cœur des États-Unis.
De Boston à Washington, le constat est sans appel. Malgré l'imminence d'une Coupe du monde 2026 organisée sur leur sol, les Américains restent massivement attachés à leurs sports traditionnels. Nos reporters l'ont vérifié sur le terrain, au cœur des salles de hockey et des arènes de basket.
Le soccer, un sport encore marginalisé dans le paysage sportif américain
Dans les bars de Boston, les conversations tournent autour des Bruins ou des Celtics. Rares sont ceux qui évoquent spontanément le football. « Clairement pas en haut de la liste », résume un supporter rencontré à la sortie d'un match de NHL. Le soccer occupe une place secondaire, loin derrière le football américain, le baseball, le basket et le hockey sur glace.
Les chiffres d'audience confirment ce sentiment. La Major League Soccer attire des foules respectables dans certaines villes, mais elle ne rivalise pas encore avec les grandes ligues professionnelles. L'engouement reste concentré dans des poches géographiques précises, notamment sur les côtes et dans les communautés issues de l'immigration.
Un Mondial à domicile suffira-t-il à changer les mentalités ?
L'organisation de la Coupe du monde sur le territoire américain représente une opportunité historique. Pourtant, à deux mois et demi de l'événement, la fièvre footballistique tarde à se propager. À Washington, les affiches promotionnelles du tournoi côtoient celles des Wizards et des Capitals sans susciter davantage d'enthousiasme visible dans la rue.
Les experts du marketing sportif restent néanmoins prudemment optimistes. Ils rappellent que le Mondial 1994, déjà organisé aux États-Unis, avait laissé des traces durables dans le développement du soccer américain. La création de la MLS en avait découlé directement. Une dynamique similaire pourrait s'enclencher en 2026, portée par une nouvelle génération de joueurs américains plus compétitifs sur la scène internationale.
Un héritage à construire au-delà du coup d'envoi
Le vrai défi pour le soccer américain dépasse largement les six semaines de compétition. Il s'agit de convertir les spectateurs occasionnels en supporters réguliers, de fidéliser une jeunesse déjà exposée au football à travers les réseaux sociaux et les jeux vidéo.
Les instances dirigeantes en sont conscientes. Des investissements massifs ont été réalisés dans les infrastructures et la formation des jeunes joueurs. Mais transformer l'essai prendra du temps. En attendant, le soccer américain regarde avec impatience juillet 2026, espérant que ce rendez-vous planétaire soit enfin le tournant tant attendu d'un sport qui cherche encore sa place dans le cœur des Américains.