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Football

Coupe du Monde 2026 la demande folle des Italiens avant l'humiliation

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

L'Italie éliminée en barrages par la Bosnie ne participera pas au Mondial 2026. Une catastrophe nationale qui s'annonce encore plus embarrassante.

Coupe du Monde 2026 la demande folle des Italiens avant l'humiliation

Quatre étoiles sur le maillot, deux titres européens au palmarès, et une élimination en barrages face à la Bosnie. L'Italie footballistique vient de s'infliger — une nouvelle fois — l'une des humiliations les plus cinglantes de son histoire. Mardi soir, les Azzurri de Gennaro Gattuso ont raté le coche pour la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis, Canada et Mexique. Le tout dans un contexte qui, au fur et à mesure que les heures passent, prend une teinte encore plus grotesque : avant ce match décisif, certains joueurs auraient formulé des exigences financières à la Fédération italienne de football. Un vestiaire qui négocie des primes avant un match à élimination directe. Et qui rentre ensuite au pays les mains vides.

Quand le vestiaire jouait à la bourse pendant que la Bosnie préparait son coup

L'information est embarrassante, mais elle dit tout de l'état d'esprit qui régnait dans le camp italien. Selon plusieurs sources proches de la sélection, des joueurs auraient sollicité des garanties financières supplémentaires auprès de la Federazione Italiana Giuoco Calcio avant d'entrer dans ce barrage décisif. Des primes de qualification, des bonus de match — le détail exact reste flou, mais la démarche, elle, est accablante. On ne parle pas de stars mal payées : les cadres de cette équipe évoluent dans les meilleurs clubs européens, perçoivent des salaires à plusieurs millions d'euros par an, et l'idée de tendre la main à la fédération à l'heure où tout se joue dit beaucoup sur les priorités de certains.

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Gennaro Gattuso, lui, aura tout vu. L'ancien milieu de terrain du Milan AC, double champion du monde en 2006, sait mieux que quiconque ce que représente le maillot bleu. Lui qui a construit sa carrière sur l'engagement total, le sacrifice, la gagne à l'arrachée, s'est retrouvé à gérer un vestiaire qui semblait plus préoccupé par ses émoluments que par le défi sportif qui l'attendait. La Bosnie, qualifiée pour la première fois de son histoire pour une phase finale d'un tel enjeu, a été plus affamée. Tout simplement.

Sur le terrain, les chiffres racontent la même histoire. L'Italie n'a pas réussi à s'imposer face à une sélection dont le budget total est une fraction de celui de la Squadra Azzurra. C'est le deuxième Mondial consécutif manqué après le camouflet de 2022 contre la Macédoine du Nord — déjà en barrages, déjà de manière inexplicable. Deux qualifications ratées en deux cycles, ça ne relève plus de la malchance, c'est une tendance lourde. Et une tendance qui commence à ressembler à un problème structurel bien plus profond qu'un simple accident de parcours.

L'Italie face au mur, et maintenant le chantier monumental qui attend Gattuso

Que se passe-t-il maintenant ? La question brûle les lèvres de tout un pays. L'Italie va rater une troisième phase finale majeure — car elle avait déjà subi les affres de la reconstruction post-2018 — et atterrir dans une période d'interrogations profondes sur son modèle de formation, son identité tactique, et surtout, sur les hommes capables de la sortir de cette spirale.

Gattuso garde-t-il son poste ? C'est la première question qui agite les couloirs de la Via Gregorio Allegri, siège de la FIGC. Le technicien napolitain avait été nommé pour apporter une énergie nouvelle, une combativité qui faisait défaut à la sélection depuis des années. Il n'a pas failli sur la forme — son engagement est indiscutable — mais les résultats ne suivent pas, et dans le football, les résultats restent l'unique juge de paix. Une élimination en barrages contre la Bosnie, ça ne se négocie pas, ça ne s'explique pas avec des discours sur la reconstruction.

Quelques chiffres pour mesurer l'ampleur de la chute :

  • 2 Mondiaux consécutifs manqués (2022 et 2026) — du jamais vu pour une nation de cette stature
  • 4 titres mondiaux au total, mais le dernier remonte à 2006 — presque deux décennies de disette au sommet
  • L'Italie est la première nation à avoir remporté deux fois consécutives le Championnat d'Europe (1968, 2021), mais cette aura ne suffit plus à cacher les failles
  • La Bosnie, adversaire de cette élimination, dispute là sa qualification historique — le symbole est cruel

Le problème est aussi générationnel. L'Italie peine à produire des joueurs capables de tenir le haut du panier en club tout en portant le collectif en sélection. Les Barella, Tonali — quand il jouait —, Frattesi peinent à coexister dans un système qui leur donne le maximum. Et derrière, la relève se fait attendre. Le football italien a longtemps vécu sur la rente de son génie tactique, de sa capacité à rendre n'importe quel défenseur lambda invincible grâce à l'organisation collective. Ce savoir-faire s'est dilué.

Il y a aussi la question du leadership au sein du groupe. Une sélection nationale, ça se gère, ça se fédère, ça se construit autour de valeurs communes. Quand certains éléments du vestiaire semblent plus préoccupés par des négociations financières que par la victoire sur la pelouse, c'est un signal d'alarme que la fédération ne peut pas ignorer. Quel capitaine a pris ses responsabilités lors de cette campagne de qualifications ? Qui a incarné l'Italie comme Buffon, Cannavaro ou Del Piero le faisaient en leur temps ? Les réponses sont inconfortables.

Le Mondial 2026 se jouera sans les Azzurri, et cette absence sera d'autant plus visible que la compétition s'élargit à 48 équipes. L'ironie est absolue : jamais autant de places disponibles, jamais l'Italie n'en a semblé aussi loin. La FIGC va devoir mener une réflexion de fond sur sa politique sportive — formation des jeunes, structure des championnats de jeunes, identité de jeu — plutôt que de chercher un énième sélectionneur miraculeux. Parce que le problème n'est pas Gattuso. Le problème est systémique, et il ne se réglera pas en changeant le nom sur le tableau blanc du vestiaire.

La prochaine fenêtre internationale sera un test. Si les mêmes têtes, le même état d'esprit et les mêmes dynamiques financières restent en place, alors personne ne devrait s'étonner de voir l'Italie continuer sa lente descente au classement FIFA. Pour une nation qui a façonné le football mondial pendant des décennies, c'est simplement inacceptable.

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