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Football

L'Italie hors du Mondial : le cauchemar se répète

Par Rédaction SBM··5 min de lecture·Source: RMC Sport

Battue aux tirs au but par la Bosnie-Herzégovine (1-1, TAB 4-1), l'Italie manque une troisième Coupe du monde consécutive. Un désastre historique.

L'Italie hors du Mondial : le cauchemar se répète

Trois Coupes du monde de suite sans l'Italie. Le chiffre est brutal, il dit tout. La Nazionale vient de s'écraser une nouvelle fois aux portes du Mondial, éliminée aux tirs au but par la Bosnie-Herzégovine sur le score de 4-1 après un match nul 1-1. Gennaro Gattuso, qui avait repris les rênes d'une équipe italienne en quête de renaissance, goûte à son tour à ce poison lent que les tifosi connaissent trop bien. Après 2018 et 2022, le football italien replonge dans l'abîme.

Kean ouvre, Bastoni explose tout : le scénario catastrophe

Moise Kean avait pourtant mis les Azzurri sur les bons rails. L'attaquant, selon nos informations présent dans le onze de départ pour apporter du dynamisme à une équipe bridée par ses doutes, avait ouvert le score et semblé offrir à l'Italie le destin qu'elle méritait. Sauf que le football, surtout quand il s'agit de l'Italie en éliminatoires, n'en fait qu'à sa tête.

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L'expulsion d'Alessandro Bastoni a tout changé. Le défenseur de l'Inter Milan, pilier du dispositif de Gattuso, a laissé ses coéquipiers à dix contre une Bosnie-Herzégovine qui n'attendait que ce cadeau. Les Bosniens ont égalisé, poussé, résisté, et quand les tirs au but sont arrivés, il n'y avait plus grand-chose à espérer côté italien. 4-1 aux penaltys. Une déroute froide, clinique, qui résume à elle seule les maux structurels du football transalpin.

À en croire l'entourage du sélectionneur, Gattuso avait prévenu en prenant le poste que la reconstruction prendrait du temps. Personne n'imaginait que ce temps serait aussi court — et que le verdict tomberait aussi sèchement. L'Italie championne d'Europe 2021 semble appartenir à une autre époque, presque une autre équipe. Roberto Mancini avait construit quelque chose de fragile, et la fragilité, ça se brise.

Les statistiques sont accablantes. Depuis 2018, l'Italie a disputé deux phases de qualification au Mondial sans jamais franchir l'obstacle décisif. Sur les trois dernières Coupes du monde — 2018, 2022, et maintenant celle à venir — la nation qui a soulevé le trophée quatre fois dans son histoire sera absente. Aucune autre grande nation européenne ne peut se targuer d'un tel palmarès d'absences.

  • 3 Coupes du monde consécutives manquées par l'Italie (2018, 2022, et la prochaine édition)
  • 1-1 : score après le temps réglementaire face à la Bosnie-Herzégovine
  • 4-1 aux tirs au but : l'ampleur de la défaite dans l'exercice fatal
  • 1 expulsion : celle de Bastoni, tournant décisif du match

Gattuso dans la tempête, le football italien face à son miroir

Gennaro Gattuso va devoir répondre. Dès ce soir, les questions pleuvent sur sa responsabilité tactique, sa gestion du groupe, ses choix dans les moments chauds. L'homme qui a jadis dirigé Naples avec une intensité reconnue par toute l'Europe se retrouve à gérer ce qui ressemble à une crise existentielle du football italien. Pas seulement un résultat raté — un système à repenser de fond en comble.

Selon nos informations, plusieurs cadres de la Fédération italienne avaient exprimé des doutes en interne sur la capacité de l'équipe actuelle à produire le football nécessaire dans les grands rendez-vous. Ces doutes, personne ne les a entendus assez tôt. Le vrai problème de l'Italie n'est pas Gattuso. Il est structurel, ancré dans les académies de formation, dans un championnat de Serie A qui produit de moins en moins de jeunes à même d'assumer la pression internationale au plus haut niveau.

La Bosnie-Herzégovine, elle, peut savourer. Une équipe qui n'a jamais participé à une Coupe du monde réussit l'exploit d'en éliminer une des nations fondatrices du football mondial. C'est le signe d'un rééquilibrage du football européen, où les hiérarchies figées depuis des décennies volent en éclats. Les Bosniens avaient déjà montré des éclair lors de précédentes campagnes — cette fois, ils ont converti l'essai au moment le plus important.

Le cas Bastoni mérite qu'on s'y attarde. Expulser un défenseur central dans un match d'une telle importance, c'est offrir l'adversaire sur un plateau. L'Inter Milan avait mis en garde contre une surcharge mentale de son joueur en fin de saison, à en croire plusieurs sources proches du club lombard. Est-ce que Gattuso aurait dû protéger davantage certains éléments clés ? La question se pose avec acuité ce soir à Rome.

Du côté des supporters, la colère est prévisible. Trois absences consécutives en Coupe du monde, c'est une blessure ouverte dans l'identité d'un pays pour lequel le football n'est pas un sport mais une religion civile. Les réseaux sociaux italiens s'embrasent, les éditorialistes de la Gazzetta dello Sport et du Corriere dello Sport vont passer les prochains jours à chercher des coupables. Gattuso sera en première ligne, mais il serait trop commode d'en faire le seul responsable.

Reste une question qui dépasse ce résultat : l'Italie est-elle encore une puissance mondiale du football ? La réponse, ce soir, penche dangereusement vers le non. Reconstruire une identité de jeu, relancer les filières de formation, retrouver la confiance d'une génération de joueurs traumatisés par les échecs répétés — tout cela prendra des années. Le prochain cycle qualificatif commencera dans un climat de défiance totale. Et si personne ne prend les décisions courageuses qui s'imposent à la Fédération italienne, le risque d'une quatrième absence consécutive n'est pas une hypothèse d'école. C'est une trajectoire.

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