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Football

Espagne-Égypte : un chant raciste scandalise le RCDE Stadium

Par Rédaction SBM··4 min de lecture·Source: Footmercato

Un chant islamophobe entonné dans les tribunes lors d'Espagne-Égypte a choqué le monde du football. L'incident ternit une rencontre internationale.

Espagne-Égypte : un chant raciste scandalise le RCDE Stadium

Un soir censé célébrer le football international. Un stade, le RCDE Stadium de Cornellà-El Prat, rempli pour accueillir la Roja face aux Pharaons d'Égypte. Et en plein milieu de la rencontre, alors que le score est encore vierge à quelques minutes de la mi-temps, l'indicible se produit : un chant à caractère raciste et islamophobe monte des tribunes, visant directement les supporters et joueurs musulmans. L'indignation, elle, a été immédiate.

Un incident qui dépasse largement le cadre du match

On ne parle pas d'un dérapage isolé dans un coin de gradin. Le chant, entonné de façon audible et organisée, a résonné dans l'enceinte de l'Espanyol au moment où les deux équipes s'affrontaient dans une atmosphère déjà électrique. L'Espagne et l'Égypte, deux nations aux cultures et aux histoires sportives radicalement différentes, s'offraient un duel tendu — et c'est précisément ce contexte qui a servi de terreau à cette manifestation haineuse.

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Les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux, des milliers de messages de condamnation ont déferlé en quelques minutes à peine. Des voix issues du monde footballistique espagnol, mais aussi international, ont pris la parole pour qualifier ce chant d'inacceptable. Certains observateurs ont rappelé que ce type d'incident n'est malheureusement pas une première dans les stades ibériques — ni ailleurs en Europe.

L'UEFA et la Fédération royale espagnole de football (RFEF) vont devoir se positionner. La tolérance zéro affichée dans les chartes officielles sera mise à l'épreuve. Car une chose est d'écrire des règlements, une autre est de les appliquer avec fermeté lorsque les faits se produisent en direct, sous les caméras du monde entier.

Ce qui rend cet incident particulièrement grave, c'est son contexte géopolitique et symbolique. L'Égypte est un pays à majorité musulmane. Certains de ses joueurs, comme la grande star Mohamed Salah — absent ce soir, mais figure centrale de la sélection des Pharaons — sont des symboles forts de la communauté musulmane à l'échelle planétaire. Viser les musulmans dans ce cadre précis, c'est frapper bien au-delà du stade.

  • Score au moment de l'incident : 0-0, peu avant la mi-temps
  • Lieu : RCDE Stadium, enceinte de l'Espanyol à Cornellà-El Prat, Barcelone
  • L'UEFA recense plus de 200 cas de discrimination traités disciplinairement chaque saison en compétitions européennes
  • En 2023, la RFEF avait déjà sanctionné plusieurs clubs espagnols pour comportements discriminatoires dans leurs tribunes

Que va-t-il se passer maintenant ? La RFEF et l'UEFA dos au mur

La balle est désormais dans le camp des instances. La RFEF dispose d'un protocole antidiscrimination activable durant les matchs, qui prévoit plusieurs étapes : annonce au micro, interruption du match, puis arrêt définitif si les faits persistent. Ce protocole a-t-il été déclenché ce soir ? La question mérite une réponse claire, et vite.

Du côté de l'UEFA, le règlement disciplinaire est explicite : tout comportement discriminatoire — racial, religieux ou autre — est passible de sanctions allant de l'amende à la fermeture de stade, voire à la défaite par forfait pour l'équipe dont les supporters sont impliqués. Des précédents existent. La Bulgarie avait été sanctionnée de fermeture partielle de son stade après les incidents lors du match face à l'Angleterre en octobre 2019, qui avaient provoqué l'interruption de la rencontre.

Mais l'histoire montre que les sanctions restent souvent perçues comme insuffisantes. Une amende de quelques dizaines de milliers d'euros pour une fédération nationale, c'est symbolique. Ce que réclament les associations de lutte contre le racisme dans le football, c'est une suspension de points, des exclusions de compétitions, des actes concrets qui font mal sportivement parlant.

Les joueurs égyptiens, eux, ont joué. Continué. Comme on le fait souvent dans ces situations, parce que l'alternative — quitter le terrain — est elle-même un acte lourd de conséquences sportives et diplomatiques. Cette résilience forcée dit quelque chose de profondément injuste sur ce que vivent encore des athlètes professionnels en 2025.

Au-delà du cas espagnol, cet incident relance un débat qui ne devrait plus exister mais s'impose encore : comment les fédérations nationales forment-elles leurs stadiers, leurs arbitres, leurs délégués, pour réagir en temps réel face à de tels débordements ? Combien faut-il d'incidents filmés, viralisés, commentés à l'infini avant que les protocoles deviennent des réflexes et non des options ?

Le football espagnol, porté par le génie de la Roja et le prestige de la Liga, ne peut pas se permettre que son image soit durablement associée à ce type de scène. La Fédération royale espagnole de football doit ouvrir une enquête, nommer les responsables si tant est qu'ils soient identifiables, et sanctionner. Pas dans six mois. Maintenant. Parce que chaque heure de silence ressemble à de la complicité.

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