Le 7 juillet 2019, le Parc Olympique Lyonnais vibrait pour la grande finale du Mondial féminin. Les États-Unis s'imposaient face aux Pays-Bas sur le score de 2-0, concluant une compétition historique organisée sur le sol français. Mais au-delà du sacre américain, c'est toute une discipline qui a changé de dimension. Trois mois après le coup de sifflet final, le bilan est éloquent et les perspectives, enthousiasmantes.
Un Mondial qui a pulvérisé tous les records
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : avec plus d'un milliard de téléspectateurs cumulés à travers le monde, cette Coupe du Monde féminine est tout simplement la plus regardée de l'histoire. En France, le phénomène a pris une ampleur inattendue. Pas moins de 13 millions de Français ont suivi le huitième de finale opposant les Bleues au Brésil, soit un téléspectateur sur deux. À l'échelle mondiale, ce sont 59 millions de fans qui étaient rivés à leurs écrans pour ce seul match. Au Royaume-Uni, la rencontre opposant les États-Unis à l'Angleterre a établi le record de la plus forte audience télévisée de l'année, avec 11,7 millions de téléspectateurs. Des records qui démontrent, sans ambiguïté, l'appétit croissant du grand public pour le football au féminin.
Des stades pleins et une ferveur populaire inédite
Au-delà des écrans, c'est dans les tribunes que la révolution s'est incarnée. Les Bleues ont joué l'intégralité de leurs rencontres à guichets fermés, dans une atmosphère de fête populaire rarement connue pour une compétition féminine. Cette effervescence dans les stades a non seulement témoigné d'un engouement sincère, mais a également envoyé un message fort aux clubs, aux diffuseurs et aux institutions : le football féminin est bankable. Les retombées commerciales et médiatiques de cette compétition ont ouvert les yeux à de nombreux décideurs sportifs, longtemps réticents à investir sérieusement dans la discipline.
Un tremplin pour l'avenir du football féminin
Ce Mondial 2019 aura-t-il été l'élément déclencheur d'une transformation profonde et durable ? Tout porte à le croire. Dans les semaines suivant la compétition, plusieurs clubs professionnels masculins ont annoncé des investissements accrus dans leurs sections féminines. Les contrats de diffusion sont en cours de renégociation, et la visibilité médiatique des championnats nationaux féminins s'améliore sensiblement. En France, la Division 1 Féminine bénéficie d'une attention nouvelle, portée par la popularité des joueuses révélées au grand public lors du tournoi. Des figures comme Amandine Henry ou Wendie Renard sont désormais des ambassadrices incontournables du sport français. La dynamique est lancée : reste à transformer l'essai sur le long terme, en structurant davantage la formation, les infrastructures et la rémunération des joueuses professionnelles. Le football féminin n'a jamais été aussi proche d'une véritable reconnaissance à la hauteur de son talent.



