Après la défaite 0-2 contre l'Atlético en Ligue des Champions, le FC Barcelone a déposé une plainte officielle contre l'arbitrage. Hansi Flick réagit.
Zéro but. Deux buts encaissés. Et une plainte officielle déposée dans la foulée. Le FC Barcelone a traversé une soirée cauchemardesque face à l'Atlético de Madrid lors du quart de finale aller de Ligue des Champions, s'inclinant lourdement 0-2 à domicile. Mais ce qui a véritablement fait l'effet d'une bombe, c'est la décision du club catalan de publier un communiqué officiel pour contester les décisions arbitrales de la rencontre. Une sortie fracassante, rare à ce niveau, qui a immédiatement mis le feu aux poudres dans toute l'Europe du football.
Quand le Barça sort les griffes contre les hommes en noir
Le communiqué du FC Barcelone est tombé comme un uppercut. Quelques heures seulement après le coup de sifflet final, la direction blaugrana a choisi l'offensive plutôt que le repli pudique habituel des clubs battus. Le texte pointe du doigt plusieurs actions litigieuses qui auraient, selon le club, pesé de façon décisive sur le résultat. Un penalty refusé, des cartons qui n'ont pas été brandis au bon moment, une gestion globale de la rencontre jugée inacceptable. Le Barça ne mâche pas ses mots.
Cette décision n'est pas anodine. Dans le monde feutré des instances européennes, les clubs rechignent généralement à s'exposer publiquement au risque de sanctions disciplinaires de l'UEFA. Barcelone a visiblement estimé que le silence aurait été une capitulation de plus. Le club a donc choisi de mettre l'UEFA face à ses responsabilités, quitte à s'attirer les foudres des gardiens de l'orthodoxie institutionnelle.
Et Hansi Flick dans tout ça ? L'entraîneur allemand, arrivé au Camp Nou cet été avec la mission de reconstruire un géant aux pieds d'argile, s'est retrouvé devant les micros avec une question brûlante à gérer. Soutenir la démarche du club tout en évitant de paraître chercher des excuses à une défaite méritée sur le score. L'exercice d'équilibriste par excellence. L'ancien sélectionneur de la Mannschaft a choisi une ligne claire : il comprend et respecte la position du FC Barcelone, tout en insistant sur le fait que l'équipe doit désormais se concentrer uniquement sur le match retour. Pas question pour lui de laisser la polémique arbitrale dévorer l'énergie du vestiaire.
Sur le fond du match, les chiffres sont impitoyables. Barcelone n'a cadré que deux tirs de la soirée face à Jan Oblak, quand l'Atlético de Diego Simeone a démontré toute sa maîtrise défensive et son efficacité clinique. Les deux buts encaissés — dont un particulièrement évitable défensivement — résument une soirée où les Blaugrana ont semblé tétanisés par l'enjeu autant que muselés par le bloc madrilène.
- Score au match aller : Barcelone 0-2 Atlético de Madrid
- Tirs cadrés barcelonais sur l'ensemble de la rencontre : 2
- Plaintes officielles du Barça contre l'arbitrage en Ligue des Champions ces dix dernières années : une pratique rarissime à ce niveau
- Match retour prévu au Metropolitano, un stade où l'Atlético n'a perdu qu'une seule fois cette saison en compétition européenne
Le Metropolitano attend, et le gouffre est immense à combler
Deux buts de déficit. À Madrid. Contre une équipe de l'Atlético qui sait mieux que quiconque verrouiller un avantage acquis. La mission qui attend Hansi Flick et ses joueurs au retour frôle l'impossible, mais le football européen a déjà produit des remontadas qui ont défié toute logique. Barcelone en sait quelque chose — dans les deux sens du terme.
Pour y croire, il faudra d'abord que Robert Lewandowski retrouve son tranchant. L'attaquant polonais, à 36 ans toujours capable du meilleur, a été fantomatique lors du match aller. Lamine Yamal et Raphinha, les deux turbines offensives qui ont rendu la Liga si excitante cette saison côté catalan, devront hausser leur niveau dans des proportions significatives pour espérer faire basculer une double confrontation qui penche très clairement en faveur des Colchoneros.
La plainte contre l'arbitrage, elle, suit son propre chemin. Les instances de l'UEFA vont devoir se prononcer, et leur réponse sera scrutée de près. Non pas parce qu'elle changera quoi que ce soit au score de 0-2, mais parce qu'elle dira beaucoup sur la façon dont l'Europe du football entend traiter les contestations publiques des grands clubs. Si Barcelone est sanctionné pour avoir osé parler, le message sera cinglant. Si la plainte reçoit un traitement sérieux, d'autres clubs pourraient être tentés d'emprunter la même voie.
Flick, lui, a une partition délicate à jouer sur deux fronts simultanément. Maintenir la cohésion d'un groupe qui a subi une humiliation à domicile dans la compétition la plus prestigieuse du continent, tout en gérant l'onde de choc médiatique et institutionnelle d'une plainte officielle qui fait du FC Barcelone un acteur politique autant que sportif. L'entraîneur allemand a montré depuis son arrivée une capacité à insuffler du jeu et de l'audace à cette équipe — Barcelone reste d'ailleurs en course pour le titre en Liga — mais il n'avait pas encore eu à traverser ce type de tempête.
Le Metropolitano sera le vrai verdict. Pas les communiqués, pas les conférences de presse, pas les décisions des arbitres. Le football, in fine, se règle toujours sur le rectangle vert. Et pour que Barcelone renverse l'Atlético de Simeone à domicile, il faudra produire le match de la saison. Flick le sait. Ses joueurs aussi. La question est de savoir si la polémique arbitrale va les galvaniser — ou les distraire au pire moment.