Michel Platini dézingue Gianni Infantino sur RMC Sport. L'ancien patron de l'UEFA n'épargne pas le président de la FIFA.
Le football mondial a ses guerres de tranchées. Et celle qui oppose Michel Platini à Gianni Infantino ne montre aucun signe d'apaisement. Invité de l'After Foot sur RMC Sport, le Français a sorti la sulfateuse contre le président de la FIFA. Sans retenue. Sans diplomatie.
Une attaque directe et sans filtre
«Il aime les riches.» Trois mots. Cinq syllabes. L'ancien patron de l'UEFA n'a pas cherché la métaphore pour qualifier celui qui dirige aujourd'hui le football planétaire. Le message est clair, assumé, volontairement brutal. Platini vise la gouvernance d'Infantino, ses choix politiques, ses alliances avec les grandes puissances financières du sport mondial.
Pour l'ancien numéro 10 de l'équipe de France, la FIFA sous Infantino a tourné le dos aux petites nations et aux clubs modestes. La Coupe du Monde à 48 équipes, le projet de Super Ligue mondiale, les tournois multipliés à l'infini : autant de décisions que Platini interprète comme un alignement systématique sur les intérêts des plus fortunés. Une vision du football que l'Européen refuse catégoriquement.
Deux hommes, deux visions irréconciliables
L'histoire entre ces deux hommes est longue et complexe. Infantino fut le bras droit de Platini à l'UEFA avant de lui succéder à la tête de la FIFA en 2016, dans un contexte de suspension de l'ancien dirigeant. Une trahison, selon certains proches du Français. Une simple ambition personnelle, selon d'autres.
Depuis, les piques s'accumulent. Platini n'a jamais digéré ni sa mise à l'écart du football institutionnel, ni la trajectoire empruntée par son successeur. Il dénonce un système de gouvernance opaque, des réformes dictées par l'argent et non par l'intérêt du sport. Face à lui, Infantino avance, soutenu par une majorité de fédérations africaines, asiatiques et sud-américaines qui voient en lui un défenseur de leur représentativité.
Un débat qui dépasse les deux hommes
Au fond, cette querelle cristallise un débat fondamental : quel football voulons-nous pour demain ? Un sport accessible, équilibré, ancré dans ses territoires ? Ou un spectacle globalisé, optimisé pour les droits TV et les marchés émergents ? Michel Platini incarne la première vision. Infantino, qu'on le veuille ou non, représente la seconde.
Ces prises de position publiques de Platini résonnent dans un contexte où la gouvernance du football mondial est de plus en plus scrutée. Les scandales de corruption, les procès, les réformes controversées ont fragilisé la confiance des supporters et des acteurs du terrain envers les instances dirigeantes. Chaque déclaration pèse lourd.
Une chose est certaine : entre Platini et Infantino, le dialogue semble définitivement rompu. Et ce sont les amoureux du ballon rond qui, en définitive, observent ce duel au sommet avec un mélange de fascination et d'inquiétude pour l'avenir de leur sport.