Daniel Riolo a lâché le nom de Mohamed Bouhafsi comme le profil qui circule le plus pour succéder à Pablo Longoria à la tête de l'Olympique de Marseille.
Mohamed Bouhafsi président de l'Olympique de Marseille. La phrase a de quoi faire tourner les têtes, et pourtant. C'est Daniel Riolo, figure incontournable de RMC et chroniqueur de l'After Foot, qui a balancé l'information ce lundi avec une certaine assurance : le journaliste sportif serait le nom qui circule le plus dans les couloirs du pouvoir marseillais pour succéder à Pablo Longoria à la présidence du club phocéen. "Il coche toutes les cases", a-t-il lâché. Et cette phrase, dans la bouche de Riolo, ne s'envole pas par hasard.
Bouhafsi dans la lumière : entre légitimité médiatique et projet sportif flou
Mohamed Bouhafsi, c'est d'abord une carrière de journaliste construite patiemment, entre RMC Sport et France Télévisions, avec une spécialisation sur le football et les coulisses du mercato. Il a les contacts, il a la crédibilité, il parle aux joueurs, aux agents, aux dirigeants. À 42 ans, il connaît les rouages du football professionnel mieux que beaucoup de présidents en exercice. C'est justement ce carnet d'adresses XXL et cette capacité à dialoguer avec tous les acteurs du milieu qui séduisent, semble-t-il, du côté de Frank McCourt.
Riolo a bien précisé que son nom "circule" — nuance importante. On n'est pas encore dans l'officiel, ni même dans la piste avancée. Mais quand le journaliste de l'After Foot s'aventure sur ce terrain, c'est rarement sans avoir un minimum de matière. Le timing, lui, n'est pas anodin : Pablo Longoria traverse une période de turbulences à Marseille, entre résultats sportifs décevants et tensions internes qui alimentent les rumeurs de départ depuis plusieurs semaines.
La question qui se pose immédiatement : est-ce que Mohamed Bouhafsi a le profil d'un président de club de football au sens opérationnel du terme ? Gérer un budget, piloter un mercato, gérer les relations avec un vestiaire sous pression permanente — c'est un autre métier que celui de journaliste, aussi brillant soit-il. L'histoire du football européen est jalonnée de personnalités médiatiques ou politiques parachutées à la tête de clubs avec des résultats contrastés. À l'inverse, sa connaissance intime du milieu pourrait lui éviter les pièges classiques du néophyte.
- Pablo Longoria est président de l'OM depuis mars 2021, soit plus de quatre ans à la tête du club.
- L'Olympique de Marseille reste le seul club français à avoir remporté la Ligue des Champions, en 1993.
- Frank McCourt a racheté l'OM en 2016 pour environ 45 millions d'euros, avec des investissements cumulés dépassant les 500 millions d'euros depuis.
- Mohamed Bouhafsi a rejoint France Télévisions en 2022 après des années passées sur les antennes de RMC Sport.
L'OM cherche un visage : McCourt veut du charisme autant que de la compétence
Derrière cette piste, il y a une logique de fond qui mérite d'être examinée. Frank McCourt, le propriétaire américain de l'OM, a toujours eu le goût des profils atypiques, des personnalités capables d'incarner le club au-delà du simple organigramme. Longoria lui-même, ancien recruteur et directeur sportif, n'était pas le président de football classique quand il a été nommé. McCourt parie sur des profils avec une forte intelligence relationnelle et une vision à long terme plutôt que sur des ex-joueurs devenus dirigeants par tradition.
Dans ce contexte, un Mohamed Bouhafsi aurait une valeur symbolique et communicationnelle forte. Marseille est une ville qui vibre au rythme de son club, une ville où la présidence de l'OM est presque un mandat politique. Il faut pouvoir tenir un discours, absorber la pression médiatique, parler à la rue autant qu'aux actionnaires. Sur ce plan-là, le journaliste a clairement les armes. Sa popularité, son image propre, son ancrage dans le monde du football réel — pas celui des plateaux télé déconnectés — en font un profil séduisant pour une direction qui voudrait réconcilier le club avec ses supporters.
Reste que l'OM, c'est aussi 350 millions d'euros de budget annuel, une masse salariale titanesque à gérer, des négociations de contrats avec des agents parmi les plus retors d'Europe. La dimension financière et juridique d'une présidence de club de cette envergure nécessite une équipe solide autour du président — et peut-être que c'est exactement ce que McCourt a en tête : un visage fort, un communicant de talent, entouré de directeurs sportifs et financiers expérimentés qui font tourner la machine.
Il faut aussi mesurer ce que représente l'OM dans la vie de Mohamed Bouhafsi. Le journaliste est connu pour sa passion sincère du football, pour son approche humaine du sport. Accepter ce rôle, ce serait renoncer à son indépendance éditoriale, à une liberté de parole rare dans le milieu. Ce serait s'exposer à la fureur des Ultras le soir d'un mauvais résultat, à la pression d'une presse qui connaît tous ses réseaux. Le prix à payer est élevé. Très élevé.
Pour l'heure, rien n'est acté. Riolo a ouvert une porte, lancé un nom dans l'arène, et Marseille s'est engouffré dedans avec la passion qu'on lui connaît. La succession de Pablo Longoria — si tant est qu'elle soit réellement en marche — sera l'un des feuilletons de l'été dans le football français. Et Mohamed Bouhafsi, qu'il accepte ou décline, vient d'entrer dans une nouvelle dimension. Celle où son nom pèse au-delà des micros et des plateaux. Au Vélodrome, ça commence comme ça, les grandes histoires.