Aller au contenu principal
Football

Pastore agent, Enzo Fernandez client... et une histoire folle

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Reconverti en agent, Javier Pastore raconte comment il a déniche et recruté Enzo Fernandez, l'un des milieux les plus chers de l'histoire du foot.

Pastore agent, Enzo Fernandez client... et une histoire folle

Qui aurait parié sur Javier Pastore en recruteur de génie ? L'ancien numéro 10 du Paris Saint-Germain, celui dont on attend encore quelques dribbles par-ci par-là au Vélodrome ou au Parc des Princes dans nos souvenirs, a troqué ses crampons pour un rôle bien moins glamour en apparence — mais infiniment stratégique. À 36 ans, El Flaco s'est réinventé en agent de joueurs, et son premier grand coup s'appelle Enzo Fernandez. Oui, ce milieu de terrain argentin passé de Benfica à Chelsea pour la somme astronomique de 121 millions d'euros en janvier 2023, record absolu pour un transfert hivernal dans l'histoire du football. Pastore n'a pas eu de chance. Il a eu du flair.

Comment un ancien joueur du PSG s'est retrouvé à gérer l'un des talents les plus chers du monde ?

Tout commence bien avant la folie Chelsea, bien avant le Mondial 2022 au Qatar, bien avant que le nom d'Enzo Fernandez ne s'affiche en une des journaux sportifs du monde entier. Pastore, lui, avait détecté le joueur à River Plate, dans le bouillonnant championnat argentin. Il faut comprendre une chose sur Javier Pastore : il n'a pas quitté l'Argentine pour ne jamais y revenir. Les connexions, les réseaux, le regard sur le football local — tout ça, il l'a conservé jalousement. Et c'est précisément ce qui lui a permis d'identifier Enzo Fernandez avant que la planète foot ne se retourne vers lui.

BetBurger - Surebets et Valuebets en temps réel

Scanner professionnel de surebets et valuebets pour maximiser vos gains sportifs.

Découvrir BetBurger →

18+ | Les jeux d'argent peuvent être dangereux. Jouez responsablement.

La relation entre les deux hommes s'est construite dans la discrétion, loin des agents en costume qui se battent dans les couloirs des centres de formation. Pastore a approché Fernandez avec le langage de quelqu'un qui a vécu ce que vit le joueur — la pression de quitter l'Amérique du Sud, de s'adapter à l'Europe, de porter des attentes démesurées. Ce n'est pas rien. Quand un ancien crack du PSG te dit qu'il comprend ta trajectoire, tu l'écoutes différemment qu'un intermédiaire en quête de commission.

Qu'est-ce que ça révèle sur la nouvelle vie des anciens footballeurs devenus agents ?

Le cas Pastore illustre une tendance lourde dans le football contemporain. Les ex-joueurs de haut niveau investissent massivement le marché de la représentation, et ils le font avec un avantage concurrentiel réel. Pas uniquement le carnet d'adresses — même si celui de Pastore, forgé entre Palerme, Paris, Rome et Malaga, est évidemment considérable. Non, l'avantage, c'est la crédibilité humaine. Les jeunes joueurs, surtout les Sud-Américains qui franchissent l'Atlantique pour la première fois, cherchent des figures tutélaires autant que des négociateurs.

Le football professionnel compte désormais des centaines d'agents agréés par la FIFA depuis la réforme du statut entrée en vigueur en 2023, qui a tenté de réguler un secteur longtemps comparé à une jungle. Dans ce contexte, avoir joué à haut niveau — avoir été champion de Ligue 1 avec le PSG de Carlo Ancelotti, avoir connu la Serie A avec la Roma — c'est une carte de visite que personne ne peut vous acheter. Pastore le sait, et il en joue intelligemment.

Mais attention à ne pas idéaliser. Le métier d'agent reste une guerre d'influence permanente, faite de coups bas, de clauses confidentielles et de relations qui peuvent se retourner du jour au lendemain. Gérer Enzo Fernandez à Chelsea, c'est naviguer dans l'un des clubs les plus instables du football européen — depuis le rachat par le consortium de Todd Boehly en 2022, les Blues ont dépensé plus de 1,2 milliard d'euros en transferts, avec une gouvernance sportive encore loin d'être stabilisée. Pour Pastore l'agent, chaque fenêtre de mercato est un test.

Enzo Fernandez à Chelsea, une histoire qui tourne bien pour tout le monde ?

Sportivement, le bilan est plus nuancé qu'on pourrait l'espérer. Enzo Fernandez a montré de très belles choses à Stamford Bridge — sa vision du jeu, sa capacité à récupérer et à distribuer, son leadership précoce avec l'équipe nationale argentine — mais Chelsea n'est pas Benfica. La pression d'un transfert à 121 millions d'euros ne pardonne pas les petits matches, et le milieu argentin a souffert comme tous ses coéquipiers des turbulences tactiques et institutionnelles du club londonien.

Pastore, lui, a su préserver l'image de son joueur dans ces moments de doute. C'est ça aussi, le travail d'un agent compétent. Ne pas laisser un joueur s'exposer médiatiquement quand il est en difficulté, anticiper les négociations de prolongation, maintenir un dialogue constant avec le staff et la direction du club. Des tâches ingrates, invisibles, mais fondamentales pour la carrière d'un joueur de ce calibre.

Et puis il y a la dimension argentine, celle du lien permanent avec l'Albiceleste. Sous la direction de Lionel Scaloni, Enzo Fernandez est devenu un titulaire indiscutable de la sélection championne du monde. Cette valeur-là — être un champion du monde à 23 ans — Pastore la gère aussi. Car la marque Enzo Fernandez dépasse largement Chelsea. Elle s'étend sur le marché des sponsors, des partenariats, de l'image à l'international, notamment en Amérique latine où l'engouement pour les champions du monde reste immense.

Javier Pastore aurait pu choisir la facilité — quelques apparitions télé, un poste d'ambassadeur dans un club qu'il a fréquenté, la retraite dorée que son passage au PSG lui aurait sans doute permis. Il a préféré se frotter à la réalité du marché, avec les risques que ça implique. Le fait qu'il ait réussi à placer Enzo Fernandez au sommet du football européen avant même que le monde entier ne réalise l'ampleur du talent en question dit beaucoup sur l'homme. Sur ce qu'il a absorbé en vingt ans de carrière professionnelle. On a peut-être sous-estimé Pastore sur les terrains. Il faudrait éviter de répéter l'erreur dans les coulisses.

Ligue 1Premier LeagueTransfertsChelseaParis Saint-GermainArgentine

Articles similaires