Le président de la Liga cible le PSG et dénonce un silence complice des clubs européens face au pouvoir financier parisien.
La convention sur le piratage organisée à Paris lundi dernier a offert une tribune inattendue. Javier Tebas, président de la Liga espagnole, n'a pas résisté à l'envie de déborder largement du sujet principal. Derrière le combat contre le streaming illégal, c'est une charge frontale contre le PSG qu'il a livrée, avec la franchise qui le caractérise.
Une influence parisienne jugée disproportionnée
Pour Tebas, le constat est simple et brutal : le PSG dispose d'un pouvoir excessif au sein du football européen. La raison ? Un silence coupable de la part des autres clubs du continent. « Le PSG a du pouvoir car les autres se taisent », a-t-il déclaré sans détour. Une formule qui résume à elle seule la frustration du dirigeant espagnol face aux équilibres actuels du football européen.
Le président de la Liga pointe du doigt une forme de omerta collective chez les grands clubs européens. Ces derniers, soucieux de préserver leurs intérêts commerciaux et diplomatiques, choisiraient de fermer les yeux plutôt que de s'opposer aux ambitions parisiennes. Un comportement que Tebas juge contre-productif pour l'ensemble de l'écosystème footballistique.
Le modèle économique du PSG en ligne de mire
Ce n'est pas la première fois que Javier Tebas s'attaque au modèle du club de la capitale française. Le dirigeant espagnol est l'un des critiques les plus virulents des clubs financés par des fonds souverains. Il estime que ces injections massives de capitaux publics faussent la concurrence et menacent la viabilité économique du football européen.
La Liga, sous sa direction, a d'ailleurs multiplié les recours juridiques contre les dépenses jugées excessives du PSG, notamment lors des recrutements retentissants de Neymar et Kylian Mbappé. Pour Tebas, le fair-play financier tel qu'il existe aujourd'hui reste insuffisant pour endiguer ces déséquilibres structurels. Il appelle à des règles plus strictes et surtout à une solidarité plus affirmée entre les clubs historiques du continent.
Un appel à la mobilisation du football européen
Au-delà des accusations, le message de Tebas se veut mobilisateur. Le président de la Liga appelle les grands clubs européens à sortir de leur réserve et à prendre position collectivement. Selon lui, le rapport de force ne changera que si les acteurs traditionnels du football européen s'unissent pour défendre un modèle économique plus équilibré.
La sortie parisienne de Javier Tebas illustre une tension de fond qui traverse le football continental. Entre clubs historiques et nouveaux entrants financés par des États, le débat sur la régulation économique du sport roi est loin d'être clos. Les prochaines négociations autour du fair-play financier européen s'annoncent plus que jamais décisives pour l'avenir du ballon rond.