RFI et France 24 ont dévoilé les 11 candidats au prix Marc Vivien Foé 2025. Surprise : Achraf Hakimi, pourtant brillant avec le PSG, n'en fait pas partie.
Achraf Hakimi absent. C'est la première chose qui frappe à la lecture de la liste des 11 nommés pour le prix Marc Vivien Foé 2025, dévoilée par RFI et France 24. Le latéral droit du Paris Saint-Germain, l'un des meilleurs joueurs africains du continent cette saison en club, ne figure pas parmi les candidats au trophée récompensant le meilleur joueur africain de Ligue 1. Une absence qui fait déjà parler dans les cercles du football français, et qui interroge autant sur les critères de sélection que sur la profondeur du vivier africain dans le championnat cette année.
Qui sont les 11 joueurs en lice et pourquoi cette liste surprend ?
Selon nos informations, la sélection a été arrêtée par un jury de journalistes spécialisés de RFI et France 24, comme chaque année depuis la création du prix en hommage à l'ancien milieu de terrain camerounais décédé en 2003 à 28 ans, en pleine Coupe des Confédérations. Le palmarès de ce trophée compte des noms prestigieux : Didier Drogba, Yaya Touré, Riyad Mahrez. L'édition 2025 s'annonce ouverte.
Parmi les nommés, plusieurs profils retiennent l'attention. Des joueurs qui ont porté leur équipe sur des séquences longues, parfois dans des clubs moins exposés médiatiquement que le PSG ou l'Olympique de Marseille. C'est précisément là que réside l'une des logiques du prix : valoriser des individualités africaines dans l'ensemble du championnat, pas seulement dans les vitrines parisiennes ou lyonnaises. À en croire l'entourage de plusieurs candidats, la concurrence est réelle et aucun grand favori ne se dégage clairement à ce stade.
L'absence d'Hakimi reste toutefois le point de friction. Le Marocain, finaliste de la Ligue des Champions 2024 avec le PSG et pilier de la sélection nationale, a livré une saison solide sur le plan offensif avec plusieurs passes décisives en Ligue 1. Mais le jury a visiblement privilégié d'autres critères — régularité sur l'ensemble de l'exercice, impact statistique ou apport collectif — pour constituer une shortlist qui reflète une autre réalité du football africain en France.
Le prix Marc Vivien Foé pèse-t-il vraiment dans le paysage du football africain ?
La question mérite d'être posée sans détour. Dans un écosystème où le Ballon d'Or, les CAF Awards ou le Prix The Best de la FIFA occupent le devant de la scène, le trophée Marc Vivien Foé conserve une place singulière. Il est le seul à se concentrer exclusivement sur les performances en Ligue 1, ce qui en fait un outil de mesure précis, ancré dans le quotidien du championnat français.
Depuis sa création, le prix a souvent préfiguré des reconnaissances plus larges. Plusieurs lauréats ont ensuite percé sur la scène continentale ou mondiale dans les mois qui ont suivi. En ce sens, être nommé — et a fortiori lauréat — reste un signal fort envoyé aux recruteurs, aux sélectionneurs et aux agents. Le trophée dispose d'une légitimité construite sur deux décennies de suivi rigoureux du football africain en France.
La cérémonie de remise du prix est prévue le 11 mai prochain. D'ici là, le vote du jury se poursuit. Selon nos informations, les délibérations tiennent compte non seulement des statistiques brutes — buts, passes décisives, duels remportés — mais aussi de l'influence d'un joueur sur le jeu collectif de son équipe, un critère plus subjectif mais décisif pour départager des profils très différents.
Qui peut réellement l'emporter le 11 mai et quelle surprise est encore possible ?
Sans dévoiler l'intégralité de la liste avant la communication officielle complète, plusieurs nommés se distinguent par leur régularité cette saison. Des milieux de terrain qui ont tenu des clubs en vie dans la course au maintien ou à l'Europe, des attaquants capables d'enchaîner les performances décisives sur plusieurs mois. Le profil du lauréat idéal, à en croire des observateurs proches du jury, est celui d'un joueur dont on aurait eu du mal à imaginer les performances de son équipe sans lui.
L'histoire du prix montre que les surprises sont rares mais possibles. En 2022, Karl Toko Ekambi avait créé l'unanimité avec ses performances à l'Olympique Lyonnais. L'édition précédente avait mis en lumière des individualités moins attendues. Cette saison, la Ligue 1 a vu plusieurs joueurs africains franchir un cap dans leur carrière, portés par des contextes tactiques favorables ou des transferts réussis en cours de saison.
Ce que la liste 2025 dit aussi du football africain en France, c'est sa diversité géographique. Les nommés représentent plusieurs nations du continent, du Maghreb à l'Afrique subsaharienne, preuve que le vivier ne se concentre plus uniquement autour des grandes fédérations historiques. C'est peut-être là le vrai message de cette édition : le football africain en Ligue 1 s'est élargi, et il faudra désormais compter avec des profils venus de fédérations longtemps cantonnées à la périphérie des grands circuits de recrutement.
Le 11 mai, RFI et France 24 rendront leur verdict. Mais la vraie question qui court jusqu'à la cérémonie n'est pas seulement de savoir qui soulèvera le trophée. C'est de comprendre si ce prix continuera à anticiper les futures stars africaines du football mondial — ou si, dans un marché des transferts de plus en plus capté par les championnats anglais et espagnol, la Ligue 1 gardera encore longtemps son statut de vitrine privilégiée du talent africain en Europe.