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La chute du dollar canadien menace les revenus de la LNH

Par Rédaction SBM·

La Ligue Nationale de Hockey voit son objectif de 4 milliards de dollars compromis par la crise économique canadienne et la faiblesse du huard.

La Ligue Nationale de Hockey (LNH) avait affiché ses ambitions en début de saison 2015-2016 : franchir la barre symbolique des 4 milliards de dollars US de revenus. Un objectif désormais compromis par une conjoncture économique canadienne particulièrement défavorable, qui pèse lourdement sur les finances de la ligue nord-américaine.

Un dollar canadien en chute libre

Depuis 2014, le Canada traverse une période de ralentissement économique significatif. Le huard, monnaie nationale canadienne, a subi une dépréciation historique face au dollar américain. Là où les deux devises s'échangeaient à parité il y a deux ans, la situation a radicalement changé : en janvier 2016, un dollar canadien ne valait plus que 0,69 dollar américain, soit une perte de valeur de près de 30 % en l'espace de deux saisons.

Cette évolution des taux de change représente un problème structurel majeur pour la LNH. En effet, sept des trente franchises de la ligue sont établies en territoire canadien, notamment à Toronto, Montréal, Vancouver ou encore Calgary. Ces clubs génèrent leurs revenus en dollars canadiens — billetterie, droits télévisés locaux, merchandising — mais sont soumis aux mêmes obligations financières que leurs homologues américains, libellées en dollars US.

Des franchises canadiennes fragilisées

Le mécanisme du salary cap, plafond salarial commun à l'ensemble des équipes de la ligue, est fixé en dollars américains. Les clubs canadiens doivent donc payer leurs joueurs dans une devise forte, alors que leurs recettes locales perdent chaque mois de leur valeur relative. Ce déséquilibre structurel grève directement leurs marges opérationnelles et complique toute projection financière à moyen terme.

Au-delà de la problématique monétaire, certaines franchises canadiennes traversent également des difficultés sportives, ce qui impacte la fréquentation des salles et l'engouement des partenaires commerciaux. Un cercle vicieux qui fragilise davantage les équilibres économiques de ces clubs.

Un objectif de 4 milliards hors de portée ?

Pour la LNH et le syndicat des joueurs, les enjeux sont considérables. Les revenus globaux de la ligue servent de base de calcul pour déterminer le plafond et le plancher salariaux de la saison suivante. Une saison décevante sur le plan financier pourrait donc avoir des répercussions directes sur les négociations salariales à venir et sur la répartition des bénéfices entre propriétaires et athlètes.

La ligue, qui avait enregistré 3,7 milliards de dollars lors de la saison précédente, espérait poursuivre sa trajectoire de croissance. Mais la combinaison d'un contexte macroéconomique défavorable au Canada et d'un taux de change pénalisant rend cet objectif particulièrement difficile à atteindre. Les dirigeants de la LNH devront probablement revoir leurs prévisions à la baisse avant la fin de l'exercice.

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