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Football

Palladino dehors - l'Atalanta abandonne son pompier après six mois

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Raffaele Palladino, arrivé en novembre pour sauver la Dea, est remercié après une saison décevante. L'Atalanta tourne la page et cherche déjà un nouveau projet.

Palladino dehors - l'Atalanta abandonne son pompier après six mois

Six mois. C'est tout ce qu'aura duré l'aventure de Raffaele Palladino à la tête de l'Atalanta. Appelé en novembre dernier pour éteindre l'incendie provoqué par le départ précipité d'Ivan Juric, le technicien calabrais rend les clés d'une Dea qui, visiblement, n'a jamais cru à son projet. Le club de Bergame a officialisé mardi la fin de leur collaboration, actant ainsi l'un des plus rapides divorces de la saison en Serie A.

Palladino, le pompier qui n'a pu sauver que les décombres

Quand Palladino arrive à Bergame en plein cataclysme, l'Atalanta sort d'une période chaotique. Ivan Juric, après trois ans de règne, a claqué la porte en octobre sans préavis, laissant le club en pleine confusion. La direction della Dea misait sur la stabilité du départ à la maison mais elle n'a trouvé qu'un homme capable d'apporter un peu d'ordre avant de repartir.

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Palladino hérite d'un effectif talentueux mais fracturé moralement. Mateo Retegui, Gianluca Scamacca, Rasmus Hojlund : les offensifs sont là, les forces créatives aussi. Mais quelque chose ne tourne pas rond dans la mécanique d'une équipe qui avait eu des éclats de génie sous Juric. L'Atalanta termine septième en championnat, un résultat qui enfoncerait n'importe quel autre projet dans le doute. Palladino ne parvient jamais à imposer son identité. Ses choix tactiques laissent perplexes, ses changements arrivent trop tard, son leadership ne prend pas racine.

Dès les premières semaines, on sent bien que le courant ne passe pas avec le vestiaire. Les joueurs, habitués à une autre philosophie, ne suivent qu'à contrecœur. Les résultats reflètent cette désunion. Palladino marque le pas dès février, et les défaites s'accumulent. Aucune confiance à construire, aucun momentum à créer. La Dea joue sans conviction, sans ce tranchant qui la caractérisait autrefois.

Ivan Juric, l'ombre qui plane toujours sur Bergame

Difficile de dissocier l'échec de Palladino du contexte créé par le départ d'Ivan Juric. Le coach croate a bâti quelque chose de consistant à Bergame : une philosophie offensive, des principes clairs, une habitude de la compétition. Trois années de travail ne se remplacent pas en quelques semaines avec un nouvel homme.

Juric lui-même a choisi de quitter le navire sans vraiment justifier sa décision, laissant les dirigeants dans le flou. Cette rupture brutale a créé un vide que personne ne pouvait combler rapidement. Palladino aurait eu besoin de plusieurs mois pour tisser des liens, instaurer une nouvelle culture. Or, dans le football moderne, on n'a jamais le temps. Dès la première mauvaise passe, les critiques fusent, les doutes s'installent, et le coach devient un simple exécutant en sursis.

Les supporters de Bergame, attachés au style de Juric, n'ont jamais vraiment adhéré au projet de Palladino. Ce dernier manquait peut-être de cette aura, de cette reconnaissance suffisante pour imposer un nouveau chapitre. Il arrive à l'Atalanta sans bilan prestigieux, sans palmarès à faire valoir. C'est un coach sans étiquette, parachuté dans une situation de crise. Forcément, les doutes surgissent vite.

L'Atalanta replonge dans l'incertitude

Avec le départ de Palladino, la Dea se retrouve de nouveau à la case départ. En six mois, elle a vécu deux divorces d'entraîneur. Deux fois en quelques semaines, deux fois cette sensation d'instabilité qui mine un club. C'est usant pour les joueurs, c'est usant pour l'administration, c'est usant pour les fans qui attendent juste un peu de sérénité.

La direction de Bergame doit maintenant trouver un troisième homme. Quel profil ? Un expérimenté capable de gérer une crise ? Un jeune capable de construire un nouveau projet à moyen terme ? La septième place en Serie A impose une reconstruction urgente, d'autant que la Coupe d'Europe n'a pas souri à la Dea cette saison. L'enjeu financier est considérable.

Certains noms circulent déjà. Celui de Fabio Cannavaro, ancien défenseur de légende et coach cherchant un rebond. Celui de Gian Piero Gasperini, l'ancien rédempteur de Bergame qui a donné à la Dea ses lettres de noblesse avant la période Juric. Celui de jeunes loups comme Daniele De Rossi, qui a lui-même connu des difficultés à la Roma mais possède la crédibilité européenne que Palladino n'avait pas.

Les semaines à venir seront cruciales. L'Atalanta possède les moyens de rebondir : un stade de bon niveau, une infrastructure moderne, des revenus décents. Mais il faut trouver rapidement le bon équilibriste, celui qui saura panser les plaies de la saison écoulée et relancer une machine que l'absence de Juric a enrayée.

Palladino, lui, disparaît presque sans trace. Dans six mois, qui se souviendra vraiment de son passage à Bergame ? C'est le destin cruel de ces pompiers qui arrivent trop tard pour sauver la maison. Il attendait peut-être mieux qu'une simple parenthèse dans le long roman de la Dea.

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