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Le catenaccio et l’Italie, une grande histoire d’amour

Alors que le football est en perpétuelle évolution, certaines tactiques ont marqué de leurs empreintes ce sport à travers le temps. Du football total de Marcelo Bielsa ou encore de Rinus Michels jusqu’au football de possession devenu l’identité de l’Espagne en passant par le football vertical du jeune Nagelsmann, une tactique s’est imposé comme une des plus efficaces de l’histoire de ce sport. Entre frustration et haine, le catenaccio a changé la vision du football, à tout jamais.

Un système de jeu jamais vu …

L’histoire de cette tactique méconnue, commence en 1931. Alors qu’on s’imagine que c’est les Italiens qui ont crées cette dernière, c’est bel et bien chez leurs voisins Suisse qu’elle est apparu pour la première fois. Karl Rappan, alors entraîneur du Servette de Genève, décide de mettre en place au cours de l’année 1931 une nouvelle approche qu’il va nommer, le verrou. Persuadé d’avoir une équipe faible, il décide de tout miser sur sa tactique axée sur la défense. Positionnée en 2-3-5, schéma classique de l’époque, il va imposer à son équipe une défense à 4. Du jamais vue à l’époque. Sa défense va être positionnée avec 3 joueurs à plat plus un joueur positionné derrière la première ligne qui sera appelé, le verrouilleur. Grâce à cette tactique révolutionnaire, le Servette de Genève va remporter 2 titres nationaux et Karl Rappan finira par entraîner l’équipe nationale Suisse. Malgré sa réussite, le système sombrera dans l’oubli avec l’arrivée de la 2nd guerre mondiale.

L’Italie, à jamais pays de la renaissance

Lors de l’après-guerre, ce système va renaître en Italie sous le nom que l’on connaît aujourd’hui, le catenaccio. Gipo Viani entraîneur de Salernitana alors en 2ème division italienne, a remis à la lumière du jour ce système de jeu. Cette trouvaille est venue d’une anecdote qu’il va raconter plus tard. Un matin, alors que son équipe est mal classée et est la pire défense du championnat, il observe un chalutier. À l’intérieur, des pêcheurs tiraient de l’eau un filet rempli de poisson. Il remarque alors que derrière le premier filet se trouvait un 2ème. Sa réflexion arrive à ce moment. Il est inévitable que des poissons évitent le premier mais ces derniers sont tout de suite stoppés par le second. Il a trouvé la solution aux problèmes de son équipe. Derrière sa ligne de 3 défenseurs, il installe un joueur qui sera sans aucun marquage, le libero. Son rôle sera de combler les erreurs de la première ligne de défense et nettoyer la surface de réparation.
Ce poste sera haï par les attaquants adverses. Le catenaccio va monter en popularité chez nos voisins transalpins jusqu’à devenir le système incontournable d’un Inter de Milan qui marchera sur l’Europe.

L’Inter de Milan, l’esprit de la gagne

Helenio Herrera, connu pour sa rigueur et sa sévérité, va s’emparer à merveille de ce système. Grâce à ça, les nerazzuri vont remporter 2 coupes d’Europe consécutives en 1964 et 1965 ainsi que 3 titres de Série A. Dans ce système, il ne suffit pas de placer un joueur derrière la première ligne défensive. Tous les coups sont permis, tacle rugueux, fair-play oublié, pressing intense, marquage à la culotte, tout est mis en place pour remporter le match. Avec cette tactique, le jeu est sacrifié au profit de la victoire. Avec tout ça, cette équipe sera haïe. Le dévouement défensif de ces intégristes va frustrer joueurs et spectateurs.

La fin d’un cycle

Alors que l’Inter et son catenaccio domine l’Europe et l’Italie, les nombreuses accusations de dopages et de corruption d’arbitrage vont ternir l’image de cette tactique. Quelques années plus tard, l’Inter devient l’ombre d’elle-même. Avec les exigences d’Herrera, les joueurs se fatiguent et craquent. En 1967, ils perdent la finale de la coupe d’Europe face au Celtic qui va montrer les faiblesses de cette tactique. En créant le surnombre au milieu de terrain, ils vont se créer énormément d’occasion. L’Inter va donc être vaincu par une équipe joueuse. L’évolution des règles du football, a accéléré la fin du catenaccio. Les règles comme la fin du hors-jeu passif, la sévérité des arbitres de plus en plus importantes ou encore la loi de 1992 qui interdit au gardien de reprendre à la main une passe en retrait ont rendu ce système obsolète.

Le catenaccio 2.0

De nos jours, le catenaccio traditionnel n’est plus d’actualité. Le poste de Libero a disparu du football moderne pour laisser certains gardiens jouer ce rôle comme Neuer ou Ter Stegen. Cependant, le catenaccio a légué un héritage à l’Italie. La culture tactique et la solidité défensive font maintenant partie de l’ADN des équipes de Série A et de la Squadra Azzura. La réputation des équipes de Série A s’est forgée sur un système défensif difficile à faire tomber et un mental sans faille. Lors des éliminatoires de l’Euro 2012, la sélection Italienne ,ne va encaisser que 2 petits buts en 10 matchs. Outre l’aspect défensif, les caractères des joueurs Italiens continuent de faire vivre le catenaccio. Les fautes tactiques de Chiellini ou encore les contestations et simulation de Verratti viennent d’une chose, le catenaccio.

Ce système a dépassé les frontières de l’Italie. Même si les meilleures équipes d’Europe misent sur le football offensif, il n’est pas possible de dominer un match de la 1ère à la 95ème minute. Dans certains cas il faut savoir souffrir et user de vices. Toutes les grandes équipes comptent dans leurs rangs des joueurs capables de casser le rythme d’un match, jouer sur des fautes au milieu de terrain ou encore de se sacrifier pour ne pas prendre un but. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le football que l’on connait aujourd’hui ne serait rien sans le catenaccio.

Marius Dekeyser

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