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Football

Le Barça prêt à attaquer l'arbitrage en justice après l'Atlético

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Humiliés 2-0 par l'Atlético de Madrid, les dirigeants du FC Barcelone envisagent de porter plainte contre l'arbitrage, une escalade inédite dans la politique du club catalan.

Le Barça prêt à attaquer l'arbitrage en justice après l'Atlético

« Je ne comprends pas à quoi diable sert la VAR. » Quand Joan Laporta lâche ce genre de phrase après une défaite, ce n'est jamais anodin. Battu 2-0 par l'Atlético de Madrid mercredi soir au Metropolitano, le FC Barcelone a franchi un cap : la direction du club catalan envisage désormais de déposer une plainte officielle contre l'arbitrage de la rencontre. Une décision qui, si elle se concrétise, ferait basculer une colère post-match ordinaire en véritable affaire institutionnelle.

Une nuit au Metropolitano qui laisse des traces profondes

2-0. Le score est net, la frustration barcelonaise l'est encore davantage. Sur le banc adverse, Diego Pablo Simeone a vu ses hommes maîtriser le match avec cette sobriété défensive qui est sa marque de fabrique depuis plus d'une décennie. Mais au Camp Nou — ou plutôt dans les travées du Metropolitano —, ce sont les décisions arbitrales qui ont concentré toute la colère blaugrana après le coup de sifflet final.

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Les dirigeants catalans pointent plusieurs actions litigieuses qui, selon eux, ont faussé le cours de la rencontre. Sans les détailler exhaustivement, les responsables du club estiment que l'utilisation de la VAR a été défaillante, voire orientée. Un sentiment d'injustice suffisamment fort pour que la plainte ne soit plus un simple coup de gueule de vestiaire, mais une option sérieusement étudiée par les juristes du club.

Ce type de réaction n'est pas sans précédent dans le football espagnol, où la guerre froide entre le Barça, le Real Madrid et les instances arbitrales a une histoire aussi longue que la Liga elle-même. Mais porter une plainte formelle, c'est une autre affaire. C'est transformer un débat de café du commerce en procédure. C'est écrire noir sur blanc que vous ne faites plus confiance au système.

Le Barça contre les arbitres, un feuilleton qui remonte à loin

Il faudrait remonter aux années 1950 pour trouver les racines de cette méfiance viscérale. Le franquisme, les décisions suspectes en faveur du Real Madrid, les théories du complot entretenues à coups de conférences de presse enflammées — tout cela a forgé une culture de la suspicion au FC Barcelone qui, périodiquement, ressurgit avec une force intacte. Johan Cruyff lui-même, peu suspect de paranoïa, avait pointé des biais arbitraux lors de son passage sur le banc catalan.

Plus récemment, la saison 2022-2023 avait déjà vu le club catalan monter au créneau après plusieurs décisions controversées en Liga. Le dossier dit du « Negreira gate » — du nom de l'ancien vice-président du Comité Technique des Arbitres que le Barça aurait rémunéré pendant des années — a d'ailleurs renversé la perspective : le club, accusé d'avoir cherché à influencer l'arbitrage, se retrouve aujourd'hui à jouer la victime. L'ironie est suffisamment épaisse pour mériter d'être soulignée.

Car c'est là que la démarche barcelonaise devient ambivalente. Porter plainte contre l'arbitrage alors que vous êtes vous-mêmes sous le coup d'une instruction judiciaire pour corruption présumée d'arbitres, c'est une posture pour le moins risquée sur le plan de la communication. À Madrid, les éditorialistes sportifs ont déjà sorti leurs stylos. À Barcelone, on assume : le passé ne doit pas empêcher de dénoncer le présent.

Cette défaite contre l'Atlético intervient dans un contexte sportif déjà tendu. Hansi Flick, arrivé sur le banc blaugrana avec l'intention de restaurer un jeu offensif flamboyant, voit son équipe trébucher dans les grands rendez-vous. La Liga s'annonce plus serrée que prévu, et chaque point perdu prend une valeur symbolique supplémentaire dans un vestiaire qui n'a pas encore totalement digéré les turbulences financières des dernières années.

Une plainte qui pourrait changer les équilibres politiques du football espagnol

Si le FC Barcelone va au bout de sa démarche, les conséquences pourraient dépasser largement le cadre d'un simple recours administratif. Saisir les instances — que ce soit la Fédération espagnole, le Comité Olympique ou une juridiction civile — revient à forcer un débat que tout le monde préfère généralement étouffer dans les couloirs feutrés de la RFEF.

Les précédents internationaux sont instructifs. En 2012, l'Olympique de Marseille avait tenté une démarche similaire après une élimination européenne contestée, sans résultat probant. Les instances footballistiques sont structurellement imperméables à ce type de pression juridique externe : l'article 64 des statuts de la FIFA interdit explicitement de recourir aux tribunaux civils pour des litiges sportifs, sous peine de suspension. Le Barça, avec ses juristes aguerris, le sait pertinemment.

L'objectif est donc peut-être ailleurs. Il s'agit d'abord d'une guerre d'opinion, d'une tentative de peser sur la désignation des arbitres pour les prochains matches, de créer une pression psychologique sur des hommes en noir qui savent désormais qu'ils seront scrutés à la loupe. C'est une stratégie ancienne, rodée, qui a ses partisans et ses détracteurs dans tous les grands clubs européens.

Simeone, lui, regardait tout cela de loin mercredi soir avec l'imperméabilité du guerrier habitué aux controverses. Son Atlético, solide, appliqué, redoutablement efficace sur ses deux actions de but, n'a pas volé sa victoire. Que le Barça crie à l'injustice ne changera pas les trois points inscrits au tableau de l'Estadio Metropolitano.

Reste une question qui flottera au-dessus de cette saison de Liga bien plus longtemps que la polémique elle-même : le FC Barcelone est-il en train de reconstruire un projet sportif durable sous Hansi Flick, ou est-il condamné à rejouer éternellement la même partition — brillant par séquences, instable dans les moments décisifs, prompt à chercher des boucs émissaires quand le scénario se retourne contre lui ? La plainte contre l'arbitrage ne répondra pas à cette question. Seuls les résultats le feront.

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