Régulièrement ciblé par les critiques, Illia Zabarnyi bénéficie pourtant d'un soutien affiché du PSG. Le club de la capitale prend la défense de son défenseur central ukrainien.
Illia Zabarnyi encaisse les coups depuis plusieurs semaines. L'Ukrainien, recruté pour muscler l'arrière-garde parisienne, est devenu l'une des cibles favorites des observateurs qui scrutent les prestations du Paris Saint-Germain. Trop hésitant dans les duels, pas assez tranchant dans la relance, décalé par rapport aux exigences du Parc des Princes — les reproches s'accumulent. Sauf que le club de la capitale ne l'entend pas de cette oreille. Et il le dit clairement.
Le PSG monte au créneau pour son défenseur controversé
Rares sont les fois où un club sort du silence pour défendre un joueur dont les performances font débat. Le PSG l'a fait pour Zabarnyi. En interne, la direction sportive parisienne considère que les critiques adressées au défenseur central de 22 ans sont excessives, voire injustes au regard de la réalité du terrain. Le discours officiel du club est sans ambiguïté : Zabarnyi travaille bien, progresse, et mérite la confiance qu'on lui accorde.
Ce positionnement tranche avec l'atmosphère qui entoure le joueur à l'extérieur. Car sur les réseaux sociaux comme dans les analyses tactiques, l'international ukrainien prend cher. Ses erreurs de placement sont scrutées à la loupe, ses relances mal négociées font l'objet de montages vidéo cinglants. Le PSG version post-Mbappé a besoin d'une défense solide pour compenser l'absence d'un attaquant capable de réparer les erreurs défensives à lui seul. Chaque faiblesse derrière est donc amplifiée, grossie, exagérée parfois.
Luis Enrique, lui, n'a jamais lâché son défenseur publiquement. L'entraîneur espagnol, connu pour sa loyauté envers ses joueurs quand il les sent investis dans son projet, a continué d'aligner Zabarnyi dans les moments importants. Un signal fort. Pas une garantie pour autant.
Un profil acheté cher sur une promesse de futur
Pour comprendre pourquoi le PSG défend Zabarnyi avec autant d'acharnement, il faut revenir aux origines du transfert. Le défenseur central est arrivé à Paris en provenance de Bournemouth, club de Premier League, où il avait affiché des statistiques solides malgré un contexte défensif difficile — les Cherries évoluaient dans une formation souvent exposée. Le PSG avait déboursé plus de 50 millions d'euros pour s'attacher ses services, un investissement lourd qui implique une lecture sur le long terme.
À 22 ans, Zabarnyi est l'un des défenseurs centraux les plus prometteurs de sa génération en Europe. Grand, athlétique, compétiteur, il possède les qualités physiques qui font saliver les recruteurs. Son profil correspond à la philosophie de construction du club parisien, qui entend bâtir une équipe jeune, améliorable, non pas racheter des gloires passées. Sur le papier, le raisonnement tient. Sur le rectangle vert, le joueur est encore en phase d'adaptation à un football plus exigeant tactiquement que ce qu'il a connu en Angleterre.
Car la Premier League et la Ligue 1 — avec les exigences européennes du PSG en Champions League — ne sollicitent pas les défenseurs de la même manière. À Paris, Zabarnyi doit lire le jeu différemment, anticiper des mouvements collectifs plus élaborés, participer à une construction depuis l'arrière que Luis Enrique rend obligatoire dans son système. C'est un apprentissage. Et les apprentissages font des accrocs.
Le contexte ukrainien complique aussi l'équation. Depuis l'invasion russe, Zabarnyi enchaîne les sélections dans une équipe nationale qui joue dans des conditions extraordinairement lourdes psychologiquement. Il a disputé plus de 30 matchs internationaux avec l'Ukraine, dans un calendrier chargé émotionnellement. Ce volume de matchs, ajouté à la pression mentale liée à la situation dans son pays, pèse sur des joueurs même les plus solides.
Ce que le soutien du PSG change vraiment pour la suite
Le soutien affiché du club n'est pas anodin. Il envoie un message à l'intérieur du vestiaire d'abord — ici, on ne lâche pas ses joueurs dès que l'opinion se retourne. Mais il joue aussi un rôle dans la reconstruction mentale de Zabarnyi lui-même. Un défenseur qui se sait protégé par son employeur joue différemment. Plus librement. Moins dans la crainte de la faute irréparable.
La question est désormais de savoir si cette confiance affichée se traduira en performances lors des rendez-vous qui comptent vraiment. Le PSG a des ambitions réelles en Ligue des Champions cette saison. Luis Enrique a bâti un système collectif cohérent, porté par des jeunes capables d'exploser à haut niveau. Dans cette mécanique, la charnière centrale est un rouage critique. Zabarnyi doit s'y imposer durablement — pas seulement survivre aux critiques, mais les faire taire par des matchs de référence.
Les prochaines semaines seront donc décisives pour l'Ukrainien. Le PSG lui offre un bouclier médiatique. C'est généreux. Mais sur le terrain, personne ne peut mettre la tête à sa place dans un duel aérien à la 87e minute d'un match de Ligue des Champions. Les clubs peuvent protéger leurs joueurs dans les conférences de presse. Pas dans la surface de réparation.
Zabarnyi a tout pour réussir à Paris — le talent brut, l'âge, le soutien institutionnel. Il lui reste à franchir le mur psychologique qui sépare le joueur prometteur du joueur fiable. Ce mur-là, il doit le traverser seul. Et vite. Car au PSG, la patience a ses limites, même quand elle s'exprime haut et fort dans les couloirs de la direction.