Après Konaté, le Real mise sur Calafiori pour étoffer son secteur défensif. L'international italien du Bologne attire les convoitises de Florentino Pérez.
Florentino Pérez ne lâche rien. À peine l'encre séchée sur le contrat d'Ibrahima Konaté, le Real Madrid récidive et braque ses projecteurs sur Riccardo Calafiori. L'arrière gauche du Bologne, 22 ans, s'est construit une solide réputation en Italie, et voilà que la Maison Blanche le classe désormais comme une cible prioritaire. Pas un coup de tête, pas une velléité passagère : une vraie stratégie de renforcement du secteur défensif madrilène.
Calafiori, le mur que Carlo le faisait craquer
Depuis ses débuts remarqués à Rome, où il a traversé l'apprentissage sans trembler malgré la pression de la Louve, Calafiori s'est affirmé comme un élément fiable du football transalpin. Son arrivée à Bologne en 2021 a marqué un tournant. Le latéral a enchaîné les prestations robustes, disputant plus de 80 rencontres sous les ordres de Sinisa Mihajlovic, puis s'adaptant sans friction au projet de Thiago Motta. C'est là qu'il a vraiment éclos. Rapide balle au pied, engagé dans les relances, doué d'une projection offensive que beaucoup sous-estiment chez les arrières gauches italiens.
Pourquoi le Real regarde-t-il vers l'Émilie-Romagne? D'abord parce que Madrid cherche du frais au flanc gauche. Mendy vieillit, le poste pose question. Mais surtout parce que Calafiori symbolise ce profil hybride que convoitent les grands clubs : un défenseur qui ne se contente plus de fermer les espaces mais qui participe à la construction de jeu. Son contrat jusqu'en 2029 constitue aussi une certaine garantie. Bologne ne vendra pas pour des cacahuètes, mais si le montant s'élève — on parle de 35 à 45 millions d'euros selon les échos transalpins —, la Viola aura du mal à refuser.
Après Konaté, la fringale merengue de défenseurs
Le recrutement de Konaté n'a pas apaisé l'appétit madrilène. Au contraire. Le milieu de saison dernier a révélé des fragililités en défense. Avec Militao qui s'est blessé à répétition et Alaba en quête de permanence, le Real a compris qu'il fallait densifier. Konaté arrive du Bayern Munich où il n'a jamais vraiment pu s'imposer comme titulaire incontournable. C'est un renfort sur fond de doute, une assurance plutôt qu'une révolution.
Calafiori, lui, c'est différent. L'enfant du vivier romain aurait-il les épaules pour débarquer au Bernabéu? Voilà la vraie question. L'Italie produit des latéraux de qualité, c'est établi. Mais passer de Bologne à Madrid, ce n'est pas une promotion ordinaire. C'est un saut dans le vide. À 22 ans, affronter la Ligue espagnole, puis le calibre européen des meilleures nuits de Champions League, cela demande une maturité rare. Calafiori la possède-t-il? Ses performances récentes sous les couleurs de la Squadra Azzurra en sélection (12 capes depuis 2021) suggèrent qu'on peut lui faire confiance.
L'Italie perd ses talents, Madrid en profite
C'est un constat qui grince les dents chez les observateurs transalpins : depuis deux décennies, les clubs madrilènes, milanais ou britanniques gravent systématiquement les meilleures pépites du calcio. Calafiori s'inscrirait dans cette lignée. Bologne a fait le boulot de détection et de formation, Madrid envisage de récolter. Ce n'est pas nouveau, mais le rythme s'accélère. L'Italie produit, l'Europe consomme. Et le Real Madrid, sous Pérez, s'est affirmé comme le consommateur le plus gourmand.
Reste à savoir si la piste Calafiori aboutira réellement ou si elle demeurera l'une de ces rumeurs estivales qui pimentent la période de mercato. Les Merengues flirtent avec plusieurs noms dans le secteur défensif — c'est leur méthode. Quant à Bologne, le club ne sacrifiera jamais son joueur pour moins que sa valeur marchande réelle. Les présidents italiens, même des petits, savent compter.
L'arrivée de Konaté laissait augurer une période calme au Real Madrid sur ce front. L'intérêt pour Calafiori prouve le contraire. Florentino Pérez construit, encore et toujours. Et cet été, l'arrière gauche du Bologne incarne précisément le type d'athlète jeune, formé et affamé que Madrid raffole. La machine merengue ne dort jamais.