L'ancien arbitre international Saïd Ennjimi monte au créneau et appelle les arbitres français à plus de rigueur et de discernement.
Le débat arbitral fait une nouvelle fois rage en France. Invité de l'émission Rothen s'enflamme sur RMC ce lundi, Saïd Ennjimi, ancien arbitre international respecté, n'a pas mâché ses mots. Face aux nombreuses controverses du week-end écoulé en Ligue 1, il a livré un réquisitoire sévère contre ses anciens collègues, pointant des erreurs criantes et une gestion émotionnelle défaillante.
Un week-end de Ligue 1 entaché par les erreurs d'arbitrage
Le bilan du dernier week-end de championnat est lourd. Décisions contestables, cartons distribués à la légère, situations mal lues : Ennjimi a passé en revue les couacs arbitraux qui ont émaillé plusieurs rencontres. Pour lui, ces erreurs ne relèvent pas du simple aléa du métier, mais d'un manque de préparation et de concentration flagrant.
« Un arbitre doit être au niveau de l'intensité du match. Ce week-end, ce n'était clairement pas le cas », a-t-il martelé sur l'antenne de RMC. L'ancien officiel insiste : la Ligue 1 mérite mieux. Le niveau d'exigence imposé aux joueurs et aux entraîneurs doit également s'appliquer à ceux qui font respecter les règles. Tolérer ces approximations répétées, c'est fragiliser la crédibilité du championnat tout entier.
L'ego, ennemi numéro un de l'arbitre moderne
Au-delà des erreurs techniques, Ennjimi a pointé un mal plus profond : la gestion des relations avec les joueurs. Selon lui, certains arbitres laissent leur ego prendre le dessus, ce qui génère des tensions inutiles et des décisions biaisées. « L'ego n'a pas sa place sur un terrain de football. Un arbitre doit s'effacer derrière le jeu, pas s'imposer face aux joueurs », a-t-il tranché.
Cette posture, il la connaît bien pour l'avoir vécue de l'intérieur. La communication avec les acteurs du jeu est une compétence à part entière. Savoir désamorcer un conflit, expliquer une décision sans provoquer, maintenir l'autorité sans l'arrogance : autant de qualités qui s'apprennent et se cultivent. Pour Ennjimi, le manque de cohérence dans les sanctions — souffler puis exploser — est particulièrement dommageable pour la fluidité des rencontres et la confiance des acteurs.
Une prise de conscience nécessaire pour l'arbitrage français
Les propos de Saïd Ennjimi résonnent comme un appel à la remise en question collective. La Direction Technique de l'Arbitrage est directement interpellée. Former des arbitres techniquement compétents ne suffit plus : il faut aussi travailler la gestion mentale, la communication et la régularité des critères d'une rencontre à l'autre.
Le message est clair. L'arbitrage français a les ressources pour progresser. Mais cela passe par davantage d'humilité, de rigueur et de cohérence. Des valeurs que Ennjimi a lui-même incarnées sur les plus grandes scènes européennes. Le football français attend des actes.