L'équitation, grande oubliée des médias sportifs français
Malgré un exploit historique de Thibault Fournier à Pau, L'Équipe n'a consacré qu'un minuscule encart à l'événement. Le débat sur la visibilité de l'équitation relancé.
Thibault Fournier n'avait que 24 ans lorsqu'il a décroché la victoire au CCI 4 étoiles de Pau, une performance exceptionnelle réalisée lors de sa toute première participation à ce niveau de compétition. Un exploit qui aurait mérité les honneurs de la presse sportive nationale. Pourtant, le lendemain matin, les lecteurs de L'Équipe ont dû se contenter d'un microscopique encart, livrant sans le moindre commentaire le classement brut de l'épreuve paloise.
Une communauté unie dans la frustration
La réaction au sein de la communauté du Concours Complet d'équitation ne s'est pas fait attendre. Sur les réseaux sociaux et dans les cercles équestres, la déception a rapidement laissé place à la colère, puis à un débat de fond qui revient régulièrement : pourquoi l'équitation, troisième sport français en nombre de licenciés, reste-t-elle aussi peu médiatisée ? Des centaines de milliers de pratiquants, des compétitions internationales de haut niveau organisées sur le sol français, et pourtant une visibilité médiatique quasi inexistante.
La presse sportive, bouc émissaire trop commode
Il serait néanmoins réducteur et injuste de pointer uniquement du doigt les rédactions sportives. La presse écrite traverse depuis plusieurs années une crise structurelle profonde, contrainte de hiérarchiser l'information selon des critères d'audience et de rentabilité. Le football, le rugby et le tennis captent l'essentiel des regards, en grande partie parce que ces sports génèrent des audiences télévisées massives, elles-mêmes alimentées par des investissements publicitaires colossaux. L'équitation, discipline confidentielle aux yeux du grand public télévisuel, ne bénéficie pas de cet écosystème médiatico-économique.
Un cercle vicieux difficile à briser
Le problème est systémique. Sans diffusion télévisée régulière et grand public, l'équitation ne génère pas les audiences nécessaires pour attirer les annonceurs. Sans annonceurs, pas de financement pour les droits de retransmission. Et sans retransmission, la discipline reste invisible pour le grand public potentiel. Les fédérations et les organisateurs d'événements tentent de développer leur présence sur le digital et les réseaux sociaux, mais peinent encore à toucher au-delà de leur communauté déjà convaincue.
Vers une prise de conscience collective
L'exploit de Thibault Fournier à Pau illustre parfaitement ce paradoxe français : des athlètes de très haut niveau, des performances remarquables, mais une reconnaissance publique qui ne suit pas. La solution viendra peut-être d'une stratégie de communication repensée par les instances équestres, capable de valoriser les performances individuelles et de créer des récits sportifs accessibles au plus grand nombre. En attendant, la frustration des cavaliers et de leurs supporters reste, elle, bien réelle.
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