Football

Les héritiers de Zidane : promesses envolées ou mythe impossible ?

Par Rédaction SBM·

Nasri, Gourcuff, Meriem, Martin... Chaque génération a eu son 'nouveau Zidane'. Mais pourquoi ces héritiers présumés n'ont-ils jamais tenu leurs promesses ?

« Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Cette citation de Lamartine résume à merveille la relation passionnelle entre le football français et Zinedine Zidane. Depuis le coup de sifflet final de la retraite du Ballon d'Or 1998, les observateurs du football hexagonal cherchent inlassablement un successeur digne de ce nom. Un quête vaine, teintée de nostalgie, qui a pourtant produit son lot de faux prophètes.

Le poids d'un mythe encombrant

Zidane ne fut pas seulement un joueur d'exception. Il fut l'architecte de deux sacres historiques : la Coupe du Monde 1998 sur le sol français et l'Euro 2000 en Belgique et aux Pays-Bas. Son sens du jeu, sa vision, sa technique hors normes ont laissé un vide béant dans l'entrejeu des Bleus. Un vide que les médias s'empressent de combler au moindre talent émergent, parfois avec une légèreté déconcertante.

Samir Nasri, le talent gâché

Samir Nasri incarnait peut-être mieux que quiconque l'espoir d'une succession. Formé à l'Olympique de Marseille, révélé aux yeux de l'Europe lors de ses quatre saisons à Arsenal, puis consacré à Manchester City où il remporta deux titres de champion d'Angleterre, le Marseillais possédait indéniablement les qualités techniques pour prétendre au rôle de meneur de jeu de l'équipe de France. Sa vision du jeu, sa qualité de passe et sa technique balle au pied rappelaient, par instants, la fluidité zidanesque. Pourtant, des choix discutables, une attitude controversée et des blessures récurrentes ont progressivement éloigné Nasri des sommets attendus.

Gourcuff, le poète incompris

Yoann Gourcuff fut sans doute la comparaison la plus audacieuse. Élégant, gaucher, capable de gestes techniques d'une rare beauté, l'ancien Bordelais a cristallisé tous les espoirs du football tricolore entre 2008 et 2010. Mais la fragilité physique et un manque de régularité cruels ont brisé net une trajectoire qui semblait pourtant royale. Sa carrière restera comme l'une des plus grandes désillusions du football français contemporain.

Pourquoi la comparaison est-elle piégée ?

Le problème fondamental réside dans la comparaison elle-même. Étiqueter un jeune joueur « nouveau Zidane » revient à lui imposer un fardeau psychologique considérable, souvent contre-productif. Les attentes démesurées génèrent une pression médiatique et populaire que peu d'individus sont capables d'assumer sereinement. De plus, le contexte footballistique a profondément évolué : le rôle de numéro 10 créatif, tel que Zidane l'incarnait, a progressivement disparu des systèmes de jeu modernes, davantage axés sur le pressing collectif et la polyvalence.

Une quête sans fin

La vérité est peut-être difficile à accepter : Zinedine Zidane fut un phénomène unique, irremplaçable par définition. Plutôt que de chercher un clone improbable, le football français gagnerait à valoriser ses talents pour ce qu'ils sont réellement, sans les écraser sous le poids d'un héritage impossible à porter.

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