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Football

De Laurentiis tire à boulets rouges sur la FIFA, l'UEFA et les agents

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Depuis Los Angeles, le patron de Naples a lâché une salve de critiques sans filtre contre les instances du football mondial et les représentants de joueurs.

De Laurentiis tire à boulets rouges sur la FIFA, l'UEFA et les agents

"Le football est gouverné par des gens qui ne comprennent pas le football." Aurelio De Laurentiis n'a jamais été du genre à se taire. Mais depuis Los Angeles, où il était venu présenter Ag4in, le documentaire consacré au quatrième Scudetto de Naples, le producteur de cinéma reconverti en président de club a franchi un nouveau palier dans la franchise. Dans une longue interview accordée à CBS, capturée sous les sunlights hollywoodiens, il a déclenché une véritable offensive contre la FIFA, l'UEFA et la caste des agents. Un discours rare, direct, qui mérite qu'on s'y attarde.

Qu'est-ce qui a vraiment mis De Laurentiis hors de lui contre les instances ?

Le président napolitain n'y est pas allé par quatre chemins. Selon ses déclarations rapportées par CBS, De Laurentiis estime que la FIFA et l'UEFA ont perdu le sens des réalités, absorbées par une logique de profit à court terme qui étouffe les clubs et les joueurs. Sa cible principale ? La multiplication des compétitions. La nouvelle Coupe du Monde des clubs à 32 équipes lancée par Gianni Infantino, qui se déroule cet été aux États-Unis, cristallise son exaspération. Pour lui, entasser les matchs dans un calendrier déjà saturé revient à traiter les footballeurs comme des marchandises interchangeables, sans se soucier ni de leur santé physique ni de la qualité du spectacle.

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L'argument n'est pas nouveau — d'autres présidents européens l'ont porté avant lui — mais la véhémence de De Laurentiis tranche. Il ne négocie pas, il condamne. Celui qui a construit le renouveau de Naples après la descente en Serie C2 en 2004, en rachetant le club pour une bouchée de pain avant de le ramener au sommet de l'Europe, parle avec l'autorité de quelqu'un qui a vu le football de l'intérieur, sans les faux-semblants des dirigeants institutionnels. À en croire son entourage, cette prise de parole n'est pas un coup de sang isolé mais le reflet d'une frustration accumulée depuis plusieurs années face à des instances qu'il juge sourdes aux revendications des clubs.

Pourquoi les agents sont-ils dans le viseur du patron de Naples ?

Après la FIFA et l'UEFA, De Laurentiis a réservé une charge tout aussi sévère aux agents de joueurs. Un monde qu'il connaît bien, lui qui a négocié des dossiers aussi complexes que le transfert de Victor Osimhen — vendu à Al-Qadsiah pour environ 75 millions d'euros l'été dernier après une valse interminable entre Naples, le PSG et plusieurs clubs de Premier League. Pour le président napolitain, les représentants de joueurs sont devenus des parasites du système, captant une part disproportionnée de la valeur créée par les clubs et les footballeurs eux-mêmes.

"Les agents gagnent de l'argent sur le dos des joueurs et des clubs", a-t-il lâché sans détour, selon nos informations. Un constat brutal mais documenté. En 2023, la FIFA avait tenté de plafonner les commissions des intermédiaires à 3% du salaire du joueur et 3% de la valeur du transfert — une réforme rapidement torpillée devant les tribunaux. Le marché des transferts de l'été 2023 avait généré à lui seul plus d'un milliard d'euros de commissions versées aux agents à l'échelle mondiale. De Laurentiis, qui se vante de gérer Naples comme une entreprise rentable, vit cette réalité comme une hémorragie financière permanente.

Son discours résonne d'autant plus fort que Naples reste l'un des rares grands clubs européens à afficher des comptes dans le vert. Mais même la rigueur comptable du patron ne protège pas des excès d'un marché où les intermédiaires fixent en partie les règles du jeu.

Ce documentaire sur le Scudetto est-il aussi un message politique ?

On ne présente pas Ag4in à Hollywood par hasard. De Laurentiis, avant d'être un homme de football, est un homme de cinéma — fondateur de la société Filmauro, responsable de centaines de productions italiennes. Choisir Los Angeles comme vitrine pour ce documentaire sur le quatrième titre de champion d'Italie de Naples, c'est inscrire le club dans une narration globale, celle d'un sport-spectacle qui mérite mieux que ses gouvernants actuels.

Le Scudetto 2022-2023 avait été historique. Naples avait terminé la saison avec 90 points, soit 16 de plus que la Lazio, dauphine. Luciano Spalletti avait orchestré une machine collective portée par Khvicha Kvaratskhelia et Victor Osimhen, deux joueurs recrutés pour moins de 100 millions combinés qui avaient affolé toute l'Europe. Un modèle de gestion que De Laurentiis n'a cessé de défendre face aux mastodontes du football continental qui roulent à crédit.

Ag4in est donc à la fois une célébration et un manifeste. En racontant comment un club sans les ressources du Real Madrid, de Manchester City ou du PSG peut dominer l'Italie et impressionner en Ligue des champions — Naples avait atteint les quarts de finale cette saison-là — De Laurentiis envoie un message aux instances : le football n'a pas besoin de toujours plus de matchs, de toujours plus d'argent artificiel. Il a besoin de cohérence, de vision, et de gens capables de penser à vingt ans, pas au prochain cycle télévisuel.

À en croire plusieurs sources proches du dossier, De Laurentiis ne compte pas en rester là. Des discussions seraient en cours au sein de l'ECA, l'Association des clubs européens, pour fédérer les voix dissidentes face aux projets d'expansion d'Infantino. Naples, quatrième Scudetto en poche, porte désormais une ambition qui dépasse le rectangle vert. Si les grandes ligues européennes entrent dans une période de tensions ouvertes avec la FIFA sur la question du calendrier et des droits commerciaux, la voix de De Laurentiis pourrait bien peser plus lourd qu'on ne le croit depuis Naples.

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